Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour septembre 2012

Deux concours de dessins de presse

vendredi 28 septembre 2012

Mutac, mutuelle de prévoyance obsèques, organise un concours national de dessins de presse sur le mois d’octobre 2012, dont le thème est « 40 ans de solidarité ». Le jury, composé entre autre de Plantu, sélectionnera les 3 meilleurs dessins :

– le 1er remportera 1 000 €. – le 2ème, un week-end Relais & Châteaux Lys d’Argent – le 3ème, une tablette graphique Wacom Intuos 5 M. Les prix seront remis le 15 novembre 2012 lors de l’inauguration du festival International Hérault Trait Libre à Montpellier.

Pour découvrir les 7 membres du jury composé de spécialistes, ou pour avoir plus de renseignements, rendez-vous sur le site dédié au concours : www.mutac-dessindepresse.fr Si vous souhaitez rester informé sur ce concours, vous pouvez également vous rendre sur Facebook (mutac-dessindepresse). Pour participer, cliquez ici ! »

 

L’École Estienne est partenaire du concours de dessin de presse « Pas de deux » initié par le CIDAL (Centre d’information et de documentation de l’ambassade d’Allemagne à Paris), à l’occasion du cinquantième anniversaire du Traité de l’Élysée, signé en 1963  par le général de Gaulle et le chancelier Adenauer. Si l’histoire des relations franco-allemandes a déjà été largement dessinée, l’avenir reste ouvert. C’est le sujet du concours « Pas de deux / Parlaauf », doté de quatre prix de 250 euros chacun.

L’agence “Escarmouche”, constituée de cinq étudiants de DSAA DSC, encadrés par leur professeur Luce Mondor, créatrice du Trophée Presse Citron, ont conçu et réalisé la communication de ce concours : identité graphique, diffusion, collecte, organisation du jury, scénographie de l’exposition. Il s’agit de Johanna Bilitza (chef de projet), Camille Mansour (éditrice), Marine Stephan (DA print), Maud Chalard (DA photo) et Simon Hayer (DA multimedia).

Le concours est ouvert à tous les dessinateurs non professionnels de 18 à 30 ans, résidant en France ou en Allemagne, du 18 septembre au 21 octobre 2012. Les dessins au format A4 doivent être envoyés par voie postale à : Ecole Estienne (Concours Pas de deux), 18 bd Auguste-Blanqui 75013 Paris, ou par courriel à : pasdedeux.paarlauf@gmail.fr ou en Allemagne pasdedeux.paarlauf@caricatura.de

Charlie et la confrérie 2

jeudi 27 septembre 2012

Décidément l’affaire des caricatures de Mahomet publiées par Charlie Hebdo aura fait couler beaucoup d’encre (…et d’huile sur le feu). Cette semaine c’est Le Canard enchaîné, qui dans un article publié en Une et signé Louis-Marie Horeau, s’en prend à son confrère satirique et notamment à un dessin de la dessinatrice Coco « Le Prophète à quatre pattes dans une position obscène, qu’est-ce qu’on rigole ! ». Le journaliste reproche aux dessins d’atteindre indistinctement tous les musulmans et précise « Certes il n’est pas interdit de brocarder tous les bigots. Mais il n’est pas interdit non plus, comme disait Mitterrand, d’être habile. » En conclusion le rédacteur-en-chef du journal écrit « Réfléchir avant d’imprimer n’est pas une atteinte à la liberté d’expression. Pas d’avantage à la liberté, sacrée elle aussi, de ne pas s’exprimer. »

L’intégralité du texte est à lire dans Le Canard Enchaîné daté du 26 septembre 2012.

A noter aussi que Libération signale l’initiative du quotidien égyptien El Watan (laïc) qui a publié des dessins tournant en dérision le regard occidental sur l’islam.

En illustration,  la Une du magazine satirique espagnol El Jueves (Mais… Quelqu’un sait à quoi ressemble Mahomet ?) et un dessin de Chappatte (Suisse), diffusé sur le site de Cartooning for Peace qui propose plusieurs dessins sur ce thème réalisés par ses adhérents à travers le monde.

Magasin des suicides, mode d’emploi

mercredi 26 septembre 2012

Pour se changer les idées, on peut toujours aller au cinéma voir « Le magasin des suicides » de Patrice Leconte (ex dessinateur), adaptation en dessin animé du livre de Jean Teulé (ex dessinateur).

Paris Match écrit à propos du film : « Patrice Leconte deviendrait-il le Tim Burton français ? En tout cas, en passant du cinéma classique à l’animation, le réalisateur réussit une belle reconversion en 3D. Non seulement ce « Magasin des suicides », adapté du roman de Jean Teulé, est une réussite sur le plan graphique, mais l’histoire, les personnages et les chansons vous emportent dans un univers où l’humour noir prend les couleurs du rire et de la poésie. Ce « Magasin des suicides » apporte une belle joie de vivre. », et Les Inrocks : « L’ennui c’est que, malgré des gags plutôt amusants et certains dialogues enlevés, le cinéaste a dénaturé l’œuvre originale, remplaçant la conclusion tragique par un final dégoulinant destiné à ratisser le plus large possible. Mauvais calcul que n’a pas fait Tim Burton pour L’Étrange Noël de monsieur Jack”, modèle lointain de cette œuvre (jusque dans sa musique et ses chansons). Bref, cet ersatz gothique manque de sincérité, de style et de charme. Mieux vaut attendre la version comédie musicale prévue sur scène en 2013. »

La bande annonce et autres joyeusetés sur le site Internet du film.

Le site Allocine.com donne aussi quelques informations sur les coulisses du tournage. En illustration, l’affiche du film.

Suppléments : Le site artistikrezo.com publie un entretien avec Patrice Leconte où l’on apprend que les deux dessinateurs du dessin animé sont Florian Thouret et Régis Vidal.  

Notre correspondant particulier à Grenoble, nous signale également la parution aux éditions Delcourt d’une adaptation en bande dessinée du livre de Jean Teulé, signée Domitille Collardey, Olivier Ka, et Max de Radiguès, qu’il en soit remercié.

La presse satirique pourrait se porter mieux

mardi 25 septembre 2012

Peu de titres, des ventes très faibles, en France, et en dehors du Canard enchaîné, la presse satirique peine à trouver son public. Petit tour d’horizon :

Charlie Hebdo pour répondre à ses détracteurs dans la polémique sur la publication des caricatures de Mahomet publie cette semaine un numéro double, avec une version « responsable » qui correspond à « ce que souhaitent voir les Boutin et autres Cohn-Bendit », et une version « irresponsable » qui serait, précise son directeur Charb, « un Charlie Hebdo normal ». Le tirage annoncé est de 100 000 exemplaires. A noter que le site Internet de l’hebdo va faire « peau neuve » et incite les lecteurs à s’abonner à la « version numérique ».

Cette rentrée est aussi marquée par le retour dans les kiosques de Siné Mensuel avec un grand article consacré à Michel Polac et toujours de pleines pages de dessins de Jiho, Mix & Remix, Chimulus, Carali, Faujour, Siné, entre autres. Au mois d’août, Siné écrivait dans sa mini zone : « ça y est c’est reparti ! On prépare le numéro de rentrée de Siné mensuel. On attaque la deuxième année. Non seulement on a réussi à ne pas mettre la clé sous la porte, mais la clé, on leur a bien enfoncée pendant 12 mois. »

Le mensuel Zélium, lui, s’adresse à ses lecteurs suite à la mévente de ses derniers numéros. Extrait de l’appel : « les finances de notre association éditrice, les éditions de Jack is on the road, vont très mal. Entièrement fait par une centaine de bénévoles (journalistes, chroniqueurs, dessinateurs) faute de moyens, la faucheuse à papier attend pourtant nos deux journaux au tournant. Nos deux derniers numéro (Z Minus n°1 et Zélium n°10) ont connu des méventes entraînant une perte sèche de 6 000 € pour la frêle trésorerie de notre association. Ce qui est énorme à notre échelle. C’est pourquoi nous avons publié un appel aux lecteurs sur le site du journal : http://www.zelium.info/appel-aux-lecteurs-putain-de-crise/ Vous y trouverez le PDF de la page 5 du Zélium n°11 en cours où nous avons expliqué notre précarité en toute transparence à nos lecteurs, ainsi que nos derniers chiffres de vente. »

Nouvelles mitigées aussi pour le mensuel Barricade, animé par Yves Frémion, dont la Une du dernier numéro (9) paru en juillet-août, était signée Samson, et qui cherche à constituer une nouvelle SARL de presse et préparerait une nouvelle formule.

Autre suspension de parution – en tout cas pour sa formule hebdomadaire – celle  d’Urtikan.net qui explique que le journal va continuer à publier son dessin du jour et des dossiers à thèmes mais que l’équipe cherche un mode de financement pour rendre le projet, en ligne depuis avril 2011, viable économiquement.

A noter que les amateurs de satire sur Internet peuvent lire chaque semaine Le Coq des Bruyères, avec de nombreux dessins de Babouze et des textes de Patrick Font, Anthony Casanova, Chraz, Jean-Patrick Douillon, Thierry Rocher, Manon.

Les (gros) succès de Jul

mardi 25 septembre 2012

Parcours professionnel sans faute pour le dessinateur Jul (Julien Berjeaut) à qui tout semble réussir. Il faut dire que s’il dessine pour Charlie Hebdo sur l’actualité, il a su très vite diversifier sa production en dessinant aussi pour Philosophie magazine , Lire, Le Point, et La grande librairie sur France 5. Mais c’est avec ses bandes dessinées qu’il a conquis un grand nombre de lecteurs, la première étant « Qui a tué José Bové ? » parue en 2005 chez Albin Michel (liste complète de ses albums sur sa fiche Wikipedia).

Aujourd’hui, c’est au tour de sa série satirique « Silex and the city », adaptée en dessins animés de ses trois albums éponymes, qui lui vaut tous les suffrages du public. Diffusée sur Arte depuis le 3 septembre, du lundi au vendredi à 20h 45, l’épisode du 6 septembre a réuni 737 000 spectateurs. Autre signe de réussite sa participation à la toute nouvelle émission de Bruce Toussaint Vous trouvez ça normal ?, sur France 2 tous les vendredis soir.

A lire, un entretien avec Jul dans le quotidien Métro à propos de la série.

A revoir et à savourer sur le site d’Arte les épisodes de Silex and the city.

Journalistes pressés

lundi 24 septembre 2012

Le traitement de l’affaire des caricatures de Charlie Hebdo démontre une fois de plus la dérive des médias et du journalisme ces dernières années.

A défaut de commenter les faits, rien que les faits, les journalistes se lancent dans une course effrénée et irraisonnée aux supputations, aux extrapolations, aux approximations en tout genres, avec pour seul but de capter l’attention du public, d’occuper l’antenne au détriment de la concurrence, et de vendre du papier.

Quelquefois (souvent) la réalité est tout autre, on passe alors à la phase rétropédalage, bien évidemment sans aucun mea culpa. Un démenti c’est toujours une info. C’est en général le moment où l’information se dégonfle et disparaît sournoisement dans les limbes de l’actualité.

« Indépendance !  » clament sur leur affiche  les prochaines Assises Internationales du Journalisme et de l’Information. Si quelques rares organes de presse ont les moyens d’assurer leur autonomie, il faut savoir que la plupart des journalistes sont des employés comme les autres, dont l’entreprise (et leur salaire), est financée par la publicité, les aides gouvernementales à la presse, et accessoirement par les lecteurs. En France, la fameuse liberté d’expression du journaliste se mesure surtout à la longueur de sa laisse.

En attendant, la profession s’autoalimente en commentant le sondage annuel de Télérama sur la crédibilité des journalistes dans l’opinion publique, et en s’interrogeant sur le thème « La presse en a-t-elle trop fait ? » ff

A lire sur le même thème l’article de Christophe Ayad « “L’Innocence des musulmans”, Charlie Hebdo et les ravages du journalisme préventif ».

En illustration, dessin de Mutio paru sur Urtikan.net.