Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour mai 2013

Margaux Motin dans Paris Match

jeudi 30 mai 2013

Comment trouver du boulot dans la presse ? La dessinatrice Margaux Motin, à qui Paris Match consacre un article pour la parution de son quatrième album « La tectonique des plaques » ( Delcourt – Collection Tapas BD), explique sa méthode (et bien d’autres choses) pour débuter dans le métier :

« J’ai eu un gros coup de cœur pour le magazine “Muteen”, qui m’a donné envie de me lancer. J’ai envoyé mes dessins avec des truffes maison dans un gros carton entouré d’un ruban rose.
J’y avais ajouté une lettre de menaces disant que, s’ils ne me répondaient pas, je camperais en bas de la rédaction et lancerais des boules puantes. Vingt minutes après on me rappelait ! »

Le site Internet de Margaux Motin.

Mariage pour tous mais pas à La Hune (Paris)

mercredi 29 mai 2013

La librairie La Hune à Paris, annule une séance de dédicace de l’album Mariage pour tous !, sixième tome des aventures de Maurice et Patapon (éditions Les échappés). Charb, son auteur explique sur le site de Charlie Hebdo :

[…] « Cécile Thomas, l’éditrice de la maison d’édition Les Échappés, a reçu un coup de fil du directeur de la librairie la semaine dernière : la séance de dédicace est annulée. Un mail est venu le confirmer. Ah. Problème technique ? Non, le directeur craint des incidents. Il ne prendra pas un tel risque. Bien sûr, si ça avait été sa librairie, il aurait foncé, mais il ne peut pas faire ce sale coup au groupe Flammarion, qui, jure-t-il, n’est au courant de rien et n’a rien demandé, vous comprenez… Non, on ne comprend pas. Que craint-il ? Une attaque des militants anti-mariage gay ! Quel rapport avec Maurice et Patapon ? Bah, le titre: Mariage pour tous ! Hein? Sérieusement? Ah, oui, ils cherchent toutes les cibles possibles, les anti-mariage gay, et la bédé de ce chien et de ce chat en est une potentielle… Rendez-vous compte ! Un chat qui épouse un chien! Aux abris! » […]

Conclusion du directeur de Charlie à qui on a demandé d’attendre un peu que la tension autour du mariage soit retombée : « Les librairies meurent, on comprend pourquoi… Oui, la Hune est une référence pour les intellectuels de Civitas et les artistes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. »

En illustration, la couverture et un strip extrait de l’album.

La bd en crise mais rapporte encore… aux éditeurs

mercredi 29 mai 2013

« La bande dessinée en crise, vend moins mais gagne plus, grâce à des prix de vente en hausse » titrait Le Monde (26-27 mai 2013) en consacrant un article à l’édition 2012 de Numérologie, « une copieuse étude annuelle sur le marché de la bande dessinée, publiée jeudi 23 mai par le collectif « du9 », un espace de réflexion critique sur la BD. » Extrait :

« Crise, ou pas crise ? Depuis quelques années, la question reste en suspens au sujet du marché de la bande dessinée qui réussit encore en 2012 cet étrange paradoxe de reculer tout en continuant sa progression. Cependant, l’augmentation du chiffre d’affaires due à une forte appréciation des prix moyens ne saurait occulter l’érosion des ventes en volume. Alors que l’on constate la désaffection progressive d’un lectorat qui, globalement, se montre relativement peu attaché à cette pratique culturelle, le portrait qui s’en dégage n’est pas particulièrement encourageant pour les années à venir. »

Ce constat  industriel occulte le fait que la création de bande dessinée a toujours été un métier artisanal et que ses problèmes viennent de son “évolution” en produit commercial vendu en palettes dans les hypermarchés. Heureusement, on ne peut pas élever des auteurs en batterie juste pour alimenter le chiffre d’affaire des éditeurs (même si parfois à Angoulême on peut se poser la question). Ces dernières années, ceux-ci ont privilégié la quantité à la qualité, publiant des albums vite faits, mal vendus, et vite oubliés, laissant sur le carreau des dizaines de dessinateurs. Sans compter que les lecteurs, (clients), ne sont pas dupes de ce qu’on leur propose. Certains éditeurs ont même délocalisé dans les pays de l’Est ou en Amérique du Sud pour faire baisser les coûts de « production ».

Il faut 10 à 15 ans pour qu’un auteur qui a quelque chose à dire arrive à maturité, et encore l’expérience n’implique pas forcément le talent. Il serait peut-être temps tant de revenir à un mode de création bio et durable qui respecte les auteurs et qui pérennise leur travail, et tant pis pour les quelques éditeurs qui ne voient plus leurs pieds tellement ils ont exploité le système.

Le rapport est à téléchargeable au format Pdf

Tout ceux qui veulent voir de la “vrai” bande dessinée peuvent se rendre à Paris à la galerie Oblique, c’est au fin fond du Village Saint-Paul, 17, rue Saint-Paul, 75004. Jusqu’au 8 juin on peut y voir (et acheter) des planches et des dessins originaux de Tardi. De quoi se réconcilier avec le dessin, le travail d’auteur, …et la bande dessinée.

Le site internet de la galerie Oblique

Créativité et cadre scolaire

lundi 27 mai 2013

Le Nouvel Observateur a exhumé (première mise en ligne en 2010 en anglais) une vidéo formidable pour illustrer un article d’Arnaud Gonzague « Et si l’école devenait un lieu de créativité ? »

Quel rapport avec le dessin ? Justement, le conférencier Sir Ken Robinson démontre comment et pourquoi le système d’enseignement occidental étouffe toute velléité de création, et notamment « la pensée divergente », « outil » de travail utilisé par la plupart des artistes et créateurs. Il considère que les Arts sont plus particulièrement touchés par le conditionnement scolaire.

Le discours est mis en scène à l’aide d’une animation dessinée très efficace.

La vidéo est également disponible sur Youtube (texte traduit en français).

A voir également une intervention de Sir Ken Robinson (en vrai) sur le site TED.com (2006).

Cannes 2013 : La vie d’Adèle de la BD au film

samedi 25 mai 2013

26 mai 2013 : le film a obtenu la Palme d’Or.

Si le Festival de Cannes a semble-t-il fait un bon accueil au film « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, « une histoire d’amour entre deux femmes dans ce qu’elle a de plus banal, de plus beau et de plus bestial » (Le Monde), trop peu de médias précisent que ce film est tiré du roman-graphique « Le bleu est une couleur chaude » de Julie Maroh publié en mars 2010 aux éditions Glénat. Et c’est bien dommage.

L’album avait obtenu en 2011 le Prix du public Fnac-SNCF 2011 au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

A écouter la chronique de Joy Raffin sur France Inter où l’auteure parle de son travail.

Les cœurs exacerbés le blog de Julie Maroh.

Batellier navigue toujours

vendredi 24 mai 2013

A tous ceux qui rêvent de faire carrière dans le merveilleux métier de dessinateur de presse, à lire ci-dessous un extrait de la nouvelle lettre mensuelle (Le Moral des méninges) que Jean-François Batellier vient d’adresser à ses 7 000 correspondants. Certes son itinéraire professionnel est un peu atypique, mais c’est aussi le parcours d’un dessinateur :

“Jean-François Batellier prend ( les sous de..) sa retraite de 48 ans de travail ( …dont 42 de pigiste de presse précaire ).

332,41€ par mois En incluant une quinzaine de petits boulots dès le lycée+Sciences-Pô pour payer Mobylettes et vacances (1965-70), puis de survie à mes débuts de gribouilleur à plein temps hors parents : chambre de bonne et premiers dessins rémunérés en 71, permis + 404 d’occase en 72 (donc expos-voyages hors Grand-Paris), dans Pilote en 73 remarqué par René Goscinny, au Canard Enchainé en 74 etc… voir Biographie -, en grattant ce que j’ai touché en salaires, y compris 3 mois de caserne (on m’a viré !), l’excellente agent de la CNAV ayant réussi à retrouver tout ce qui avait été déclaré par d’innombrables employeurs, faisant valoir mes droits à la Retraite dès « 65 ans »,  je toucherai cette somme mirobolante jusqu’à la fin
Je savais Travail d’artiste, précaire par nature, c’est un choix de vie. Dessins payés à l’unité publiée, même dans des périodes de dessinateur attitré régulier –jamais connu de contrat ne serait-ce que CDD – sous la forme de pige salariale qui culminait à 935 Francs au Monde en 1995, à 185 € dans Les Echos en 2005 quand le budget illustration de leur page « Enquêtes » fut supprimé. Presque rien en salaire depuis; ce qui ne veut pas dire d’autres piges demain, beaucoup de collègues en exercice dans la Presse ont bien plus de 65 ans. Suis preneur de tout emploi d’auteur-dessinateur rémunéré en salaires ou droits d’auteur, et propositions sérieuses.
Pas de retraite en vue : tant que j’aurai les yeux, la main et la tête, je créerai et dessinerai !”

Le site Internet de Jean-François Batellier pour se faire une idée objective du personnage.