Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Humeur’

Pause estivale

mercredi 15 juillet 2009

Dessin de ChavalEn attendant le premier anniversaire de Siné Hebdo, la nouvelle maquette de Charlie 2€ Hebdo, l’exposition Bosc à Berlin, celle sur le croquis d’audience à Beaubourg, les livres à paraître sur Chaval, sur Siné, les nouveaux livres de Piem, de Blachon, de Voutch, l’agenda 2010 de Hara-Kiri, ce blog fait une petite pause estivale.

À très bientôt.

ff

Illustration : dessin de Chaval paru dans Paris Match n°541 du 22 août 1959. La découverte de ce dessin (à l’époque), m’a fait comprendre que les meilleurs dessins humoristique étaient ceux qui laissaient aux lecteurs la possibilité de continuer l’histoire…

La bande dessinée au musée

samedi 20 juin 2009

BeuvilleLes dessinateur de presse et les caricaturistes peuvent toujours rêver d’un endroit comme le Musée international de la BD qui est inauguré ce 20 juin à Angoulême.

L’AFP le présente ainsi :

« Quelque 8.000 planches et dessins originaux de grands artistes français et étrangers, plus de 110.000 revues et illustrés principalement francophones, et également américains, anglais, italiens, espagnols, ainsi que des objets dérivés constituent un fonds patrimonial exceptionnel. […] Le nouvel espace, labellisé musée de France, se déploie sur 4.500 mètres carrés au lieu de 1.300 précédemment. Plus de 2.400 mètres carrés sont consacrés à l’accueil du public avec des salles d’expositions, permanente et temporaire, des locaux d’animation, un auditorium et une librairie riche de quelque 40.000 titres.

Les travaux d’aménagement dont le coût s’élève à 9,65 millions d’euros ont été financés par l’Europe, l’Etat, la région Poitou-Charentes et le syndicat mixte du Pôle image d’Angoulême (Magelis). Dans les salles permanentes, la scénographie sobre, aux éclairages étudiés pour la conservation des planches, concentre les regards vers les oeuvres rares et précieuses.

Un grand parcours, agrémenté de salons de lecture, retrace l’histoire de la bande dessinée francophone et américaine. Des origines au XIXe siècle, avec Rodolphe Töpffer, à nos jours. »…

En attendant le futur Centre du dessin de presse/salle polyvalente de St Just-le-Martel, il n’existe en France aucun lieu digne de ce nom pour célébrer cet art de la caricature (dans son sens large) bien plus ancien que la bande dessinée. On ne parle même plus du fameux rapport ministériel Wolinski-Duvernois qui aurait du aboutir (je plaisante) à la création d’un tel lieu. En attendant (bis) on devra se contenter d’exposition comme celles annoncées par la BNF sur Tim et Tetsu, ou par la BPI sur les croquis d’audience (c’est déjà pas mal). On  se contentera (bis) aussi avec la formule de Cabu (avant qu’il n’accepte d’exposer son œuvre à la mairie de Paris) qui refusait toute sollicitation sous le prétexte que ses expositions il les faisait dans les journaux. Quand il y en a encore, serais-je tenté de rajouter avec le mauvais esprit qui me caractérise.

f.f.

Illustration : dessin de l’illustrateur Pierre Beuville dont une partie de l’œuvre
dispersée en vente publique le 27 juin 2009
(voir blog du 12 juin) ne rejoindra hélas aucun musée.

Un métier, quel métier ?

vendredi 10 avril 2009

faujour-00191144

Comment faire pour revaloriser un métier, celui de dessinateur de presse, qui voit d’années en années son « statut » professionnel se dégrader ? Certes il existe encore quelques journaux qui payent les dessins correctement, voire même salarient des dessinateurs, mais que dire de la dégringolade des tarifs pratiqués y compris par des titres ayant pignon sur rue et des sites Internet qui publient des dessins à peu de frais quand ce n’est pas gratuitement.

Contrairement aux photographes qui depuis longtemps se sont organisés pour faire respecter leurs droits et leurs conditions de travail, les dessinateurs dans la presse n’ont jamais réussi à se regrouper. Les syndicats de journalistes eux-mêmes ont depuis longtemps déserté ce terrain. Seuls les auteurs de bande dessinée commencent à s’unir pour faire face aux conditions dictées par les éditeurs.

Résultat, une foire d’empoigne permanente, avec des journaux qui utilisent les dessinateurs les « moins chers », des auteurs qui ont un autre métier et qui cassent les prix, des boulots de plus en plus bâclés car commandés dans l’urgence.

Dessin de Tignous extrait du catalogue Iconovox

Il est évident que la presse pourrait se passer des dessinateurs comme le fait actuellement un grand quotidien du soir qui a laissé partir deux de ses plus talentueuses signatures sans sourciller, ou comme le fait un grand quotidien du matin qui laisse croupir son dessinateur dans un placard doré depuis deux ans. 

Et il ne faut pas croire que les dessinateurs bénéficiant d’un peu de notoriété sont mieux lotis. Beaucoup de gens pensent que cet art est un amusement, pourquoi alors manifester un peu de reconnaissance pour ce métier.

Hélas, cette situation est commune à beaucoup de professions à vocation artistique et la fameuse crise universelle risque peut-être de l’aggraver encore plus, mais que deviendrait un monde détestable que l’on n’aurait pas envie de changer. ff

Illustrations : Dessins de Faujour et Tignous
extraits du catalogue Iconovox

Daumier est mort

jeudi 4 décembre 2008

Daumier par-ci, Daumier par-là. Plusieurs initiatives organisées en 2008 à l’occasion de la célébration du 200ème anniversaire de la naissance d’Honoré Daumier ont donné lieu à un déferlement d’articles, d’émissions, d’exposition, d’ouvrages et de commentaires divers sur cette figure historique du dessin de presse.

daumierEt tous de s’extasier sur sa force créatrice, la qualité de son trait, son esprit polémique et de gloser sur le beau métier de dessinateur de presse. A l’époque.

À les lire et à les entendre, on pourrait croire que depuis plus de deux cents ans il n’y a rien eu de nouveau dans ce domaine. 

Pire, ceux qui s’enthousiasment sur l’œuvre de Daumier* sont les mêmes qui actuellement accordent une portion congrue aux dessinateurs dans les colonnes de leurs journaux ou sur les nouveaux supports éditoriaux.

Que serait Daumier aujourd’hui s’il devait soumettre plusieurs projets de dessins à son rédacteur en chef, ou au maquettiste de service, avant de le réaliser ?

Que serait Daumier aujourd’hui s’il devait se plier aux formats imposés aux dessinateurs en fonction de la mise en page ou des délais rapides résultant en général d’un trou inopiné dans la maquette ou d’une illustration photo finalement introuvable ?

Autant de contraintes qui brident aujourd’hui l’exercice de ce métier. Or celui-ci demande essentiellement une grande confiance envers le créateur et une liberté d’expression totale. On en est loin.

En janvier, le Nouvel Observateur écrivait «Du Sarkoland, il aurait fait un tableau brillant et accablant ». Mais voilà, Daumier est mort et ne risque plus de déranger grand monde.

En 2008, nombre de dessinateurs voudraient bien pouvoir pratiquer le métier comme le faisait Daumier. 

Ce sont eux qu’il faut célébrer. ff

En illustration : lithographie de d’Honoré Daumier (1848)

* Faut-il rappeler que les nombreux ouvrages consacrés au Daumier dessinateur, sculpteur, peintre sont plus souvent disponibles dans les bacs des soldeurs que chez les libraires.

Le très intéressant site Caricatures & Caricature signale également la parution d’un numéro spécial des Cahiers Daumier avec des contributions de Guy Canivet, Hélène Carrère d’Encausse, Noëlle Chatelet, Xavier Darcos Claude Évin , René Frydman Anne-Marie Idrac, Jean-Noël Jeanneney, Jean Lacouture, Marc Lambron , Noëlle Lenoir, etc.

article nouvel observateur

Les célébrations du bicentaire annoncées par Le Nouvel Observateur en janvier 2008