Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Humeur’

Tromperie sur la marchandise

mardi 22 mars 2016

L9886Une grosse merde éditoriale. Ce blog a rarement utilisé ce qualificatif professionnel mais c’est celui qui semble le plus approprié au « journal » Hara Kiri (n°2 – 20 pages, 3 euros) que l’on trouve actuellement dans les kiosques.

Non seulement le contenu est indigne du titre qu’il usurpe, mais la maquette de la Une joue délibérément la confusion graphique avec les titres Charlie Hebdo ou Siné mensuel pour mystifier les acheteurs. Cette publication est une véritable tromperie commerciale destinée à vendre du papier (voir blog du 14.1.2016). Une escroquerie anonyme puisque aucune mention légale, ni périodicité, ne figurent dans les pages et que les « articles » ne sont pas signés. Il est d’ailleurs étonnant que dans ces conditions, les MLP (Messageries Lyonnaises de Presse) se rendent complices de cette arnaque en le distribuant dans les kiosques.

Enfin dernier point, on s’étonne que les ayants droits de François Cavanna, fondateur avec Georges Bernier d’Hara Kiri, et propriétaire légal du titre comme le raconte Denis Robert dans le livre “Mohicans” (Fayard), n’aient toujours pas intenté une action en justice contre cette utilisation frauduleuse du titre*. Un vrai boulevard pour des avocats spécialistes du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. ff

* J’ai reçu un message selon lequel une action est en cours. A suivre.

Braderie de dessins en salle des ventes

mercredi 9 mars 2016

Jean BellusDes dessins de Cabu pour 150, 180, 200 euros, un dessin de Calvi à qui Cabu avait fait un procès pour plagiat, 320 euros. Trois petites aquarelles des Vieilles dames de Jacques Faizant à 520 euros, un dessin de Mick ( ?) 450 euros, une caricature de Johnny Hallyday en noir & blanc par Morchoisne, 450 euros, un dessin de Morez, 580 euros. 800 et 1000 euros pour deux dessins en couleurs de Vial, meilleurs scores de la vente, 3 dessins de Wiaz 500 euros chacun, aucun Vuillemin acheté, ce sont quelques-uns des résultats de la vente organisée le 5 mars 2016, par Me Cornette de St Cyr, assisté des deux « experts » Michel Roudillon et Xavier Guénant.

Les autres originaux, lorsqu’ils se sont vendus, ont été bradés entre 80 et 320 euros avec une moyenne autour de 100 euros, ce qui a permis aux amateurs de faire quelques affaires, même si beaucoup de dessins proposés semblaient provenir de fonds de tiroirs.

Les résultats complets de la vente en images : http://www.cornettedesaintcyr.fr/flash/index.jsp?id=26480&idCp=124&lng=fr&npp=10000

En illustration, un dessin de Jean Bellus utilisé en couverture du catalogue, vendu 350 euros.

Merci à Chimulus.

ça l’affiche mal

vendredi 26 février 2016

Le concours de l’affiche qui met le moins en valeur le dessin avec des typos envahissantes et une mise en page surchargée recommence. Les deux premiers candidats pour 2016 :

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Faut-il boycotter le festival BD d’Angoulême ?

mercredi 24 février 2016

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-1974-Hugo-PrattEn quelques décennies l’univers de la BD est passé du stade artisanal à un monde industriel porté par la médiatisation et le succès de quelques titres emblématiques. La principale vitrine de cette évolution a longtemps été le festival de la bande dessinée d’Angoulême, point de rencontre annuel entre les lecteurs et les professionnels du milieu, auteurs, éditeurs.

Créée en 1973 par une équipe d’amateurs passionnés réunis en association à but non lucratif, la manifestation a été ensuite reprise en main par une société de droit privé 9ème Art+ dirigée par Franck Bondoux. Longtemps, pouvoirs publics, éditeurs, auteurs, et public, ont trouvé leur compte dans cette formule clés en mains et ne se posaient pas de questions.

Mais voilà, l’usure (43 éditions) et la volonté de 9ème Art+ de vouloir s’accaparer sournoisement toutes les commandes a commencé à être problématique. En 2015, le festival a été « sauvé » par un hommage circonstancié à Charlie Hebdo, mais en 2016, plusieurs faux-pas importants ont entaché l’organisation de l’événement – « oubli » des auteures dans la sélection du grand prix, fausse remise des prix.

Des dérapages qui ont même fait les titres de la presse internationale et aujourd’hui suscitent une bronca de nombreux éditeurs menaçant dans un communiqué de ne plus participer à ce rassemblement.

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-2014-Willem Les jours de la société commerciale 9ème Art+ à la tête de l’organisation semblent comptés, cependant cette éviction nécessaire ne résoudra aucun des problèmes en suspens et il faudra avoir beaucoup d’imagination pour sauver le festival (sans oublier toutes les activités parallèles que le festival a fédéré à Angoulême, Musée, production de dessins animés, etc.).

Si l’art de la bande dessinée a gagné la reconnaissance du public et des médias, il n’en reste pas moins un univers fragile avec une surabondance de parution d’albums, et surtout la paupérisation des auteurs soulignée par les récents Etats généraux de la BD.

Retrouver une dimension humaine, basée sur la création et les auteurs plus que sur le tiroir-caisse, est le principal défi qu’auront à affronter les prochains organisateurs. ff

La première affiche du « salon » de la BD d’Angoulême (dessin d’Hugo Pratt) et l’affiche de 2014 signée Willem.

Quand Charlie réécrit l’histoire

samedi 16 janvier 2016

Nouveau site Internet pour Charlie Hebdo, réalisé avec semble-t-il les moyens qui manquaient aux éditions précédentes. Cependant dans l’histoire du journal on peut lire :

HistoireCharlie

Etant à l’origine de ce projet je peux certifier que Philippe Val n’en a jamais été le rédacteur en chef à ses débuts, et que, en aucune façon, il n’a été à l’initiative de ce titre.

C’est Cabu et son biographe Jean-Paul Tiberi qui ont soufflé mon nom à l’éditeur Jean-Cyrille Godefroy sachant que j’étais porteur d’un projet de journal satirique depuis plusieurs années et que nombre de dessinateurs, qui seront présents dès les premiers numéros, me soutenaient.

Non seulement j’ai préparé durant plusieurs mois la sortie du journal, mais j’en ai aussi assuré pleinement la rédaction en chef et le secrétariat de rédaction pendant les trois premiers mois. J’ai démissionné à ce moment là, ne voulant pas entrer en conflit avec Cabu qui souhaitait imposer Philippe Val comme rédacteur en chef “pour les textes”. L’hebdomadaire La Grosse Bertha vendait alors entre 18 000 et 20 000 exemplaires.

En raison de l’opposition d’une grande partie de la rédaction, Philippe Val n’a pu accéder au poste de rédacteur en chef que dans les derniers mois d’existence du titre. En désaccord avec l’éditeur il a alors démissionné brutalement pour refonder Charlie Hebdo, emportant avec lui une partie de l’équipe.

Je n’ai pas pour habitude d’utiliser ce blog pour évoquer mes activités professionnelles, ni même personnelles, mais après la parution du livre révisionniste C’était Charlie, dans lequel Philippe Val réécrit l’histoire à l’aune de sa prétention, je ne pouvais pas laisser raconter n’importe quoi à propos de La Grosse Bertha et de sa courte histoire sur le site d’un journal dont une partie de l’équipe semble, hélas, toujours inféodé à son ancien directeur mythomane.

J’espère vivement que le site de Charlie sera modifié en ce sens. f.f.

Pour compléter cette mise au point (définitive) je vous recommande la lecture de Mohicans de Denis Robert (Julliard) et la lettre ouverte collective envoyée à l’éditeur de Philippe Val rectifiant les allégations et mensonges contenus dans C’était Charlie (Grasset).

En illustration, 3 pages du n°1, avec des dessins de Willem (qui redessinera le logo du titre), Siné, Cabu, Willem.

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L’humour à mort, un film sur Charlie Hebdo

vendredi 11 décembre 2015

l-humour-a-mortDès les jours qui ont suivi l’attentat du 7 janvier à Charlie Hebdo, Daniel Leconte a flairé le bon sujet et a mis en route, avec son fils, un film sur le massacre.

Tout le monde n’ayant pas voulu témoigner, il a donc recueilli la parole de quelques-uns et bricolé le reste avec des images d’actualités et des images d’archives qui ressuscitent les disparus.

Des images il en avait puisqu’il est également l’auteur « C’est dur d’être aimés par des cons ! », film sur le procès des caricatures de Mahomet, mais échec commercial en salle malgré une montée des marches du festival du cinéma de Cannes de toute l’équipe (ou presque) de Charlie Hebdo en 2008. Il faut quand même noter que le film a connu une seconde carrière puisqu’il est opportunément réapparu après le 7 janvier à diverses occasions.

« L’humour à mort » le nouveau film de Daniel et Emmanuel Leconte sort donc le 16 décembre à quelques jours du premier anniversaire de l’attentat contre Charlie Hebdo. Un hasard sans doute. On ne sait pas également si une partie des bénéfices sera reversée aux familles des victimes comme on disait il n’y a pas si longtemps.

Pour la petite histoire, Daniel Leconte avait fait le forcing pour que son film soit présenté lors du dernier festival de Cannes en lieu et place de celui de Denis Robert sur Cavanna. Finalement aucun des deux n’a été projeté.

La bande-annonce sur Youtube.

Le dessin de l’affiche en illustration est signé Coco.