Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Récompense’

Le dessin de presse à Estienne et à la BNF

jeudi 12 mars 2015

Presse-Citron-2015L’école d’Arts graphiques Estienne, à Paris, organise pendant ce mois de mars plusieurs événements autour du dessin de presse :

– Du 16 au 27 mars, exposition « Charlie for ever » réunissant les dessins du fanzine et du Tumblr, réalisés le 9 janvier par les élèves en hommage aux dessinateurs de Charlie Hebdo assassinés. Galerie de l’école (Bât. C).

– Du 23 au 27 mars, exposition « Cabu & l’école », les meil­leurs souvenirs d’école de Cabu, ancien élève d’Estienne, sélection­nés par Bernard Fournier.

– Le 24 mars, à 15h 30, projection du film documentaire « Cabu, politiquement incorrect ! » écrit par Bernard Fournier et réalisé par Jérôme Lambert & Philippe Picard en 2006, et plantation d’un arbre en hommage à Cabu, en présence d’Anne Hidalgo, maire de Paris.

Ce même jour le nom de « Charlie » sera donné à un amphi de l’école qui vient d’être entièrement rénové.

– Le 26 mars, à 18h 30, à l’école Estienne, et à 20h à la Mairie du 13ème arrondissement, « Soirée de remise des Trophées Presse Citron 2015 ». Invitation exigée à l’entrée.

A noter que dans le cadre de la Semaine de la Presse et des Médias, l’école Estienne a invité les dessinateurs Camille Besse, Soulcié, Boll, Mutio, Yan Lindingre, Vial, Pakman, Mric, Baudry, et Gorce, pour animer des ateliers de travail avec les élèves.

Du côté de la BNF (partenaire du Trophée Presse Citron avec une dotation de 800 euros au Trophée étudiant ) :

– Le 25 mars 2015,  sera inaugurée une exposition hommage aux cinq dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, disparus tragiquement lors de l’attaque de Charlie Hebdo le 7 janvier 2015. On pourra découvrir dans l’allée Julien Cain du site François-Mitterrand, du 26 mars au 12 avril, un choix de leurs dessins ainsi que ceux de dessinateurs français et étrangers, professionnels et amateurs, qui se sont exprimés sur ce massacre.

– Le 26 mars, de 10h00 à 17h30, journée d’étude intitulée « Quand la peur se dessine avec humour » avec la participation de chercheurs émérites et des dessinateurs Cardon, Dobritz, Soulas, Camille Besse et Giemsi. Organisée en partenariat avec l’Eiris (Equipe Interdisciplinaire de Recherche sur l’Image Satirique). Petit auditorium, entrée libre sur réservation obligatoire au 01 53 79 49 49 ou visites@bnf.fr. En raison des conditions de sécurité, il est prudent de se munir d’une pièce d’identité pour accéder au lieu.

Le 22ème Trophée Presse Citron Estienne-BNF

mardi 10 février 2015

safe_image.phpTignous, deux fois, en 2009 (?) et 2010, Honoré en 2013, Coco (en 2014), sans oublier Catherine Meurisse (2000), Camille Besse (2011), tous dessinateurs à Charlie Hebdo, se sont vus décerner le Trophée Presse Citron. Une récompense attribuée par les élèves de l’école d’arts graphiques Estienne depuis 1993, date de la création de ce prix par Luce Mondor.
Un hommage tout particulier sera rendu cette année à l’hebdomadaire satirique avec l’inauguration d’un nouvel amphi qui portera son nom, et la plantation d’un arbre en souvenir de Cabu, ancien élève de l’école, assassiné le 7 janvier 2015 avec Charb, Tignous, Honoré, et Wolinski dans les locaux du journal.

Extraits du dossier de presse :

Le Trophée a pour objectif de promouvoir le dessin de presse en organisant un double concours ouvert aux étudiants des cent vingt écoles d’art de France ainsi qu’à tous les professionnels du dessin de presse.
Le 22e Trophée Presse Citron est organisé en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France et la Mairie du 13e arrondissement de Paris.
Le Trophée Presse Citron est ancré dans la Semaine de la presse et des médias, coordonnée par le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information) qui a pour vocation d’aider les élèves et les étudiants à appréhender et à comprendre le fonctionnement des médias, à former leur jugement critique EstienneCharlieet à développer leur intérêt pour l’actualité. Le Trophée Presse Citron, créé et organisé par l’École Estienne, se fixe les mêmes objectifs.
Ce concours national élit les meilleurs dessins d’actualité des professionnels ayant publié dans l’année, et des étudiants des 120 écoles d’art et de design de France. Une dotation de 800€ sera remise par la BnF à chacun des deux lauréats étudiants.

La date limite d’envoi des dessins est fixée au 16 mars 2015. Plus d’informations et règlement sur le site du Trophée Presse Citron.

En illustration, un des dessins réalisés par les élèves de l’école Estienne le 9 janvier 2015.

Florent Chavouet Prix du Polar à Angoulême

lundi 2 février 2015

Le dessinateur écrivait ceci sur son blog avant qu’il ne reçoive cette année à Angoulême le Prix du Polar pour cet album :

bouquin-junko-web« Il est temps de vous parler enfin de mon nouveau livre. Il s’appelle donc “Petites Coupures à Shioguni”, mesure 16x22cm, pèse 160 pages et ce ne sont pas les seules choses qui diffèrent de mes précédents livres.
Je ne me suis pas résolu à ne plus dessiner le Japon, ni même à laisser mes crayons de côté, mais dans les deux cas j’ai changé ma façon de faire, en glissant vers la fiction d’abord et en trempant dans l’aquarelle ensuite.
C’est une histoire inventée de toute pièce ( dont il est question justement ) ( des pièces ) qui est née de mes envies de raconter certaines anecdotes, de dessiner des paysages de nuit et aussi de mêler l’idée du carnet et celle du récit, de l’enquête morcelée et de l’histoire linéaire. C’est pourquoi j’ai essayé de jouer sur différents niveaux de narrations qui vous demanderont certainement quelques relectures qui, je l’espère, vous resteront agréables et enrichissantes. Vous trouverez donc autant d’embrouilles dans le récit que dans votre tête. C’est une histoire de points de vue. […]

Florent Chavouet est également l’auteur d’autres remarquables albums comme «Tokyo Sanpo » (2009), «Manabé Shima» (2010 – déjà dans la sélection officielle du Festival d’Angoulême 2011). Tous les albums de Florent Chavouet sont publiés aux éditions Philippe Picquier.

Son blog : http://florentchavouet.blogspot.fr/

J-C Menu et l’esprit Charlie à Angoulême

vendredi 30 janvier 2015

1-3-LAUREAT2015-CH2Extraits de la prise de parole de Jean-Christophe Menu (L’Apocalypse) lors de la remise du Grand prix spécial à Charlie Hebdo à Angoulême (source La Charente libre) :

“Etre Charlie, c’est d’en avoir rien à branler. C’est ça la meilleure réponse”

“L’esprit Charlie, ce n’est pas de transformer en héros nationaux des satiristes qui chiaient sur le pouvoir, de faire sonner Notre Dame pour des anticléricaux“… “c’est de dire que le maire d’Angoulême est un con quand il pose des grillages sur des bancs. Voilà, je transmets”.

“Tout se mélange avec tous ces hommages un peu foireux. On a juste envie de dire fuck”. (Venir chercher ce prix ?) “C’est Luz qui me l’a demandé. Il m’a dit : ‘sois toi et tu seras nous. Démerde toi’. J’en ai pas dormi pendant trois jours”.

“L’humour et la démocratie, c’est kif kif. Le progrès, c’est 250 ans depuis la Révolution. La régression, elle, prend 15 secondes avec une kalachnikov. L’humour est la meilleure réponse, car une société qui ne rit plus, qui vit dans la terreur, n’a plus de sens”.

“Vive Charlie Hebdo, vive Le Canard enchaîné, vive Siné mensuel, vive toute la presse satirique, et l’autre, l’autre, quand elle se sera sorti les doigts du cul et qu’elle commencera à contribuer à sauver la planète, alors ce jour-là, l’autre, on lui dira peut-être aussi Vive la France et qu’elle est Charlie.”

Une autre perception de l’intervention par France Inter qui titre sur son site Internet : “Angoulême : l’hommage à Charlie, l’insulte au maire…”. A écouter sur ce même site l’intervention intégrale de Jean-Christophe Menu (4,17′)

Angoulême rend hommage à Charlie Hebdo

mardi 20 janvier 2015

affiche_angouleme_jesuischarlieLes organisateurs du prochain festival de la BD d’Angoulême sortent de leur chapeau promotionnel la création d’un prix intitulé “Le prix Charlie de la liberté d’expression” qui sera remis pour sa première édition aux dessinateurs Cabu, Charb, Honoré, Tignous et Wolinski, exécutés par des terroristes le 7 janvier dans les locaux de Charlie.

Il n’est pas dit que cette récupération fédératrice efface les problèmes internes entre les organisateurs du festival qui trouvent dans cet hommage éploré au dessin de presse un échappatoire à leurs conflits éthiques et commerciaux.

Il n’est pas dit non plus que cette initiative « solidaire », ainsi que celle des éditeurs avec la publication de l’album hommage collectif « La BD est Charlie », occulte les Etats généraux de la BD et la grève des signatures contre la paupérisation du métier, qui se dérouleront pendant le festival.

Enfin, Charb, Cabu, Honoré, Tignous, Wolinski, ne seront plus là pour expliquer que, même s’ils en faisaient parfois, leur métier n’était celui de dessinateur de bandes dessinées comme le grand public, et hélas les professionnels, le catégorise trop souvent dans un raccourci simplificateur. On se souvient du tollé provoqué en 2013 par le grand prix remis à Willem, dessinateur pas tout à fait estampillé 100% BD.

Il paraît que des Unes de Charlie Hebdo seront affichées dans toute la ville, une bonne idée qui aurait pu être complétée par l’affichage de Unes de Siné mensuel, Zélium, Fakir, Le Ravi, etc. …

Et tant qu’ils y sont ils pourraient rendre un hommage à Gébé avant qu’on ne l’oublie encore.

Ce sera –  sûrement – pour les prochaines éditions du festival de la bande dessinée. f.f.

En illustration, affiche dessinée par Lewis Trondheim.

Wiaz et les pets de l’au-delà

mercredi 7 janvier 2015

WiazfantomepeteWiaz dessinateur au Nouvel Observateur (devenu récemment L’Obs) depuis 1972, diversifie sa production dans le livre jeunesse. Le Journal du Dimanche lui a consacré au mois de décembre 2014 un article. Extrait :

« Wiaz est prince, descendant d’une des plus grandes familles de Russie. Il a été aussi le petit-fils adoré de François Mauriac, le beau-frère de Jean-Luc Godard et le mari de Régine Deforges. Mais surtout, il est dessinateur de presse et auteur du personnage du “Fantôme qui pète”, idéal pour endormir les petits et réveiller les grands. Rencontre.

indexJ’ai toujours voulu faire des livres pour enfants. Avec mon oncle Claude Mauriac, nous ­avions même commencé un album, ­Peluche, en 1970. Quinze ans plus tard, j’ai illustré un texte d’André Hardellet, L’Oncle Jules, que Régine [Deforges] lui avait commandé. Mais ça ne s’est pas vendu. Cette histoire de fantôme péteur m’est venue à la campagne. Nous nous trouvions au lit avec Régine quand un prout s’est fait entendre. “Tu exagères”, lui ai-je dit. “Mais ce n’est pas moi”, s’est-elle exclamée. “Alors ce doit être un fantôme!” “OuindexWiazi”, m’a-t-elle répondu. Et elle s’est endormie. Moi, je suis resté avec cette histoire de fantôme. Régine m’a d’ailleurs inspiré pour mes personnages. De la même manière qu’on s’est tous retrouvés dans La Bicyclette bleue quand elle l’a écrit. Mme Potiron, c’est elle. » […]

A noter que Wiaz a reçu en 2014 pour ses aventures du « fantôme qui pète » le Prix Humour Tendre décerné par le Salon International de la caricature et du dessin de presse et d’humour de St Just-le-Martel.

Albums parus dans la série : « Le fantôme qui pète », « Le Fantôme et les petits prouts », et « Rototo a disparu ». Editions de la Différence.