Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Le prix Tignous 2017 du dessin de presse politique

12 avril 2017 à 12 h 57

Prix TignousLes dessinateurs de presse professionnels souhaitant participer au Prix Tignous du dessin de presse politique francophone, ont jusqu’au 30 avril 2017 pour envoyer leurs dessins. Le formulaire de participation est disponible sur le site de la mairie de Montreuil.

Présentation du prix par les organisateurs :

Ce Prix Tignous est une réponse collective et militante à la nécessité de donner du sens aux nombreux discours prononcés à la suite des attentats. Une réponse que la Ville de Montreuil puise de façon évidente dans l’art et la culture, ancrés profondément dans son ADN. Aux côtés du Prix Tignous, la Bourse Tignous va permettre à la Ville de Montreuil de soutenir chaque année le travail d’un jeune artiste sur la base des valeurs que Tignous défendait ardemment.

Le Prix Tignous du dessin de presse politique francophone est ouvert à tous les dessinateurs professionnels de plus de 18 ans ayant publié dans la presse francophone au cours de l’année 2016. Pour concourir, les artistes doivent envoyer leur dessin entre le 1er février et le 30 avril 2017. Une statuette, représentant un des personnages dessiné par Tignous, reproduit sous la forme d’un trophée, sera remise au lauréat.

Les prix seront décernés lors d’un événement qui se tiendra au Printemps 2017, à l’issue des délibérations du jury. Le jury du Prix Tignous est composé de : Chloé Verlhac, présidente, JY, Faujour, Gros, Aurel, Catherine,  Besse, dessinateurs et dessinatrices. Alexie Lorca, adjointe au Maire de Montreuil en charge de la Culture. André Ciccodicola. Un ou une jeune Montreuillois(e) désigné(e) chaque année par la Ville. Une personnalité montreuilloise désignée chaque année par la Ville.”

Le dessin de presse s’expose aussi à Lyon

7 avril 2017 à 9 h 43

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Les textes de Charb censurés par la peur

6 avril 2017 à 8 h 08

Charlie Hebdo (dont le numéro actuel restera en kiosque 3 semaines) consacre deux pleines pages à la peur et à la censure qui accompagnent le spectacle de la compagnie du Théâtre K « Lettre aux escrocs de l’islamophobie qui font le jeu des racistes », adapté des textes du dernier livre de Charb “Lettre aux escrocs de l’islamophobie” (Les Echappés).

Sur Facebook, Charlie enchaîné signale de son côté l’article de La Voix du Nord consacré à cette affaire (et dont est tiré l’illustration).

Sur le même sujet, à lire l’article de Caroline Constant dans L’Humanité et l’interview du metteur en scène Gérald Dumont sur le site Caricatures & Caricature.

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Willem encore et toujours

3 avril 2017 à 8 h 31

Le 6ème tome de la collection Les Iconovores dédiée au dessin de presse publiée par les éditions Critères sera consacré à Willem. Ci-dessous en avant-première la couverture avec une photo d’Arnaud Baumann, mais il faudra attendre le 22 avril pour trouver l’abum en librairie. Textes de Virginia Ennor.

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Un prix pour la dessinatrice Louison

1 avril 2017 à 8 h 19

Louison-avec-Hollande-le-27-juillet-2015_exact1024x768_pLa dessinatrice Louison, souvent citée sur ce blog, vient de se voir attribuer à New York le premier World Cartooning Artistically Price (WCAP) décerné par un jury mondial de rédacteurs en chef et de directeurs artistiques (dont Jean Blaise ex D.A. de Libération et Bernard Fournier ex D.A. de L’Equipe magazine).

Ce nouveau prix international récompense non seulement la qualité graphique des dessins mais aussi la pertinence des idées. Parmi la dernière sélection des dessinateurs figuraient Gerald Scarfe pour l’Angleterre, Antonio Gutteriez pour le Mexique, et Martial Leiter pour la Suisse.

Cette distinction couronne la carrière fulgurante de Louison (Louise Angelergues) née en 1985. Formé au dessin de presse par Tignous, elle a collaboré à de nombreux journaux, Charlie Hebdo, Marianne, Elle, Le Parisien magazine, Voici, Grazzia, et Les Matins de France Culture. Actuellement elle officie sur LCI, et on a même pu voir récemment ses dessins dans le 20 heures de TF1.

Après le tragique 7 janvier 2015 elle est intervenue dans de nombreux médias pour parler de son métier, et après les attentats du 13 novembre à Paris elle s’est illustrée en allant coller ses dessins sur les lieux des drames (photo).

Louison a également dessiné pour le site Gouvernement.fr et, en reportage, a suivi pendant plusieurs jours Emmanuel Macron alors ministre de l’économie (photo).  Récemment elle a chroniqué la vie à l’Elysée pour le magazine people Grazzia. Le prix sera remis à la lauréate début avril, le 1er pour être précis. Félicitations.

Louison est présente sur Facebook, et sur le blog du Monde “La vie publique des animaux“.

A lire aussi dans Le Figaro “Louison : “Je ne suis pas une dessinatrice bisounours“.

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Quel dessin de presse ?

31 mars 2017 à 9 h 10

france-cartoons-mag1couveLogo France-CartoonsAprès diverses péripéties la FECO-France a quitté FECO-International (FEderation of Cartoonists Organisation) pour devenir France Cartoons, une nouvelle association présidé par Pierre Ballouhey et dont l’objet est « de créer un réseau de communication entre ses adhérents et les autres dessinateurs de presse et caricaturistes existant dans le monde, afin de promouvoir et d’encourager, sous le dénominateur commun du dessin d’humour, la bonne volonté et l’amitié entre les hommes. »

L’association a publié en janvier le n°1 de son web-mag France Cartoons, consultable en ligne gratuitement. Couverture en illustration, dessin de Adene. Le n°2, mars-avril ne devrait pas tarder.

Humeur (qui ne va pas plaire)

Seul problème de ce type d’association, comme d’ailleurs celui de quelques sites et festivals, c’est celui de mélanger allègrement les professionnels qui gagnent leur vie avec ce métier (de plus en plus mal) et la cohorte de dessinateurs « de presse » autoproclamés (surtout depuis le 7 janvier 2015) ne publiant nulle part mais qu’on voit beaucoup sur les réseaux sociaux, et qui, lorsqu’ils sont sollicités, acceptent des tarifs de parution défiant toute concurrence.

Que nombre de passionnés de dessin s’expriment est une bonne chose, et qui sait même si l’un ou l’une d’entre eux ne succèdera pas un jour à Willem, Cardon, voire Plantu ? Mais peut-être faudrait-il qu’ils aient un minimum d’exigence sur leur travail, recherche des idées, originalité du trait, et surtout une obstination sans faille à vouloir exercer pleinement cette profession au-delà d’un sympathique amateurisme.

Tout comme le spectacle qui a engendré une grande série de clones d’humoristes, ou d’imitateurs qui imitent les imitateurs précédents, le dessin dit de presse a vu ses derniers temps se propager une flopée de « dessinateurs » pour qui un surtitre explicatif, une bulle laborieuse, et un ou deux personnages vite griffonnés, font office de dessin.

Sont-ils les seuls « fautifs » ? Si effectivement certains savent mieux se vendre que dessiner, on doit cette situation en grande partie à l’inculture des médias hélas incapables de faire la différence entre un dessin de, au hasard, Cabu, Tignous, ou Charb, et un « dessin » de XXXXX, de XXXXX ou de XXXXX.

Aujourd’hui dans ce domaine tout se vaut, et le dessin fast-food supplante peu à peu la cuisine artisanale en nous proposant trop souvent une tambouille qui forcément à terme dévalorise le genre.

La création et l’imagination sont les composantes essentielles de l’art, et encore plus pour celui si particulier de la satire. Il ne faudrait pas que la médiocrité appliquée à ce qui reste un moyen d’expression intelligent finisse par écœurer ceux qui tentent encore d’en préserver la qualité, mais surtout en éloigne les lecteurs. ff

Les éventuelles réactions en réponse à ce texte seront publiées sur ce blog.

A la suite de l’article publié ci-dessus,  j’ai reçu ce mot de l’excellent dessinateur Rousso qui s’exprime ici à titre personnel m’a t-il précisé (dessins indépendants du contenu du texte) :

Robert_Rousso« Qu’on puisse plaire ou déplaire, ce qui compte c’est que l’analyse soit juste …et c’est précisément le cas. Faut faire comme au Rugby, faut remonter à l’origine de la faute.

J’ai découvert la FECO, en Avril 97, grâce à Serdu, Belge, excellent, et cher ami. J’avais été séduit par le fait qu’ elle permettait le contact avec des dessinateurs “étrangers”, qui de ce fait cessaient immédiatement de l’être. Lorsque j’ai déposé en 2002 les statuts de l’ex-FECO-France ( devenue France-Cartoons ), je ne me suis pas autoproclamé Comité de Sélection, me plaçant ainsi au-dessus des autres pour juger de leurs capacités, ( j’avais déjà élu à l’ unanimité Laville comme Président ! ). C’ est pourtant ce que j’aurais dû faire… auprès des 14 nouveaux adhérents, courant ainsi le risque d’ en réduire encore plus l’effectif…

On est bien obligé de reconnaître que l’amateurisme fréquente volontiers le “low cost” ( ne pas confondre avec “l’Holocauste”, tombeur de la FECO ). Mais il peut y avoir aussi de vrais pros, pas bien loin d’ici, auxquels il arrive de pratiquer le travail gratuit. Attention, ceci n’est surtout pas une critique, juste un constat. Cela dit, quand c’est un “tocard” qui publie “gratos”, le responsable c’est pas lui, c’est bien le Comité de Rédaction qui l’impose aux lecteurs ( comme tu l’ as souligné ).

Quand Michel Polac, dans son “Droit de Réponse”, demandait à ses dessinateurs “faîtes-moi des graffitis de chiottes”, les Messieurs auxquels il s’adressait savaient faire aussi autre chose ( je pense à certains que j’ aime aujourd’hui dans Charlie …et parfois ailleurs ). Le problème c’est qu’il y en a maintenant qui se bornent aux graffitis, parce qu’ils ne savent rien faire d’autre.

Cette exigence de manque d’exigence, le contexte politique et social, les événements, ont propulsé dans les media, avec plus ou moins de bonheur, un certain nombre de nouveaux “professionnels”, et pour certains, heureusement, d’une manière éphémère. Dire cela ne saurait faire injure aux vrais pros qui en font partie. Si il faut avoir assez d’imagination pour rentrer dans le dessin de Presse, il faut avoir aussi assez de talent pour y rester.

Aujourd’hui France-Cartoons compte 110 adhérents au nombre desquels : 3 Algériens, 2 Américains ( et pas des moindres ! ), 3 Belges, 1 Brésilien, 2 Canadiens ( encore pas des moindres ! ), 1 Corse, 1ne Franco-Espagnole, 6 Italiens ( anche al più alto livello ! ), 1 Roumain, 1 Suisse, 1 Syrien, 1ne Tunisienne, 1 Turc, 1 Urugayien et Yves Frémion.

Nous avons d’ excellents rapports avec les dessinateurs Italiens ( www.buduàr.it ), avec les dessinateurs Anglais du PCO ( on cause pas du Brexit ), on essaye de défendre les intérêts de la profession quand on le peut, on sert d’ adresse pour ceux qui n’ en ont pas…les vrais pros de France-Cartoons n’ont pas trop à souffrir du voisinage d’étiquettes moins brillantes, …elles existent, on les accepte et on leur offre même une carte qui donne une petite légitimité à leurs modestes prestations. Comme tu le dis Forca, il y en a parmi eux qui risquent d’être les Cabu, les Honoré, les Charb, les Tignous et même peut-être les Wolinski de demain.

Et pour conclure, je définirais France-Cartoons plutôt parce qu’elle n’ est pas : ni un organisme philantropique …et pas davantage un syndicat ( surtout de presse ! ). Voilà. » Rousso.

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