Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Vœux

30 décembre 2012 à 8 h 57

Siné va-t-il demander à réintégrer Charlie Hebdo ?

25 décembre 2012 à 18 h 15

Charlie Hebdo publie à la Une de son n°2071 le jugement de la cour d’appel de Paris qui condamne l’hebdomadaire à verser à Siné 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années (voir blog du 17.12.2012).

Le jugement est illustré par un dessin de Charb, son directeur (ci-contre). Dans un encadré publié à l’intérieur du journal, Charb commente « cette lamentable histoire » et annonce que le journal n’ira pas en Cassation. Extrait :

 […] « Soldons le passé une bonne fois. Solder, ce n’est peut-être pas le bon terme, vu le prix qu’affiche l’étiquette… Sur l’échelle des catastrophes, disons que cette condamnation nous coûte moins cher qu’un incendie criminel, mais plus cher que tous les procès que l’extrême droite nous a intentés depuis vingt ans. On s’en relèvera comme on s’en est toujours relevé de tous les coups durs. » […]

S’il faut sans doute mettre l’amalgame comptable avec l’extrême droite sur le compte de l’amertume, il ne faut pas oublier qu’au départ de l’affaire c’est Philippe Val, alors directeur de la publication, qui a dénié à Siné les droits les plus élémentaires en le licenciant brutalement sous un prétexte fallacieux qui lui aussi a été rejeté par les tribunaux.

Fort de ces jugements, d’après le code du travail, Siné serait désormais en droit de demander sa réintégration dans l’équipe de l’hebdomadaire.

Traits féminins

20 décembre 2012 à 10 h 25

Suffit-il aujourd’hui d’être une femme pour émerger dans le monde de la BD ? Bien sûr que non, mais il semblerait que nombre d’entre elles (Mady, Diglee, Mimi Stinguette, Audrey K, Cyrielle, Zelba, Nathalie Jomard, Myriam Rak,… tellement nombreuses qu’on qualifie ce phénomène de « Bd girly ») s’engouffrent (avec l’aide des éditeurs qui cherchent à exploiter le filon) dans ce milieu trop longtemps masculin,  grâce à la brèche ouverte par le succès de Pénélope Bagieu, sa copine Margaux Motin, ou Soledad Bravi.

C’est l’excellent site Actua.bd qui nous apprend que Pénélope Bagieu – 30 ans – a vendu plus de 300 000 exemplaires de ses albums, qu’elle a changé d’éditeur – passant de Jean-Claude Gawsewitch aux éditions Delcourt qui a réédité tous ses titres, qu’un film inspiré des aventures de son personnage Joséphine (incarné par Marilou Berry !?) est cours de finition, et que les droits de son album La page blanche, scénarisé par Boulet (Delcourt-Mirages),  ont été  acquis par Gaumont. On pourrait aussi rajouter que l’intégrale des Joséphine est aussi disponible au Livre de Poche.

Bref tout va bien, ou presque, si on lit sur le forum d’Actua.bd les commentaires que cette réussite suscite.

Soledad Bravi, qui a désormais sa page dans Elle, a publié en avril 2012 Restons calmes ! (Casterman) et plus récemment New-York et moi (Marabout).

Margaux Motin dont un coffret réunissant deux de ses albums est paru en octobre 2012 propose elle un Agenda 2013 au éditions Fluide Glacial-Audie.

Quelques dessins dans la presse

19 décembre 2012 à 7 h 32

Petit regain d’intérêt dans les médias pour le dessin de presse ? Le Monde et Cartooning for Peace se sont associés pour publier, dans le numéro du vendredi (daté du samedi), une page de dessins venant du monde entier et réunis autour d’un thème. On pourrait chipoter en disant que le vendredi est le jour où le journal se vend le moins, mais on ne le fera pas.

La Matinale de Canal+ diffuse à l’antenne des dessins laborieux d’Ulys.

Enfin Le Point lui aussi ouvre ses pages au dessin. Le nouveau cahier réservé aux éditoriaux et aux points de vue est illustré de dessins d’humour sans forcément de lien avec l’actualité. Dessins de Boll (en illustration) et de Jean, heureuse découverte de l’hebdomadaire, qui s’affirme de plus en plus.

A noter aussi que Olivier Ménégol qui depuis 2010 « croque les sujets d’actu avec humour et légèreté » pour Le Figaro.fr en tant qu’invité, vient de les réunir dans « Les moments chauds de l’année 2011-2012 – saison 2 ». Un créateur éclectique puisque sur son site Internet on apprend qu’il est aussi photographe, designer, et graphiste. Un lien renvoie même sur l’entreprise Ménégol – second œuvre et architecte conseil -, fondée en 1933. On peut également voir ses dessins sur le site Le dessindelasemaine.fr

Sinon à part ça Jacques Faizant disparu en 2006 n’a toujours pas été remplacé à la Une du Figaro, France Soir ne publie plus de dessins de Babouse vu que le journal a cessé de paraître, Iturria – à la retraite après plus de 12 000 dessins publiés au jour la jour – ne publie plus qu’un dessin par semaine dans Sud Ouest dimanche, Wolinski dessine toujours pour le Journal du dimanche et Paris Match, et Daumier, lui, est vraiment mort depuis longtemps.

Etienne Delessert à Estienne

18 décembre 2012 à 6 h 59

Extrait de la biographie d’Etienne Delessert publiée sur le site Ricochet-jeunes.org. :

 […] « Etienne Delessert a certainement été l’un des illustrateurs qui a le plus profondément renouvelé l’esthétique graphique de l’édition pour enfants. D’abord dans la presse, en France, vers 1970, avec le journal “Record”, trop beau pour durer longtemps, mais qui a transformé le regard des concepteurs et des conseillers artistiques. La palette si personnelle d’Etienne Delessert et ses inventions d’un symbolisme jubilatoire, que ce soit dans Sans fin la fête ou dans les Contes de Ionesco, sont constamment un point de référence dans l’histoire contemporaine de l’illustration mondiale. »

Etienne Delessert est né le 4 janvier 1941 à Lausanne et il vit désormais aux Etats-Unis, dans le Connecticut. Si ces dernières années on a pu voir ses dessins – entre autres – dans Le New-York Times, en France c’est dans Siné Hebdo puis dans Siné Mensuel, qu’ils ont été publiés. C’est aussi à travers des expositions comme celle que lui a consacré en 2010 le Musée de l’illustration jeunesse à Moulins que l’on découvre ou redécouvre son œuvre de graphiste.

En 2013, c’est l’Ecole Estienne à Paris qui présentera du 10 janvier au 15 février une grande rétrospective de son travail qui sera accompagnée d’un livre de 100 pages (Gallimard-Giboulées), écrit et mis en page par les étudiants sous la houlette du commissaire de l’exposition Camille Scalabre.

Depuis 2011 une nouvelle génération d’enfant a aussi accès aux aventures de son personnage Yok Yok créé en 1976 pour la télévision suisse et dont Gallimard Jeunesse-Giboulées réédite les albums, 9 à ce jour le dixième est annoncé.

Un portrait du dessinateur « L’homme champignon » en 2011 dans Libération.

Le site Internet d’Etienne Delessert en anglais.

Siné de retour à la Une de Charlie Hebdo

17 décembre 2012 à 13 h 13

Très, très mauvaise nouvelle pour Charlie Hebdo à la lecture du communiqué diffusé par Siné mensuel :

Nouvelle victoire pour Siné.
Charlie Hebdo condamné une nouvelle fois par la justice à verser des dommages et intérêts au dessinateur Siné pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années. L’hebdomadaire dirigé par Charb devra également publier sur la couverture, un communiqué judiciaire sur un bandeau de 15 centimètres de haut sur toute la largeur sous peine d’astreinte de 2000 € par semaine.

La cour d’appel de Paris par un arrêt du 14 décembre 2012 confirme ainsi le jugement de tribunal de grande instance de Paris du 30 novembre 2010. La cour condamne le journal à verser 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice au lieu des 40 000 € et des 5000 € attribuées lors du premier jugement.
Charlie Hebdo avait fait appel de la première décision condamnant le journal, pour avoir brutalement mis à la porte Siné. Le journal comptait, ne verser aucune indemnité à son collaborateur.

Petit rappel des faits, le 2 juillet 2008, Charlie Hebdo publiait la chronique hebdomadaire de Siné ou celui-ci fustigeait l’arrivisme de Jean Sarkozy. Le 8 juillet, Claude Askolovitch sur RTL affirmait que celle-ci était antisémite ! Le 16 juillet le dessinateur apprenait dans Charlie Hebdo, sous la plume de Philippe Val qu’il était renvoyé. Pour mémoire, la justice lyonnaise a donné raison au dessinateur jugeant que la chronique incriminée n’avait rien d’antisémite.

L’hebdomadaire n’en finit pas de payer les errements de son ancien directeur Philippe Val, encore “soutenu” aujourd’hui contre tout entendement par des membres de la rédaction. Charlie Hebdo comme nombre de journaux perd des lecteurs et pourra difficilement assumer le montant de cette condamnation. A moins que l’ex-directeur qui s’est grassement enrichi pendant des années sur le dos du journal et de l’équipe ne mette la main à la poche pour régler ses dettes.

En illustration la Une du dernier Charlie Hebdo.