Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Berroyer’

La satire à Dax

vendredi 14 janvier 2011

Créé à l’initiative du dessinateur Marc Large et avec l’appui fervent de la municipalité, la première édition du festival « Satiridax » se déroulera du 2  au 5 juin 2011 à Dax.

Au programme des expositions, des spectacles et des projections de film.

Parmi les invités, des dessinateurs, Barros, Berroyer, Berth, Biz, Carali, Chimulus, Decressac, Faujour, Flavien, Gab, Giemsi, Large, Lasserpe, Lindingre, Maël, Pakman, Sergio, Siné, Vuillemin, des vedettes de la télé et du spectacle, Christophe Alévêque, Édouard Baer, Berroyer, Antoine de Caunes, Benoît Delépine, Stéphane Guillon, Gustav Kervern, Didier Porte, Christophe Salengro, les Wampas, Didier Super, Zazon, et pas mal d’anciens de Siné Hebdo, Bouyxou, Gérard Filoche, Denis Robert, Noël Godin, Étienne Liebig.

Le site de la manifestation.

Hara-Kiri l’éternel retour

jeudi 25 novembre 2010

« En 2010, un journal pourrait-il être aussi “bête et méchant” que le Hara-Kiri de la grande époque ? », c’est la question que pose le site Internet Fluctat.net «art, culture, société, poil à gratter »,  à l’occasion de la parution du « Le Pire de Hara-Kiri, 1960-1985 » (éditions Hoëbeke).

Réponses intéressantes de Cavanna, Delfeil de Ton, Berroyer, Siné, Charb, et Martin.

Video de France 3 sur l’album où le Pr Choron et Berroyer parlent d’Hara-Kiri.

Rire du pire pour résister

vendredi 22 octobre 2010

Les éditions Hoëbeke et le Théâtre du Rond-point à Paris organisent le lundi 25 octobre 2010 une table ronde  autour du thème « Peut-on rire du pire ? », à l’occasion de la parution du livre « Le pire de Hara Kiri » dont les auteurs sont Cavanna, Delfeil de Ton, Wolinski, Berroyer et Jean-Marie Gourio.

Le débat se déroulera à 19h, salle Tardieu, au Théâtre du Rond-Point, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris.

Une signature est prévue après la table-ronde.

À noter que Jean-Michel Ribes, patron des lieux, vient de publier le deuxième tome de « (Le) rire de résistance » sous-titré « De Plaute à Reiser ». Les dessinateurs Wolinski, Plantu, Topor, Pierre Étaix, Reiser, sont représentés sur la couverture – entre autres humoristes qui ne dessinent pas forcément. Topor figurait seul en couverture du premier tome sous-titré « De Diogène à Charlie Hebdo ».

Ces livres sont une co-édition Théâtre du Rond-Point – Beaux Arts éditions.

Note de lecture : Charlie Hebdo, l’original

jeudi 12 février 2009

Bête, méchant et hebdomadaire. un livre de Stéphane MazurierCréer et faire vivre un journal est une aventure formidable. Créer et faire vivre un journal comme Charlie Hebdo est une aventure « extraordinaire » comme le dit Sylvie Caster. Pour s’en convaincre il suffit de lire l’imposant – 512 pages – Bête, méchant et hebdomadaire de Stéphane Mazurier (Buchet Chastel) qui retrace les grands et les petits moments de Charlie Hebdo, titre satirique légendaire, anticonformiste, aujourd’hui usurpé par un propriétaire qui s’affiche comme « éditorialiste » sur les plateaux télé entre Alain Duhamel et Catherine Nay.

Un livre très documenté et très complet sur la vie de ce journal de 1969 à 1982, mais aussi sur son époque qui joua un rôle non négligeable dans son succès (et son déclin) : « Expérience unique dans l’histoire récente de la presse française, Charlie Hebdo se révèle finalement la meilleure expression journalistique de l’esprit de mai 68 ». Bénéficiant des témoignages de nombre des collaborateurs, l’auteur évoque les multiples péripéties des titres, le mensuel Hara-Kiri, L’hebdo Hara-Kiri Charlie Hebdo, l’éphémère Charlie matin, La semaine de Charlie, et la cohabitation – souvent conflictuelle (p. 150) – entre des personnalités aussi fortes que celles de Gébé, Reiser, Delfeil de Ton, Fournier, Wolinski, Siné, Willem, Cabu, Nicoulaud, Berroyer, Carali, Arthur, Sylvie Caster. Le tour de force a été d’additionner tous ses talents chaque semaine, mais avec une règle : « même si les collaborateurs du journal s’apprécient profondément, ils se fréquentent très peu en dehors du journal. Certes Reiser dîne quelquefois chez Wolinski, mais la règle est de ne se voir que pour le travail ». 

Ce livre ne dévoile hélas aucun secret permettant de renouveler cette aventure, mais donne quelques clés qui permettraient à une équipe de se lancer dans un tel projet. Cavanna : « C’est très simple, la formule c’était : tu as une page, tu t’en démerdes, tu mets ce que tu veux dedans, pourvu que ce soit génial »

Autre intérêt de l’ouvrage, c’est qu’il confirme, s’il en était besoin, que sans le duo passionnel Cavanna-Bernier cette aventure fulgurante n’aurait jamais pu exister : « Cavanna est, sans aucun doute, le « concepteur en chef » du journal. C’est lui qui a su imaginer une formule originale et viable, mais aussi la maquette, autrement dit la marque de fabrique, le « visage rédactionnel » de Charlie Hebdo. Le deuxième personnage clé dans l’élaboration du journal est , bien sûr, son directeur, Georges Bernier. Si Cavanna est le concepteur du journal, Bernier en est l’administrateur ; un administrateur volontiers fantasque et téméraire, qui s’acharne à faire vivre Charlie Hebdo. Bernier a, en quelque sorte, mis en place sa propre méthode, fondée sur l’optimisme et la ténacité. »

Un Bernier incontournable, au point même qu’il semble aujourd’hui étonnant qu’un dessinateur comme Cabu, qui a vécu et profité (p. 110) de toutes ces années tumultueuses, retrouve subitement la mémoire pour accabler et dénoncer le Pr. Choron comme il l’a fait dans un récent de Charlie Hebdo (14.1.2009). Il est vrai que le Charlie Hebdo de l’époque est très éloigné de celui qu’il fait aujourd’hui et dont il est curieusement l’actionnaire principal avec Philippe Val. Rien à voir donc, avec le titre d’origine où le rédacteur en chef était « toute la bande ». On en est loin en effet et on se demande même pourquoi dans ce livre Philippe Val donne son avis sur la première version de Charlie Hebdo alors qu’il n’y a jamais participé et qu’il ne reconnaît aucun talent à Choron.

Au final, ce livre pourrait apparaître comme une sorte de pierre tombale, une fresque gravée dans le marbre, qui célèbre le souvenir, la nostalgie d’une époque révolue où l’on osait tout et où tout était possible. Mais c’est une fausse impression, puisqu’encore récemment avec l’arrivée dans les kiosques de Siné Hebdo, journal conçu en quelques semaines, il semble que l’esprit de provocation reste vivace. Il suffit juste de le cultiver. Bête, méchant et hebdomadaire de Stéphane Mazurier peut donner cette envie. ff

Bonus à savourer également, le cahier spécial des photos d’époque d’Arnaud Baumann qui signe aussi la photo de couverture.