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Comment Charlie va (peut-être) sauver Angoulême

jeudi 29 janvier 2015

9782344009345_1_75Dessin de presse, bande dessinée, dessin animé, pour le grand public, aidé en cela par des médias peu scrupuleux, c’est souvent le même métier.

Festival de la bande dessinée d’Angoulême ou Charlie Hebdo, cette année ce sera la même chose. Ce blog l’a déjà écrit reprenant les informations du site ActuaBD, l’édition 2015 se présentait assez mal ; grève des dédicaces, dénonciation publique des conditions de travail des auteurs, mode de désignation du Grand Prix, absence de Bill Watterson qui aurait du présider cette 42ème édition, etc., etc.

Et puis la tuerie de Charlie a mis tout cela, pour l’instant, au second plan.

Le FIDB et 9ème Art, la société commerciale qui co-organise la manifestation, se sont empressés d’introduire dans le programme un hommage à Charlie Hebdo.

Là-dessus, les éditeurs de BD, réunis au sein du Syndicat National de l’Edition, ont eu l’idée de boucler en quelques jours « La BD est Charlie », un livre collectif de dessins réunissant plus de 173 auteurs parmi lesquels, Pétillon, Zep, Larcenet, Trondheim, Blutch, Crumb. L’album imprimé à 100 000 exemplaires sera présenté en avant-première pendant le festival et disponible en librairie le 5 février au prix unique de 10 euros, bien évidemment « l’intégralité des bénéfices sera reversée aux familles des victimes. »
psiko2015A noter que les noms de Cavanna, Choron, Gébé, fondateurs de l’hebdomadaire, rarement cités depuis le 7 janvier, figurent dans l’ouvrage.

Special-CharUn livre collector, mais aussi des revues de BD collector. Après Spirou, Casemate « L’esprit BD » propose un hors-série spécial « 277 dessinateurs sont Charlie », avec 32 pages de dessins hélas pas toujours très inspirés de « dessinateurs se sentant un peu Charlie », et « un peu Cabu, Charb, Honoré, Tignous, Wolinski,… » etc..
Autre magazine, le Psikopat de Carali, qui lui mêle depuis longtemps dessins sur l’actualité et bandes dessinées, et dont le numéro de février est dédié au victimes de Charlie Hebdo avec un dessin de couverture signé Coco (en illustration).

« La Bd solidaire » titre Le Monde dans son édition du 28 janvier 2015, oubliant que le milieu de la BD et celui du dessin de presse n’ont jamais fait bon ménage. Qui se souvient des articles de Charlie Hebdo dénonçant les dérives mercantiles du festival, il est vrai sponsorisé à l’époque par les hypermarchés Leclerc ? Aujourd’hui, c’est Cultura, la Caisse d’Epargne, la SNCF, Sodastream, GDF Suez, qui participent à la glorification de Charlie Hebdo. Il n’est pas sûr que Cabu, Charb, Tignous, Honoré, et même Wolinski, Grand Prix 2005 à l’usure, auraient vraiment apprécié cette récupération posthume.

Les dessinateurs solidaires entre eux, faudrait-il plutôt écrire, car vivre de ce métier est déjà difficile, en mourir encore plus. f.f.

Bill Watterson signe l’affiche d’Angoulême 2015

mercredi 5 novembre 2014

B1qqXW4IEAA4gZIOn connaît déjà l’affiche (en illustration) du prochain festival de la BD d’Angoulême dessinée par Bill Watterson, créateur de la série « Calvin et Hobbes » et Grand prix 2014.

Le Monde, écrivait lors de l’annonce de cette distinction surprise : « Aspirant à mener la « fameuse vie tranquille » à laquelle il a toujours rêvée, Bill Watterson s’est, depuis, totalement retiré du monde de la bande dessinée et même de la vie publique. Il se consacre à la peinture chez lui, dans la banlieue de Cleveland (Ohio), et n’a donné que deux interviews à des médias américains depuis la fin de Calvin et Hobbes. » (en 1995…). (Voir blog du 2.2.2014).

A lire dans 20 minutes une interview exclusive de Bill Watterson par Olivier Mimran sur cette affiche.

Bill Watterson grand prix d’Angoulême malgré lui

dimanche 2 février 2014

Angoulême : le Grand Prix a été attribué à Bill Watterson, créateur de la série « Calvin et Hobbes ». Drôle d’idée pour un festival de couronner, certes un auteur de grand talent, jeune, 55 ans, et sympathique (il a refusé toute marchandisation de son œuvre), mais qui, écrit Le Monde,  “Aspirant à mener la « fameuse vie tranquille » à laquelle il a toujours rêvée, Bill Watterson s’est, depuis, totalement retiré du monde de la bande dessinée et même de la vie publique. Il se consacre à la peinture chez lui, dans la banlieue de Cleveland (Ohio), et n’a donné que deux interviews à des médias américains depuis la fin de Calvin et Hobbes.” (en 1995…).

Le quotidien rajoute “Tout ceci rend quasi impossible sa venue l’an prochain au Festival d’Angoulême ; ce qui ne devrait pas manquer de faire grincer quelques dents dans le petit monde de la BD. Quand un Grand Prix est désigné, celui-ci dessine en effet l’affiche de l’édition suivante et préside le jury qui décerne les prix attribués aux meilleurs albums de l’année écoulée. La très probable absence de Watterson devrait, du coup, entraîner une réforme de l’institution.” Une institution dont l’organisation va certainement connaître un peu de tangage dans les semaines qui viennent…

A lire sur la carrière de Bill Watterson l’article d’Actua BD.

La cérémonie de clôture du festival a rendu hommage au dessinateur Fred et à Cavanna disparus cette année.

Le prix du public Cultura a été attribué à “Mauvais genre” de Chloé Cruchaudet (Delcourt) un album qui depuis sa parution a déjà reçu le prix Landerneau 2013, le prix du meilleur livre pour le magazine Lire, le Coup de cœur au festival BD de Saint-Malo et, le Grand Prix de la Critique ACBD.

Fauve d’or du meilleur album : Come prima d’Alfred (éd. Delcourt).
Prix spécial du jury : La propriété, de l’israelienne Rutu Modan (éd. Actes sud BD).
Prix de la série :  Fuzz et Pluck, tome 2 de l’américain Ted Steam (éd. Cornélius).
Prix révélation ex-aequo : Le livre de Léviathan, de Peter Blegvad (éd. L’Apocalypse) et Mon ami Dahmer, de Derf Backderf (éd. Çà & Là).
Prix du patrimoine : Cowboy Henk, de Herr Steele et Kamagurka (éd. Frémok).
Fauve polar/SNCF : Ma révérence, de Wilfrid Lupano et Rodguen (éd. Delcourt).
Prix jeunesse : Carnets de Cerise, de Joris Chamblain et Aurélie Neyret (éd. Soleil).
Prix BD alternative : la revue suisse Un fanzine carré.

(Source palmarès Fauves  Olivier Mimran / 20 minutes)

Angoulême comme si vous y étiez (ou presque) 2

samedi 1 février 2014

La presse régionale titre sur  la disparition de Cavanna. La Charente libre titre en Une “La BD sans Cavanna” ou “Le festival pleure Cavanna” sur ses affichettes. Cela aurait surement amusé Cavanna lui qui aurait aimé faire une carrière de dessinateur qu’il a débutée sous le nom de Sépia et qui n’a jamais écrit de scénarios de BD. Il a quand même été avec son compère Choron l’éditeur de Charlie mensuel, de l’hebdomadaire BD, et ils ont publié de nombreuses bandes dessinées y compris dans Hara-Kiri, signées entre autres Gébé, Reiser, Cabu, Willem, Tardi, Schlingo, Poussin, Alex Barbier, etc., etc. Ceci explique peut-être cela.

Suite de la visite des expositions proposées à Angoulême  :

L’exposition Tardi est une des plus importantes par la qualité des images proposées et par la mise en scène. Si on peut apprécier le talent du dessinateur à travers de nombreux originaux et ses mises en couleurs, la profusion très répétitive des images donne un sentiment de trop plein. D’autant plus que la scénographie à base d’ampoules éblouissantes et de cadres à vitres brillantes ne facilitent pas la lecture. A voir malgré tout, Tardi est un grand dessinateur.

Déception pour l’exposition Gus Bofa qui ne présente que des reproductions (phototypies, eaux-fortes) ce qui heureusement ne gâche pas le plaisir d’apprécier le talent graphique de ce dessinateur. La proximité avec l’exposition Tardi permet aussi de mesurer l’influence qu’a eu cet artiste sur de nombreux auteurs contemporains. Rappel les éditions Cornélius ont publié “Gus Bofa, l’enchanteur désenchanté“.

Beaucoup de monde pour l’exposition Willem, avec de très nombreux originaux que le dessinateur a conservé depuis ses débuts en Hollande et les années 1970, date de son apparition dans la presse française notamment dans L’Enragé. La présentation sobre et commentée par des panneaux de l’auteur permet de parcourir la carrière de celui qui est devenu un de nos plus grand dessinateurs actuels. A ne pas rater. L’exposition ne fermera ses portes que le 9 mars 2014. Un 4 pages a été édité à cette occasion par le quotidien Libération.

Mauvaise surprise en revanche pour “l’exposition”  sur les violences faites aux femmes “En chemin, elle rencontre…” présentée dans le hall du Palais de Justice. Si le sujet est hautement important il est regrettable qu’une mise en page confuse des panneaux noie graphiquement le contenu et les dessins censés nous sensibiliser aux thèmes abordés. A chacun cependant de se faire une idée.

En attendant, dimanche, l’annonce du nom du lauréat du Grand prix de la ville d’Angoulême (soit Bill Watterson (Calvin & Hobbes), ou le mangaka Katsuhiro Otomo (Akira) , ou Alan Moore, auteur de “From Hell”), Yves Frémion a dévoilé celui du 18ème Prix Tournesol qui récompense la BD “la plus écolo de l’année” et qui a été attribué à “Plogoff” d’Alexis Horebellou et Delphine Le Lay (éditions Delcourt).

A suivre.

(Le logotype interdit de manger dans l’exposition n’est pas de Gus Bofa)