Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Nouvel Observateur’

Le Président et les bouffons

Jeudi 2 juillet 2009

Extrait de l’entretien accordé par Nicolas Sarkozy, Président de la République française, à Denis Olivennes et Michel Labro du Nouvel Observateur (1.7.2009) :

Une Charlie Hebdo - Bon anniversaire les lèche-culs !

« N. O. – Lorsque vous vous attaquez à un humoriste comme Stéphane Guillon sur France-Inter parce qu’il prend pour cible DSK, Martine Aubry ou vous-même d’ailleurs, vous sortez de votre rôle.

N. Sarkozy. – Je ne m’attaque à personne même si je considère que traiter sur le service public Mme Aubry de « pot à tabac » n’est pas respectueux de la dignité des personnes.

N. O. – Mais c’est un humoriste qui dit cela.

N. Sarkozy. – Si M. Le Pen disait cela, je suis sûr que vous le dénonceriez.

N. O. – Le prince doit laisser le bouffon faire son métier.

N. Sarkozy. – Je le pense tellement que c’est ce qui m’avait conduit en pleine campagne présidentielle à soutenir « Charlie Hebdo » dans son procès à propos des caricatures du Prophète.

N. O. – Et ce Marseillais convoqué devant un tribunal pour avoir dit: « Sarkozy, je te vois », lors d’une intervention policière. Cette crispation autour de la protection de l’image du chef de l’Etat, c’est inquiétant pour les libertés.

N. Sarkozy. – Je suis désolé de cette affaire que j’ai apprise par la presse. C’est ridicule. J’en ai été choqué. Je n’ai porté plainte en aucune manière. Je ne comprends pas pourquoi cet homme a été poursuivi devant un tribunal de police. D’autres choses ont pu me blesser – et je n’ai pas réagi pour autant. Il y a des centaines de livres, d’articles dans lesquels je suis attaqué. Je n’ai jamais réagi, quoi que j’en pense. Je ferai ainsi tout au long de mon mandat. C’est le respect que je dois à ma fonction. Je ne peux pas réagir comme un simple citoyen, y compris au Salon de l’Agriculture ! »

Cabu et Val écrivent au Nouvel Obs

Mercredi 25 mars 2009

Les polémiques nées du licenciement du dessinateur Siné de Charlie 2€ Hebdo ne sont pas près de s’apaiser. Dernière en date, après Charb qui précise son point de vue dans Marianne, c’est au tour de Cabu et Val  d’exprimer le leur en publiant dans Charlie (25.3.2009) un « Droit de réponse » qu’ils avaient envoyé au Nouvel Observateur qui ne l’a pas publié. Tout est expliqué dans le texte d’introduction mais Philippe Val n’a semble-t-il toujours pas compris que les critiques qui viennent de toutes parts ne visent pas Charlie 2€ Hebdo et sa rédaction, mais bien lui-même et ses agissements. À noter aussi que si le droit de réponse est signé par ordre alphabétique Cabu et Val, il n’y figure pas la mention habituelle « toute la rédaction », ni même le nom de Wolinski ou Cavanna. À suivre donc.

droit-de-reponse-val-cabu

« Droit de réponse » de Cabu et Val publié dans Charlie (25/03/2009)

Comptes et réglements

Lundi 16 mars 2009

charlie-hebdo couverture RissQuelques chiffres et commentaires sur le duel Siné HebdoCharlie 2€ Hebdo sur Le Blog des (multi) médias du journaliste du Nouvel Observateur, Claude Soula. Extrait :

[…] « Philippe Val a cassé son beau jouet en chassant Siné. Siné a réussi un coup fumant : son petit journal dépasse les 50 000 exemplaires par semaine, alors que Charlie en annonce 55 000 dans un article de Paris Match ( et que d’autres sources me le donnent en vérité en dessous des 50 000, soit en dessous de Siné…mais les vrais chiffres de vente des journaux sont toujours difficiles à connaître).
Autrement dit, le public a donné raison à Siné contre Val. On ne reviendra pas sur le fond de l’affaire puisque la justice a blanchi Siné. On en tirera seulement quelques leçons de morale, puisque l’affaire Charlie ne parlait que de ça. D’abord qu’on peut encore lancer un journal sans pub , sans moyens, avec quelques bouts de ficelles, sans faire d’études de lectorat et que ça peut marcher. sine-hebdo couv 09Ensuite que Philippe Val a fait une grosse erreur d’appréciation en chassant Siné : sans doute n’avait il pas compris pourquoi les gens lisaient son journal : parce qu’il est synonyme de mauvais esprit, de résistance au pouvoir. Et qu’en s’en prenant à Siné, il se mettait lui, dans le camp de l’ordre ( impression renforcée par son éditorial hebdomadaire sur France Inter, toujours convenable : est-ce cela la culture Charlie ? Pas du tout : Hara Kiri et Charlie sentaient mauvais, volontairement). À partir de la, ce n’est plus Charlie qui symbolise  le contre pouvoir et le mauvais goût, c’est Siné. Et c’est Siné Hebdo, même si ce n’est pas très bon, qui emporte la mise.
Les deux journaux auront pourtant du mal à vivre de concert. Seront-ils rentables à long terme sur le même créneau ? Pas certain. Et Val a collé sur Charlie une étiquette « politiquement correct » qui le coupe de son fond de commerce, l’irrévérence. » […]

Illustrations : une couverture de Charlie 2€ Hebdo signée Riss et une couverture de Siné Hebdo dessinée par Siné.

Dessinateurs sur le net

Samedi 28 février 2009

Vu par WiazLe dessinateur Ga (qui signe aussi Gaël, notamment dans Fluide Glacial) propose sur le site de Rue89.com aux internautes d’imaginer la suite d’une bd qu’il a intitulé « Une journée dans la crise ».

Si Le Monde ne diffuse sur son site que les dessins du jour, celui du Nouvel Observateur archive et propose à la lecture tous ceux de son dessinateur Wiaz parus depuis le mois d’août 2007. 

Le blog est aussi un bon moyen de montrer et faire connaître son travail. C’est ce que fait  le dessinateur Mykaïa qui non seulement a créé un site internet  mais a également ouvert un blog. Mykaïa dessine aussi pour Rue89.com

Siné procès nº 1

Lundi 19 janvier 2009

Le 20 janvier 2009 sera le jour de l’investiture de Barack Obama (17 h 45), mais aussi le jour du procès de Siné contre Claude Askolovitch (13 h 30). 

Sine Hebdo n°1Rappel des faits : le 2 juillet 2008, Charlie Hebdo publie une chronique consacrée au mariage du fils Sarkozy. Celle-ci ne suscite aucune réaction particulière, jusqu’au  8 juillet, où sur l’antenne de RTL, Claude Askolovitch (alors journaliste au Nouvel Observateur aujourd’hui journaliste au Journal du Dimanche et à Europe 1 – groupe Lagardère), s’en prend violemment à Siné à propos d’une phrase évoquant l’opportunisme de Jean Sarkozy, puisque prêt à se convertir pour épouser sa fiancée, juive, riche héritière de Darty.

Pour la petite histoire cette information est reprise mot à mot d’une interview  de Patrick Gaubert, patron de la Licra dans Libération 23 juin 2008. Claude Askolovitch y voit de l’antisémitisme et traite Siné d’antisémite et d’ordure. Le directeur de Charlie Hebdo, Philippe Val prend alors le relai et licencie Siné pour motif de soupçon d’antisémitisme. La LICRA porte plainte.

Pour combattre cette accusation infamante relayée par les médias, Siné porte plainte pour diffamation publique contre Claude Askolovitch. Le procès aura lieu le mardi 20 janvier à la 13e chambre du Tribunal de Grande Instance de Paris. À noter que Philippe Val serait cité parmi les témoins.

Prochain épisode, le mardi 27 janvier à Lyon avec la plainte de la LICRA.

Unique à jamais : Reiser

Samedi 1 novembre 2008

Le nouvel observateur« Nous autres, survivants d’«Hara-Kiri», nous n’avons cessé depuis vingt-cinq ans de parler entre nous de Reiser. Il était le plus jeune. Quand il sut qu’il allait mourir, il nous dit : «Je ne serai jamais un vieux con.» Il était sûrement celui qui l’aurait risqué le moins !

Curieux, sans cesse à l’affût, voulant savoir, désirant faire, s’éclairer au solaire, avant tout le monde, imaginer une maison intelligente, avant tout le monde, être un pionnier du deltaplane. Il décortiquait, il démontait comment ça marche.

Comprendre les choses, les hommes, la société. Tout l’épatait. La bêtise en action, les réalisations de l’intelligence. L’œil à tout, partout, sur tout, il prenait à témoin. C’est souvent, d’ailleurs, dans ses dessins, que le lecteur est pris à témoin.

Qui c’était, le dessin le plus drôle ? Le dessin de Reiser. Qui c’était, le dessin le plus fort ? Reiser. Vous ne rencontrerez pas un dessinateur qui ne vous dira son admiration pour Reiser. Reiser qui se prononce rézère, pas raïzeur, tâchez de vous en souvenir.

Reiser qui ne se prenait pas pour le plus fort. Pour lui, le plus fort, c’était Gébé. »

Reiser, c’est Delfeil de Ton qui en parlera toujours le mieux. 

Ces lignes sont extraites d’un texte paru dans le n°2295 (30.10.2008) du Nouvel Observateur qui rend un hommage au dessinateur disparu il y a 25 ans.

Vive les femmes de ReiserHara-Kiri Une de Reiser : Le concordeDu 30 octobre au 18 décembre, huit albums légendaires de Reiser seront vendus avec l’hebdomadaire : Vive les femmes !, les Copines, Gros Dégueulasse, la Vie au grand air, Mon papa, On vit une époque formidable, la Vie des bêtes et son tout premier livre Ils sont moches.

Autre raison de célébrer cet auteur mort trop tôt à 42 ans, l’exposition que propose Le Musée de l’Air et de l’Espace (aéroport de Paris-Le Bourget) jusqu’au 4 janvier 2009 et qui rassemble les dessins de Reiser sur l’aviation (entrée libre).

Chaval de retour

Lundi 17 mars 2008

Chaval inconnuAutre « résurrection » celle de Chaval à qui le musée des Beaux-Arts de Bordeaux – dépositaire de centaines d’originaux de cet auteur – consacrera du jeudi 5 juin 2008 au dimanche 21 septembre 2008 une exposition : Chaval, humour libre.

Ce grand dessinateur humoriste, d’origine bordelaise, est le précurseur en France avec Mose et Bosc, de l’humour moderne. Il a dessiné pour Paris Match, le Figaro et le Nouvel Observateur.

Il était aussi passionné de cinéma et a tourné de nombreux courts métrages, dont le plus célèbre est Les oiseaux sont des cons. Dernier album paru, Chaval inconnu (Cherche midi) Cette événement aurait du déjà avoir lieu il y a quelques années, mais il se dit qu’à l’époque Alain Juppé maire de la ville y aurait renoncé en raison de quelques dessins humoristiques sur les Juifs publiés dans la presse locale pendant l’occupation allemande sous la signature d’Yvan Le Louarn. Erreur de jeunesse peut-être, en tout cas Yvan Le Louarn devenu Chaval n’a jamais manifesté une quelconque inclinaison antisémite ou raciste dans ses dessins.