Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Stéphane Mazurier’

Cavanna dans Siné mensuel

lundi 3 février 2014

Siné mensuel dévoile ses deux prochaines couvertures du numéro 28 à paraître mercredi 5 février et dans lequel Delfeil de Ton, Jackie Berroyer, Siné, Willem, Sylvie Caster, Carali, Stéphane Mazurier, Faujour, Jiho, Geluck, et la « petite Virginie », évoquent Cavanna. La photo est signée Arnaud Baumann.

Charlie Hebdo encore

mercredi 9 novembre 2011

Le site Caricatures & caricature publie à propos de la couverture du n°2010 de Charlie Hebdo (voir blog du 8.10.2011) une série de caricatures datant du 19 ème et du 20ème siècle où les ennemis de toujours s’embrassent déjà goulûment (en illustration). Sur le même site, Guillaume Doizy commente aussi le dessin de Luz :

« Charlie Hebdo choisit, fait rarissime, de se mettre en scène. Le titre se définit comme un journal satirique d’actualité et pour une fois, le journal a fait – bien malgré lui – la « une » de l’actualité. La très grande médiatisation qui a suivi l’incendie du 1er novembre permet au dessin d’être décrypté par le lecteur qui connait finalement assez peu le visage de ceux qui illustrent le journal et qui visualise depuis un peu mieux celui de son directeur et rédacteur en chef, Charb.

Reste le principal : une fois de plus, Charlie Hebdo a choisi la provocation par l’ironie, le paradoxe et l’humour. En invoquant ce baiser, Luz prend le contrepied du discours guerrier et menaçant des intégristes. A la haine, le journal répond en apparence par l’amour. Mais en imaginant ce baiser très « gay », Luz met les rieurs « progressistes » de son côté, tout en provoquant sans aucun doute la rage des intégristes (de tous poils), dont on connait la haine homophobe. L’interpénétration des bouches et les débordements salivaires constituent les éléments ultimes de la provocation. »

A propos de la couverture d’Hara Kiri mensuel publiée en parallèle de celle de Charlie Hebdo sur ce blog, le site Internet du Nouvel Observateur nous apprend que « l’étudiant » qui embrasse le CRS n’est autre que le dessinateur Reiser qui joue les figurants pour le photographe. Sur celle de Charlie, le personnage dessiné par Luz est Charb.

Toujours sur le site du Nouvel Observateur, à lire, le point de vue de Stéphane Mazurier auteur de «Bête, méchant et hebdomadaire. Une histoire de Charlie Hebdo (1969-1982)», (Buchet Chastel, 2009), sur cet évènement. Extrait :

« Je crois surtout que le journal s’est toujours attaqué aux religions. Il ne s’attaque pas seulement aux extrémismes religieux, mais aux religions elles-mêmes: dans le cas du catholicisme, il ne s’agit pas de condamner les «dérives» des catholiques intégristes, mais l’Église catholique, comme le montrent les innombrables dessins et textes contre le pape. C’est, à mon avis, le même souci dans le cas de l’islam : «Charlie Hebdo» prétend ne pas combattre l’islam, mais l’islamisme, ce qui est un moyen de se protéger. Le journal, de tradition laïque et même athée, est tout à fait dans son rôle quand il se moque de la religion musulmane, et pas uniquement des intégristes musulmans. »

Le webdo satirique Urtikan.net consacre l’édito de son n°24 et deux de ses pages, à l’incendie criminel des locaux de Charlie Hebdo. Dessins sur le sujet de Samson, Besse, Pakman Lacombe.

Siné évoque sur le site Internet de Siné mensuel l’incendie de Charlie Hebdo et illustre sa chronique par un dessin de Jiho.

Le site Internet  et le Facebook de Charlie Hebdo semblent à nouveau fonctionner.

Satiradax : un vrai succès

mardi 7 juin 2011

La première édition de Satiridax (2-5 juin 2011) organisée par le dessinateur Marc Large avec le concours de la ville de Dax a été une grande réussite. La manifestation a fait la part belle aux humoristes, Christophe Alévêque, Didier Porte, l’équipe de Groland, mais aussi aux dessinateurs de presse : Carali, Lindingre, Berth, Biz, Barros, Lasserpe, Gaël, Mo/CDM, Ballouhey, Gab, Widenlocher, Pixel Vengeur.

Le journal mensuel Zélium était également représenté par une partie de son équipe, avec les dessinateurs Decressac, Sergio, Giemsi, la dessinatrice Clé, mais aussi Étienne Liebig, Christophe Faizant et Maël Nonet.

Guillaume Doizy, Jacky Houdré, Stéphane Mazurier, ont animé des débats autour du dessin de presse d’hier et d’aujourd’hui, et une exposition était entièrement consacrée aux dessins de Faujour (au Splendid Hôtel qui porte bien son nom).

À noter également la présence de l’excellente maison d’édition Les Requins marteaux.

La deuxième édition qui devrait se dérouler en 2012 après les élections législatives est déjà en route, et célèbrera – entre autre –  les 20 ans de la création de Groland.

Photo : un public nombreux a assisté au débat sur la censure avec Jacky Houdré, Stéphane Mazurier,  Xavier Mathieu, Guillaume Doizy, Étienne Liebig, Marc Large, Éric Martin, Faujour.

Quand un fait divers croise l’histoire de la presse satirique 

lundi 6 juillet 2009

Hara Kiri, les belles imagesLe Dr Daniel Cosculluela, psychiatre de Bergerac accusé de viols par quatre de ses patientes, et condamné le 4 juillet 2009 par la cour d’assises de la Dordogne à une peine de 12 ans de réclusion criminelle assortie d’une interdiction définitive d’exercer, a été pendant quelques années le propriétaire du titre Hara-Kiri. Ce titre mythique, il l’avait acheté en 1990 lors d’une vente aux enchères « à la bougie » et, après avoir envisagé de le relancer, il le louait à qui le voulait bien.

Stéphane Mazurier raconte dans « Bête, méchant, et hebdomadaire » (Buchet-Chastel) que en 1992, lorsque Philippe Val relança Charlie Hebdo, le Professeur Choron, pour le contrer publia « avec l’autorisation de Daniel Coscullela, propriétaire de la marque « Hara-Kiri » un Hara-Kiri Hebdo, sous-titré « le journal de l’Europe à feu et à sang ». la première page était signée Vuillemin.

En 1996, le titre fut utilisé par Michel Buh de la Société Française de Revue qui édita lui aussi un Hara-Kiri hebdo. Cette version n’eut que quatre numéros. On pouvait y voir des dessins de Nicoulaud, Berth, Jiho, Soulas, Lécroart, El Diablo, Coutelis, Loup, et Samson.

Depuis, le titre appartient désormais à Charlie Hebdo qui le fait figurer dans ses pages pour ne pas en perdre la propriété. Il se dit même que Cavanna en butte à Philippe Val, avait songé un temps à relancer le titre.

À noter que le titre revit aussi en librairie et après le succès de « Hara-Kiri les belles images » paru en 2008, les éditions Hoëbeke s’apprêtent à publier un agenda Hara-Kiri pour la fin de l’année 2009.

« Bête, méchant et hebdomadaire » : une suite

vendredi 13 février 2009

Stéphane Mazurier - Des cadres noirs dans son livreLes lecteurs de l’énorme pavé de Stéphane Mazurier sur l’histoire de Charlie Hebdo (1969 – 1982) – voir note de lecture sur ce blog -, ont du être intrigués par les pavés noirs qui figurent sur la reproduction des pages du journal. En fait, se sont les dessinateurs Cabu et Wolinski qui se sont opposés à la publication de leurs œuvres dans un livre qui fait un portrait trop flatteur – à leur goût – de Georges Bernier, alias Pr. Choron.

Quand on voit la couverture du livre, avec Cavanna et Choron photographiés amicalement enlacés par Arnaud Baumann, on se dit qu’il doit régner un certain malaise dans la rédaction de Charlie Hebdo (celui de 2009).

Extrait du livre :

« Des fois, j’envie Reiser. Il ne nous a pas vus devenir moches et cons. Il ne l’est pas devenu non plus. Il a tracé sa trajectoire d’angelot bouclé, frrrt, il n’a pas vu le monde vieillir, il n’a pas vu sa gueule grimacer dans la gueule des copains ».

Ces lignes ont été écrites par Cavanna en 2004.

Autre chose, la mention d’un copyright « Glénat Éditions – Drugstore 2008 », sur la reproduction de Unes de L’hebdo Hara-Kiri et de Charlie Hebdo dessinées par Reiser. Une réappropriation étonnante de la part d’un éditeur, en effet si le copyright peut s’appliquer sur le dessin de Reiser, il ne peut en aucun cas concerner la Une qui est une œuvre collective appartenant au journal.

Note de lecture : Charlie Hebdo, l’original

jeudi 12 février 2009

Bête, méchant et hebdomadaire. un livre de Stéphane MazurierCréer et faire vivre un journal est une aventure formidable. Créer et faire vivre un journal comme Charlie Hebdo est une aventure « extraordinaire » comme le dit Sylvie Caster. Pour s’en convaincre il suffit de lire l’imposant – 512 pages – Bête, méchant et hebdomadaire de Stéphane Mazurier (Buchet Chastel) qui retrace les grands et les petits moments de Charlie Hebdo, titre satirique légendaire, anticonformiste, aujourd’hui usurpé par un propriétaire qui s’affiche comme « éditorialiste » sur les plateaux télé entre Alain Duhamel et Catherine Nay.

Un livre très documenté et très complet sur la vie de ce journal de 1969 à 1982, mais aussi sur son époque qui joua un rôle non négligeable dans son succès (et son déclin) : « Expérience unique dans l’histoire récente de la presse française, Charlie Hebdo se révèle finalement la meilleure expression journalistique de l’esprit de mai 68 ». Bénéficiant des témoignages de nombre des collaborateurs, l’auteur évoque les multiples péripéties des titres, le mensuel Hara-Kiri, L’hebdo Hara-Kiri Charlie Hebdo, l’éphémère Charlie matin, La semaine de Charlie, et la cohabitation – souvent conflictuelle (p. 150) – entre des personnalités aussi fortes que celles de Gébé, Reiser, Delfeil de Ton, Fournier, Wolinski, Siné, Willem, Cabu, Nicoulaud, Berroyer, Carali, Arthur, Sylvie Caster. Le tour de force a été d’additionner tous ses talents chaque semaine, mais avec une règle : « même si les collaborateurs du journal s’apprécient profondément, ils se fréquentent très peu en dehors du journal. Certes Reiser dîne quelquefois chez Wolinski, mais la règle est de ne se voir que pour le travail ». 

Ce livre ne dévoile hélas aucun secret permettant de renouveler cette aventure, mais donne quelques clés qui permettraient à une équipe de se lancer dans un tel projet. Cavanna : « C’est très simple, la formule c’était : tu as une page, tu t’en démerdes, tu mets ce que tu veux dedans, pourvu que ce soit génial »

Autre intérêt de l’ouvrage, c’est qu’il confirme, s’il en était besoin, que sans le duo passionnel Cavanna-Bernier cette aventure fulgurante n’aurait jamais pu exister : « Cavanna est, sans aucun doute, le « concepteur en chef » du journal. C’est lui qui a su imaginer une formule originale et viable, mais aussi la maquette, autrement dit la marque de fabrique, le « visage rédactionnel » de Charlie Hebdo. Le deuxième personnage clé dans l’élaboration du journal est , bien sûr, son directeur, Georges Bernier. Si Cavanna est le concepteur du journal, Bernier en est l’administrateur ; un administrateur volontiers fantasque et téméraire, qui s’acharne à faire vivre Charlie Hebdo. Bernier a, en quelque sorte, mis en place sa propre méthode, fondée sur l’optimisme et la ténacité. »

Un Bernier incontournable, au point même qu’il semble aujourd’hui étonnant qu’un dessinateur comme Cabu, qui a vécu et profité (p. 110) de toutes ces années tumultueuses, retrouve subitement la mémoire pour accabler et dénoncer le Pr. Choron comme il l’a fait dans un récent de Charlie Hebdo (14.1.2009). Il est vrai que le Charlie Hebdo de l’époque est très éloigné de celui qu’il fait aujourd’hui et dont il est curieusement l’actionnaire principal avec Philippe Val. Rien à voir donc, avec le titre d’origine où le rédacteur en chef était « toute la bande ». On en est loin en effet et on se demande même pourquoi dans ce livre Philippe Val donne son avis sur la première version de Charlie Hebdo alors qu’il n’y a jamais participé et qu’il ne reconnaît aucun talent à Choron.

Au final, ce livre pourrait apparaître comme une sorte de pierre tombale, une fresque gravée dans le marbre, qui célèbre le souvenir, la nostalgie d’une époque révolue où l’on osait tout et où tout était possible. Mais c’est une fausse impression, puisqu’encore récemment avec l’arrivée dans les kiosques de Siné Hebdo, journal conçu en quelques semaines, il semble que l’esprit de provocation reste vivace. Il suffit juste de le cultiver. Bête, méchant et hebdomadaire de Stéphane Mazurier peut donner cette envie. ff

Bonus à savourer également, le cahier spécial des photos d’époque d’Arnaud Baumann qui signe aussi la photo de couverture.