Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Florent Chavouet au Japon

16 avril 2009 à 18 h 44

Tokyo Sanpo de Florence ChavouetLe dessin de reportage est un exercice subtil. Il faut montrer ce que l’on voit et raconter ce que l’on montre. Le regard du dessinateur a l’avantage de faire des choix et la traduction graphique de ces choix l’oblige a aller à l’essentiel. Du grand art.

Quelques dessinateurs excellent dans ce genre, Cabu, même s’il en fait moins aujourd’hui, Willem, Tignous, Dupuy & Berbérian, Catherine Meurisse, Noëlle Herrenschmidt, il y a eu aussi Bernar, et encore quelques autres tout aussi talentueux.

Florent Chavouet est de ceux-là. De plusieurs séjours au Japon il a rapporté de nombreux carnets de croquis qu’il a réunis dans Tokyo Sanpo. Un album de 206 pages, toutes en couleurs, présenté ainsi par son éditeur Philippe Picquier : « Voici un guide de voyage dans Tokyo qui ne ressemble à aucun autre ! Partir à la découverte de Tokyo, le nez au ras du trottoir et l’œil à l’affût, arpenter le bitume à hauteur d’homme et saisir les instants fugitifs, saugrenus et si caractéristiques dans leur étrangeté de la capitale du Japon. Avec pour seuls outils et compagnons les plus fidèles, une bicyclette, une chaise pliante de pêcheur, et bien sûr des crayons de couleur.

Chaque chapitre s’organise autour d’un quartier, avec sa carte et son koban, autrement dit son commissariat, aux architectures plutôt délirantes.Un humour décapant et un coup de crayon talentueux qui nous entraînent dans un Tokyo surprenant au gré d’une humeur vagabonde et d’un esprit curieux. »

On peut aussi découvrir toute l’œuvre de ce jeune auteur sur son site et son blog

Le blog de Florent Chavouet

Métro, boulot, dodo

14 avril 2009 à 21 h 44

Que reste-t-il de mai 68 ? : Une campagne d’affichage des transports en commun en Île de France (Transilien – STIF). Constatant le peu d’efficacité des consignes officielles placardées dans les gares et les trains de banlieue, les responsables ont opté pour des affiches « civiques » rappelant singulièrement le graphisme de celles produites en mai 68 par les ateliers de l’école des Beaux-Arts. Effet garanti.

Metro : affiches

Une histoire de barbecue

14 avril 2009 à 20 h 47

 Dessin de BerthÀ quoi sert le dessin de presse ? À donner un coup de pouce à un créateur/chômeur de barbecue. C’est l’histoire de Stéphane Morlot qui a sollicité des dessinateurs pour promouvoir son invention – Charb, Tastet, Tignous, Delucq, Dobritz, Placide, Biz, Chalvin, Grémi, Meangeat, Lasserpe, Bar, Jepida, Berth, Large, Jiho, Dadou, Arawak et Ydel – et chacun d’eux a répondu par un dessin. 

Les amateurs de dessin de presse et de barbecues innovants et astucieux peuvent contacter directement le créateur de l’objet

Dessin de Jiho

En illustration :
les dessins de Berth,
Charb et Jiho
.

 

Dessin de charb

La méthode à Cabu

11 avril 2009 à 11 h 22

La méthode à cabu pour apprendre à dessinerCabu est un dessinateur formidable. Un talent que personne ne lui conteste. Virtuose du trait et de la caricature, il aime aussi partager sa passion pour le dessin. Après Récré A2 où il apprenait aux enfants à transformer un cafetière en profil de Mitterrand, après le livre « Le monde des images » (avec des textes hermétiques de Laurent Gervereau), il publie aujourd’hui un hors série à Charlie Hebdo  intitulé « La méthode à Cabu pour apprendre à dessiner ». 

Cabu rend hommage à sine

Si vous passez l’indigeste édito de Philippe Val – qui réussit à citer dans un seul texte, Villon, Freud, Descartes, Chopin, Jean-Luc Godard, Paul Valery et Roland Barthes -, vous vous amuserez de voir comment Cabu parle de la caricature des femmes, de la ressemblance, de la facture d’un dessin. Il nous apprend aussi comment dessiner des personnages aussi différents que Sarkozy, Ségolène Royal, Johnny Hallyday, Bayrou, Roselyne Bachelot, ou Raffarin. Mais, comme le souligne Philippe Val dans son introduction «pour dessiner comme Cabu, il faut être Cabu», CQFD. Le tout est largement illustré de dessins parus dans Charlie.

Détail amusant, Cabu raconte une anecdote qui a longtemps fait les délices de la profession et qui concerne… Siné (ci-contre). Le hors série se termine par une citation d’un texte de Henri Bergson sur la caricature retranscrite par le père de Cabu, Marcel Cabut.

Cabu apprend à dessiner Sarkozy

En vente chez les marchands
de journaux. 6 €.

 

 

Illustration : Comment dessiner Nicolas Sarkozy,
dessin extrait du hors série 
« La méthode à Cabu pour apprendre à dessiner ». © Cabu.

Un métier, quel métier ?

10 avril 2009 à 14 h 49

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Comment faire pour revaloriser un métier, celui de dessinateur de presse, qui voit d’années en années son « statut » professionnel se dégrader ? Certes il existe encore quelques journaux qui payent les dessins correctement, voire même salarient des dessinateurs, mais que dire de la dégringolade des tarifs pratiqués y compris par des titres ayant pignon sur rue et des sites Internet qui publient des dessins à peu de frais quand ce n’est pas gratuitement.

Contrairement aux photographes qui depuis longtemps se sont organisés pour faire respecter leurs droits et leurs conditions de travail, les dessinateurs dans la presse n’ont jamais réussi à se regrouper. Les syndicats de journalistes eux-mêmes ont depuis longtemps déserté ce terrain. Seuls les auteurs de bande dessinée commencent à s’unir pour faire face aux conditions dictées par les éditeurs.

Résultat, une foire d’empoigne permanente, avec des journaux qui utilisent les dessinateurs les « moins chers », des auteurs qui ont un autre métier et qui cassent les prix, des boulots de plus en plus bâclés car commandés dans l’urgence.

Dessin de Tignous extrait du catalogue Iconovox

Il est évident que la presse pourrait se passer des dessinateurs comme le fait actuellement un grand quotidien du soir qui a laissé partir deux de ses plus talentueuses signatures sans sourciller, ou comme le fait un grand quotidien du matin qui laisse croupir son dessinateur dans un placard doré depuis deux ans. 

Et il ne faut pas croire que les dessinateurs bénéficiant d’un peu de notoriété sont mieux lotis. Beaucoup de gens pensent que cet art est un amusement, pourquoi alors manifester un peu de reconnaissance pour ce métier.

Hélas, cette situation est commune à beaucoup de professions à vocation artistique et la fameuse crise universelle risque peut-être de l’aggraver encore plus, mais que deviendrait un monde détestable que l’on n’aurait pas envie de changer. ff

Illustrations : Dessins de Faujour et Tignous
extraits du catalogue Iconovox

Le public aime le dessin de presse

10 avril 2009 à 13 h 53

Extrait d’un écho de Christophe Barbier publié par L’Express.fr :

Plantu - Permis de croquer« 12 297 entrées comptabilisées au 31 mars, 12 600 escomptées à la fermeture, le 12 avril : l’exposition Permis de croquer, organisée par Jean Plantu et le collectif Cartooning for Peace, affiche la 4e meilleure fréquentation, depuis quinze ans, à la Bibliothèque historique de la ville de Paris. […] A partir du 15 octobre, Cartooning for Peace sera présent, à travers une exposition permanente, au Mémorial de Caen. »

Toujours à propos de Plantu le très intéressant site Caricatures & caricature signale une intervention du dessinateur du Monde et de L’Express sur le site « Lumières » de la Bibliothèque Nationale de France. Autres intervenants : Gotlib sur la science, Claire Bretécher sur l’individu, Marjane Satrapi sur la religion, Benoît Peeters et Schuiten sur la ville.

Photo : Plantu parle de la politique
et commente ses dessins sur le site de la BNF.