Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

La presse satirique et les temps de crise

24 octobre 2014 à 8 h 34

Sarko_back_zelium_lightSiné annonce dans sa dernière Mini zone que Siné mensuel a recueilli après son appel aux dons près de 12 000 euros en deux semaines, une somme importante mais « encore loin du compte pour commencer à apercevoir des lendemains qui chantent ! ». Selon le journal, 2 000 acheteurs supplémentaires permettraient de lui assurer un avenir plus serein.

De son côté le journal Zélium dévoile dans un communiqué avoir atteint son objectif de 8 500 euros sur le site participatif Ulule pour financer ses deux prochains numéros. L’équipe dit vouloir continuer la collecte avec l’intention de consacrer ces nouveaux financements à un troisième numéro, et, si les 15 000 euros sont atteints, à la création d’« un bistro Zélium, bar associatif dédié au dessin de presse et aux médias indépendants. »

Pour Charlie Hebdo, qui a échangé son slogan de « Journal irresponsable » contre celui de « Nouvelle formule », son directeur Charb interrogé sur ses projets a répondu au Courrier Picard « faire vivre Charlie Hebdo dans un contexte difficile : celui de la crise de la presse et de crise qui touche tout le monde. La situation est compliquée, mais c’est une lutte de tous les jours. » Prochainement les abonnés de l’hebdomadaire devraient pouvoir consulter le journal en ligne.

Enfin, Le Canard enchaîné, pilier de la presse satirique française avec ses 399 567 exemplaires a annoncé pour 2014 une baisse de son chiffre de ventes de 16 % en 2013. L’année précédente il avait déjà été de 5,7%. A noter que l’hebdomadaire continue à faire des « essais » pour recruter de nouveaux dessinateurs.

En illustration dessin de ÏoO pour Zélium.

Le dessin c’est simple comme une video (ou presque)

23 octobre 2014 à 12 h 10

La naissance d’un dessin est toujours une étape fascinante. Le dessinateur Soulcié (Télérama, L’Equipe, Fluide glacial, Fakir,…) nous invite à y participer avec une vidéo trépidante réalisée lors de la création du « Dessin de la rédaction » publié par la Revue dessinée (21 octobre 2014).

 

Daullé, l’art de la caricature

23 octobre 2014 à 9 h 13

Daulle-1 Daulle-2 Pourquoi le cacher, cet article est un copinage totalement assumé, car je vais parler du travail de Bertrand Daullé – on a créé ensemble en 1985 l’association « Un bon dessin vaut mieux qu’un long discours » destinée ( déjà ) à promouvoir le dessin de presse et ceux exerçant ce métier. A l’époque il dessinait pour la presse mais au fil des ans, nécessité faisant loi, il a migré vers un domaine professionnel plus rémunérateur, sans toutefois abandonner sa passion pour le dessin.
Daulle-4Libéré des pesantes contraintes éditoriales il a continué à approfondir ses recherches dans son domaine de prédilection la caricature. L’approche et sa maîtrise de diverses techniques lui ont permis d’atteindre toute la plénitude de ses moyens. Et le résultat est là, graphiquement bluffant, à découvrir dans le livre « Drôles de têtes » auto-édité et disponible sur le site Blurb.
Aujourd’hui Daullé expose et participe à de nombreuses manifestations à travers le monde où son travail est unanimement reconnu et apprécié.
Qui sait même si un magazine un peu plus intelligent que les autres ne lui ouvrira pas ses pages. Un pleine page, moins, se serait gâcher.

Daullé sur Facebook et le blog de Daullé.

En illustration Frank Zappa, Cara Delavingne (cliquer sur les images pour les agrandir).

Un timbre pour Maximilien Vox

22 octobre 2014 à 11 h 19

Max-Vox

Le 20 octobre 2014 La Poste met officiellement en circulation un timbre dédié à Maximilien Vox présenté ainsi sur le site des Rencontres Internationales de Lure :

« Né 16 décembre 1894 à Condé-sur-Noireau, Maximilien Vox (pseudonyme de Samuel William Théodore Monod) est l’un des fondateur des Rencontres de Lure (avec Jean Giono, Jean Garcia, Robert Ranc et Lucien Jacques) dont il fut le centre de gravité jusqu’à sa mort à Lurs en 1974. Il était graveur, dessinateur, illustrateur, publiciste, éditeur, journaliste, critique d’art, théoricien et historien de la typographie.

Cette année est celle des 120 ans de sa naissance. « Vox fut conduit à Lurs par Jean Giono. Frappé par la beauté exceptionnelle de ce site perché sur un éperon rocheux situé entre la Durance et la montagne de Lure et, malgré un village en état de délabrement fort avancé, Maximilien Vox eut alors l’idée d’y faire venir tous ses amis typographes, éditeurs, photographes, etc. pour réfléchir sur leurs professions loin des agitations de la capitale. Jean Giono lui assura alors : Vous allez réussir parce que vous parlerez métier ! Au départ simple réunion d’amis, les Rencontres s’enrichirent rapidement de participants étrangers et se constituèrent en association Loi 1901. [...]

Le timbre a été créé et gravé par Louis Boursier d’après une photo de Jean Dieuzaide.

Un site consacré à Maximilien Vox (en travaux semble-t-il actuellement).

Une expo, un album, une fresque pour Geluck

22 octobre 2014 à 9 h 27

GeluckUn nouvel album « Le Chat passe à table » (Casterman), une exposition à Paris « Tout l’art du chat », sans oublier une fresque de 120 mètres dans sa ville natale à Etterbeek, Philippe Geluck est omniprésent dans l’actualité. Paris Match lui consacre même un grand article, extrait :

[...] quel est votre rapport à l’art ?

Je suis un passionné d’art. J’ai vu il y a quelques mois les Pollock à New York, ça ma fait monter les larmes aux yeux. Je peux fondre en larmes devant la beauté d’un tableau.

Et après faire un dessin iconoclaste sur ce même Pollock !
Oui, je me moque de mon émotion et de l’idée préconçue de ceux qui se disent : “Ce n’est pas un tableau, c’est des taches !” Mais, comprend et ressent qui peut. Et puis on voit pas beaucoup les gens rire dans les musées, c’est un peu compassé parce que justement c’est de l’“Art” avec un grand “A”. Pour moi l’art doit soit prendre les gens au col, soit les faire éclater de rire, car le rire n’empêche pas la réflexion, ni la beauté. En mars dernier à “Art Paris”, au Grand Palais, toute une salle m’était consacrée. Et on entendait dans les allées : “Il faut aller voir les trucs de ­Geluck, c’est trop drôle ! Il y avait une parodie du ‘Cri’ de Munch, le Chat avec son slip ‘Merci Vasarely’…” [...]

Exposition « Tout l’art du chat », galerie Huberty & Breyne (Ex Petits papiers) 91, rue St Honoré, 75001 Paris, jusqu’au 29 novembre 2014.

Video de l’exposition d’où est extraite l’illustration.

Le Beauf de Cabu, l’intégrale

21 octobre 2014 à 9 h 01

C’est le livre à offrir à Noël par excellence. Parce qu’il y a toujours quelqu’un de plus ou moins beauf dans notre entourage, qu’il nous arrive parfois de l’être dans de rares moments d’égarements, mais surtout parce que ce personnage est une des plus remarquables créations de Cabu.

Beauf CabuCes dernières années le dessinateur (76 ans) compile l’ensemble de son œuvre dans de très gros albums (assez peu maniables) et chez de nombreux éditeurs – Le grand Duduche l’intégrale (Vent d’Ouest Glénat), Tout Cabu (Les Arènes), Cabu swing (Les Echappés) -, des sommes qui ne font que confirmer qu’il reste un des meilleurs dessinateurs, caricaturistes, actuels. Seul (petit) reproche dans le Beaufla colorisation Photoshopée de certains dessins.

Présentation de l’album « L’intégrale Beauf  » par l’éditeur Michel Lafon :

« Né en 1973 dans les pages de Charlie-Hebdo, le Beauf est au départ l’archétype du Français râleur, raciste, violent, odieux en toutes circonstances. Souvent confronté au Grand Duduche, l’autre personnage incontournable de l’univers de Cabu, il devient le héros récurrent des strips de Cabu dans Le Canard enchaîné et d’innombrables dessins. Inspiré d’un patron de bistrot de sa ville de Chalon-sur-Saône mais aussi de l’ancien maire de Nice, Jacques Médecin, le Beauf de Cabu est chasseur, pilier de bistrot, orateur de bar spécialiste du « yaka-faucon », contremaître dans une usine d’armement, amateur de sport à la télé, obsédé sexuel, réactionnaire par nature… « J’ai réuni en un personnage tout ce qu’on pouvait imaginer de pire », dit Cabu.

Quarante ans après, le Beauf est devenu plus humain, perdu dans un monde de plus en plus complexe, pour lui qui ne cherche que des réponses simples : « Ce qui l’emmerde le plus, c’est qu’il a toujours du mal avec les filles. La plus conne sera toujours moins con qu’un beauf. » Le Beauf est toujours aussi horrible, mais on sent poindre une certaine tendresse de Cabu pour son odieux personnage… »