Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Humeur’

Une volée de dessins aux enchères

mardi 3 mai 2016

Le 30 mai 2016 à 19 heures aura lieu, sous le titre « Les maîtres de l’humour », une vente de dessins originaux de Cabu, Gébé, Siné, Faizant, Trez, Barbe, Hoviv, Loup, Gus, Tetsu, Pichon, Soulas, Morchoisne, Pétillon, Lefred-Thouron, Vuillemin, Tim, Tignous, Hugot, Veyron, Edika, Blachon, Dobritz, Wolinski.

Seul problème, ni les auteurs encore vivants de ces dessins, ni les ayant-droits n’ont semble-t-il été informés de cette vente. Pire, il semblerait même que ces lots de dessins soient ceux « disparus » après la faillite il y a quelques années de la galerie Daniel Delamare, dont on n’avait plus de nouvelles du propriétaire depuis.

H0356-L93879707A noter que cette mise aux enchères est organisée par Maître Cornette de Saint-Cyr qui, début mars, avait déjà orchestré la vente/braderie des deux inénarrables « experts » en dessins de presse, Michel Roudillon et Xavier Guénant.

Les 286 dessins sont visibles sur le site Invaluable et samedi 28 mai, dimanche 29 mai, et lundi 30 mai, de 11h à 18h, 6 avenue Hoche, 75008 Paris. Contact : info@cornette-saintcyr.com

En illustration : Un dessin de Gébé, estimé entre 3 000 et 5 000 euros représentant la salle de rédaction de Hara-Kiri, puis de Charlie Hebdo, rue des trois portes à Paris. Format : 32,4 x 50,1 cm.

Les limites de la création dessinée

lundi 4 avril 2016

Nombre de dessinateurs ont connu dans leur travail cet épisode où le commanditaire lui demande de modifier, de rectifier un dessin pour que celui-ci s’adapte à ses desiderata. Souvent l’auteur acquiesce pour garder la commande ou, dans le meilleur des cas, propose un autre dessin. L’expérience vécue par la dessinatrice Diglee (Maureen Windgrove), et qu’elle raconte dans le détail sur son blog, est dans ce cas exemplaire. Au final elle renoncera au contrat.

Le Parisien.fr et Le Huffington Post ont relayé cette a affaire.

Extrait du blog :

Diglee-2

 

Tromperie sur la marchandise

mardi 22 mars 2016

L9886Une grosse merde éditoriale. Ce blog a rarement utilisé ce qualificatif professionnel mais c’est celui qui semble le plus approprié au « journal » Hara Kiri (n°2 – 20 pages, 3 euros) que l’on trouve actuellement dans les kiosques.

Non seulement le contenu est indigne du titre qu’il usurpe, mais la maquette de la Une joue délibérément la confusion graphique avec les titres Charlie Hebdo ou Siné mensuel pour mystifier les acheteurs. Cette publication est une véritable tromperie commerciale destinée à vendre du papier (voir blog du 14.1.2016). Une escroquerie anonyme puisque aucune mention légale, ni périodicité, ne figurent dans les pages et que les « articles » ne sont pas signés. Il est d’ailleurs étonnant que dans ces conditions, les MLP (Messageries Lyonnaises de Presse) se rendent complices de cette arnaque en le distribuant dans les kiosques.

Enfin dernier point, on s’étonne que les ayants droits de François Cavanna, fondateur avec Georges Bernier d’Hara Kiri, et propriétaire légal du titre comme le raconte Denis Robert dans le livre « Mohicans » (Fayard), n’aient toujours pas intenté une action en justice contre cette utilisation frauduleuse du titre*. Un vrai boulevard pour des avocats spécialistes du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. ff

* J’ai reçu un message selon lequel une action est en cours. A suivre.

Braderie de dessins en salle des ventes

mercredi 9 mars 2016

Jean BellusDes dessins de Cabu pour 150, 180, 200 euros, un dessin de Calvi à qui Cabu avait fait un procès pour plagiat, 320 euros. Trois petites aquarelles des Vieilles dames de Jacques Faizant à 520 euros, un dessin de Mick ( ?) 450 euros, une caricature de Johnny Hallyday en noir & blanc par Morchoisne, 450 euros, un dessin de Morez, 580 euros. 800 et 1000 euros pour deux dessins en couleurs de Vial, meilleurs scores de la vente, 3 dessins de Wiaz 500 euros chacun, aucun Vuillemin acheté, ce sont quelques-uns des résultats de la vente organisée le 5 mars 2016, par Me Cornette de St Cyr, assisté des deux « experts » Michel Roudillon et Xavier Guénant.

Les autres originaux, lorsqu’ils se sont vendus, ont été bradés entre 80 et 320 euros avec une moyenne autour de 100 euros, ce qui a permis aux amateurs de faire quelques affaires, même si beaucoup de dessins proposés semblaient provenir de fonds de tiroirs.

Les résultats complets de la vente en images : http://www.cornettedesaintcyr.fr/flash/index.jsp?id=26480&idCp=124&lng=fr&npp=10000

En illustration, un dessin de Jean Bellus utilisé en couverture du catalogue, vendu 350 euros.

Merci à Chimulus.

ça l’affiche mal

vendredi 26 février 2016

Le concours de l’affiche qui met le moins en valeur le dessin avec des typos envahissantes et une mise en page surchargée recommence. Les deux premiers candidats pour 2016 :

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Faut-il boycotter le festival BD d’Angoulême ?

mercredi 24 février 2016

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-1974-Hugo-PrattEn quelques décennies l’univers de la BD est passé du stade artisanal à un monde industriel porté par la médiatisation et le succès de quelques titres emblématiques. La principale vitrine de cette évolution a longtemps été le festival de la bande dessinée d’Angoulême, point de rencontre annuel entre les lecteurs et les professionnels du milieu, auteurs, éditeurs.

Créée en 1973 par une équipe d’amateurs passionnés réunis en association à but non lucratif, la manifestation a été ensuite reprise en main par une société de droit privé 9ème Art+ dirigée par Franck Bondoux. Longtemps, pouvoirs publics, éditeurs, auteurs, et public, ont trouvé leur compte dans cette formule clés en mains et ne se posaient pas de questions.

Mais voilà, l’usure (43 éditions) et la volonté de 9ème Art+ de vouloir s’accaparer sournoisement toutes les commandes a commencé à être problématique. En 2015, le festival a été « sauvé » par un hommage circonstancié à Charlie Hebdo, mais en 2016, plusieurs faux-pas importants ont entaché l’organisation de l’événement – « oubli » des auteures dans la sélection du grand prix, fausse remise des prix.

Des dérapages qui ont même fait les titres de la presse internationale et aujourd’hui suscitent une bronca de nombreux éditeurs menaçant dans un communiqué de ne plus participer à ce rassemblement.

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-2014-Willem Les jours de la société commerciale 9ème Art+ à la tête de l’organisation semblent comptés, cependant cette éviction nécessaire ne résoudra aucun des problèmes en suspens et il faudra avoir beaucoup d’imagination pour sauver le festival (sans oublier toutes les activités parallèles que le festival a fédéré à Angoulême, Musée, production de dessins animés, etc.).

Si l’art de la bande dessinée a gagné la reconnaissance du public et des médias, il n’en reste pas moins un univers fragile avec une surabondance de parution d’albums, et surtout la paupérisation des auteurs soulignée par les récents Etats généraux de la BD.

Retrouver une dimension humaine, basée sur la création et les auteurs plus que sur le tiroir-caisse, est le principal défi qu’auront à affronter les prochains organisateurs. ff

La première affiche du « salon » de la BD d’Angoulême (dessin d’Hugo Pratt) et l’affiche de 2014 signée Willem.