Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Humeur’

Quelle retraite pour les dessinateurs ? Suites.

Mardi 17 juin 2014

Nouvel épisode dans le problème de cotisation retraite complémentaire soulevé par les auteurs de BD et le syndicat SNAC BD dans la lettre envoyée à la ministre de la Culture Aurélie Filipetti. Frédéric Buxin président de l’IRCEC et du RAAP, organismes qui gèrent les retraites complémentaires des artistes auteurs, répond et tente de se justifier sur le site spécialisé Actualitté. Extrait :

« Qu’attendez-vous des administrateurs de votre caisse de retraite complémentaire, si ce n’est d’assurer une retraite décente à ses cotisants ? Si tel est bien le cas, il faut considérer les réalités d’aujourd’hui ; celles qui nous ont portés vers une évolution. Actuellement la retraite moyenne versée aux 8 819 retraités du RAAP est à ce jour de 1 540 € annuels, soit 128,33 € par mois. S’agit-il bien d’une retraite ? Sommes-nous dans la dignité ? Car dans ces conditions, il ne faut pas s’étonner si nombre d’artistes auteurs retraités font aujourd’hui appel à des aides sociales d’urgence. Vous-même, envisagez-vous de vous trouver demain dans cette situation ?
La raison pour laquelle le montant moyen des retraites versées est si bas tient à ce que la grande majorité des auteurs cotise dans la classe dite « spéciale », laquelle a des effets pervers. Elle donne en effet l’impression de s’assurer une retraite à bon compte. De fait, si les cotisations restent d’un montant très raisonnable, les sommes versées aux retraités sont dérisoires. »

A lire sur le même site la tribune de Tarek Ben Yakhlef qui a fondé avec plusieurs autres dessinateurs Tartamudo une structure indépendante de création et de production d’albums.

Illustration : publicité clandestine ironique.

748 dessinateurs écrivent au ministère de la Culture

Mercredi 11 juin 2014

« Depuis l’annonce de cette réforme, des auteurs, certains très précarisés, d’autres ayant vendu des centaines de milliers de livres, ont déclaré qu’ils abandonnaient le métier. Ils sont écœurés, fatigués et ne croient plus en des lendemains meilleurs alors qu’ils sont les premiers acteurs, et pourtant les plus mal lotis, de la chaîne du livre. Au rythme où vont les choses, leur exemple sera bientôt suivi par de nombreux confrères. »

Ces lignes sont extraites de la lettre envoyée par 748 dessinateurs et scénaristes à la ministre de la Culture Aurélie Filipetti. Ils protestent contre l’augmentation subite de la cotisation de la retraite complémentaire obligatoire qui passerait de 1 à 8% à l’horizon 2016, comme l’indique le site ActuBD qui publie ce document (format PDF). Un courrier où figurent de grandes signatures de la BD mais aussi quelques dessinateurs de presse (Pétillon, Geluck, Catherine Meurisse, Nicolas Pinet, Soulcié, Berth, Goubelle).

Dans un des commentaires à cette lettre, un internaute écrit :

« Quand aux éditeurs… Il y a de tout. Je pense que Guy Delcourt et Jacques Glénat ne sont pas les nouveaux pauvres de la BD. La courbe du chiffre d’affaire augmente d’année en année alors que celui des auteurs à la courbe totalement opposée et qui s’écrase la g… En clair, chez ces éditeurs, les auteurs deviennent de plus en plus pauvres et les éditeurs de plus en plus riches. Il y en a qui se sucrent et d’autres qui n’ont même pas de quoi mettre du beurre dans les pâtes. Le ras le bol est général et le silence incroyable des éditeurs ne va pas aider à ce que ça s’améliore. Il est temps que les auteurs maitrisent eux même le fruit de leur travail. Si les éditeurs ne sont plus en mesure d’assurer un minimum de revenus aux auteurs, il est grand temps de s’en passer. »

Illustration : dessin de James qui figure dans la lettre à la ministre.

Humour vache et petites bouses

Lundi 2 juin 2014

Depuis quelques années, ce blog ne reçoit plus directement des informations ou des invitations provenant du sympathique Salon international de la caricature du dessin de presse et d’humour de Saint Just-le-Martel.
Peut-être à cause d’une remarque fortuite sur la laideur de leurs publications promotionnelles, ou sur l’emphase de leurs éditos auto-satisfaits, ou alors en raison d’un commentaire sur leur site internet, dépassé,  indigne (mais paraît-il en réfection) d’une « Capitale incontestée de la caricature, du dessin de presse et d’humour » (sic) qui accueille par ailleurs un « Centre permanent du dessin de presse et d’humour » ? On ne sait pas.

Cependant notre boîte aux lettres risque encore de rester désespérément vide après la vision du carton d’invitation de l’exposition « Entre… chats de la mi-juin à la mi-août !! » (en illustration).
Les dessinateurs se plaignent suffisamment de la maltraitance de leurs dessins dans les journaux pour ne pas réagir à ce type de massacre graphique (on passera sur la faute d’accent).

Une mise en page doit mettre en valeur ce qu’elle veut montrer et non pas démontrer que le maquettiste est un expert en manipulation de logiciels informatiques.
Tant pis si les dessinateurs acceptent cette atteinte à leur travail, mais on peut aussi se demander comment le talent de Loup, (Ex ?) directeur artistique de St Just, peut cautionner une telle bouillie visuelle en y voyant son nom associé ? ff

Le Mondial du foot et de la honte

Jeudi 22 mai 2014

Ce dessin (en illustration) de l’artiste brésilien Paulo Ito, 36 ans, circule beaucoup sur les réseaux sociaux, comme le raconte Clément Guillou sur le site Rue 89.

Une image réalisée à l’occasion de la prochaine coupe du monde de football qui va se dérouler en juin 2014 au Brésil et dont le coût de l’organisation – 11 milliards de dollars – provoque la colère de la population locale qui souffre du chômage et de la pauvreté, comme le rappelait indirectement Michel Platini, président de l’Union Européenne des Associations de Football.

Ce dernier a récemment demandé aux Brésiliens de mettre en exergue le temps du Mondial leur revendications : « Faites un effort pendant un mois, calmez-vous ! Si les Brésiliens peuvent attendre au moins un mois avant de faire des éclats sociaux, ça serait bien pour l’ensemble du Brésil et la planète football »…

A lire aussi l’interview (en anglais) de Paulo Ito dans Slate.

Les autres œuvres de ce graffeur sur son compte Flickr.

Merci à J.T.

Rions (un peu) avec les contrefaçons

Samedi 22 mars 2014

Message du dessinateur Lefred Thouron trouvé sur le blog de Fluide Glacial, extrait : « Un certain Beauxyeux91, qui n’a pas froid aux, commercialise sur Ebay des dessins de presse “originaux” et sa petite entreprise a l’air de prospérer. La marchandise s’écoule. Pourtant, le monsieur ne s’embarrasse pas d’états d’âme et fourgue des faux plus faux que faux, tellement faux qu’ils en deviennent plus marrants que les vrais. » [...]

Sur le site marchand d’enchères on découvre en effet un vendeur inscrit depuis 2009 (100% d’évaluations positives) résidant à Bondoufle (91070), qui propose sous l’appellation fallacieuse de « dédicace », non seulement un dessin de Lefred Thouron, mais aussi des dessins de Cabu, Charb, Gébé, Bernar, Luz, au total 21 dessins, qu’il a lui-même redessinés au stylo-feutre, mis en couleurs, et qu’il écoule au prix unique de… 10 euros (+ 4,60 euros pour les frais de livraison en « recommander »). Beauyeux91 indique également « ( achat grouper possible ) ».

Si la législation permet la copie, il s’agit dans ce cas de contrefaçons, « l’auteur » allant jusqu’à imiter la signature des dessinateurs. Une curiosité qui pourrait n’être que risible si le vendeur n’essayait d’en faire un commerce ( assez dérisoire il est vrai).

Quelle drôle d’idée ?

Samedi 8 mars 2014

Un dessinateur italien AleXsandro Palombo pour dénoncer les violences faites au femmes a, selon Le Point (et nombre de médias), « décidé de mettre son crayon au service de cette cause » et « met en scène les héroïnes de notre enfance avec œil au beurre noir et contusions et pose cette question : « Quel genre d’homme êtes-vous ? » suivi du mot STOP. »

Si graphiquement les images empruntées à d’autres, peuvent avoir un impact visuel fort, on peut se demander si le lecteur plongé dans un monde imaginaire fera la relation avec la brutalité des violences quotidiennes faites aux femmes.

D’autant plus que les médias friands de ce type de concept « amusant » le relaient à satiété, notamment à l’occasion du 8 mars journée internationale des droits des femmes, et sans se poser de questions.

Un sujet dramatique qui mérite mieux qu’un simple artifice graphique déconnecté de toute réalité. Comme trop souvent dans la communication humanitaire la simplification et l’esthétisation du message nuisent au sens qu’il devrait porter. La caricature mal utilisée peut aussi avoir ses limites.

Petite revue de presse autour de cette initiative établie par le blog Humorchic (ça ne s’invente pas) du dessinateur : http://www.humorchic.blogspot.fr/