Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Willem’

Delfeil de Ton fait revivre Hara-Kiri hebdo

jeudi 21 avril 2016

Affiche_Delfeil_BlondeauxLongtemps, Moi, Odile, la femme à Choron (Mengès) et Bête et méchant de Cavanna (Livre de Poche), lus et relus, ont été mes livres de chevet. Ce sont ces récits qui m’ont donné envie de créer un journal, un journal satirique (et qui sait, de recommencer…). Aujourd’hui, je peux rajouter à ces deux titres Ma véritable histoire d’Hara-Kiri hebdo de Delfeil de Ton, publié par Les Cahiers dessinés.

Tous les noms qui ont fait la réussite de cette aventure éditoriale hors-normes, Cavanna, Choron, Reiser, Cabu, Wolinski, Gébé, Fred, Pellaert, Fournier, Topor, Siné, Willem, y sont. Et on se demande, une fois de plus, comment il a été possible de réunir tant de talents et les faire travailler ensemble sans la présence d’un directeur des ressources humaines ;-). Delfeil de Ton y parle aussi un peu de lui, normal, il y était, et franchement il l’écrit drôlement bien cette histoire. ff.

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Le 28 avril 2016, le Café Bête & Méchant à Paris organise une soirée exceptionnelle autour de trois livres édités par Les Cahiers dessinés, en présence de Delfeil de Ton, de Pascal Blondeaux pour Berck de Gébé, et de Alexandre Devaux pour Topor Voyageur du livre et Topor Dessinateur de Presse, qui nous parlera sans doute de l’exposition que la BnF consacrera en 2017 à ce dessinateur.

Café Bête et Méchant, 18, rue Montreuil 75011, Paris. A partir de 19 h.

Faut-il boycotter le festival BD d’Angoulême ?

mercredi 24 février 2016

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-1974-Hugo-PrattEn quelques décennies l’univers de la BD est passé du stade artisanal à un monde industriel porté par la médiatisation et le succès de quelques titres emblématiques. La principale vitrine de cette évolution a longtemps été le festival de la bande dessinée d’Angoulême, point de rencontre annuel entre les lecteurs et les professionnels du milieu, auteurs, éditeurs.

Créée en 1973 par une équipe d’amateurs passionnés réunis en association à but non lucratif, la manifestation a été ensuite reprise en main par une société de droit privé 9ème Art+ dirigée par Franck Bondoux. Longtemps, pouvoirs publics, éditeurs, auteurs, et public, ont trouvé leur compte dans cette formule clés en mains et ne se posaient pas de questions.

Mais voilà, l’usure (43 éditions) et la volonté de 9ème Art+ de vouloir s’accaparer sournoisement toutes les commandes a commencé à être problématique. En 2015, le festival a été « sauvé » par un hommage circonstancié à Charlie Hebdo, mais en 2016, plusieurs faux-pas importants ont entaché l’organisation de l’événement – « oubli » des auteures dans la sélection du grand prix, fausse remise des prix.

Des dérapages qui ont même fait les titres de la presse internationale et aujourd’hui suscitent une bronca de nombreux éditeurs menaçant dans un communiqué de ne plus participer à ce rassemblement.

Affiche-Salon-bande-dessinee-angoulemes-2014-Willem Les jours de la société commerciale 9ème Art+ à la tête de l’organisation semblent comptés, cependant cette éviction nécessaire ne résoudra aucun des problèmes en suspens et il faudra avoir beaucoup d’imagination pour sauver le festival (sans oublier toutes les activités parallèles que le festival a fédéré à Angoulême, Musée, production de dessins animés, etc.).

Si l’art de la bande dessinée a gagné la reconnaissance du public et des médias, il n’en reste pas moins un univers fragile avec une surabondance de parution d’albums, et surtout la paupérisation des auteurs soulignée par les récents Etats généraux de la BD.

Retrouver une dimension humaine, basée sur la création et les auteurs plus que sur le tiroir-caisse, est le principal défi qu’auront à affronter les prochains organisateurs. ff

La première affiche du « salon » de la BD d’Angoulême (dessin d’Hugo Pratt) et l’affiche de 2014 signée Willem.

Quand Charlie réécrit l’histoire

samedi 16 janvier 2016

Nouveau site Internet pour Charlie Hebdo, réalisé avec semble-t-il les moyens qui manquaient aux éditions précédentes. Cependant dans l’histoire du journal on peut lire :

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Etant à l’origine de ce projet je peux certifier que Philippe Val n’en a jamais été le rédacteur en chef à ses débuts, et que, en aucune façon, il n’a été à l’initiative de ce titre.

C’est Cabu et son biographe Jean-Paul Tiberi qui ont soufflé mon nom à l’éditeur Jean-Cyrille Godefroy sachant que j’étais porteur d’un projet de journal satirique depuis plusieurs années et que nombre de dessinateurs, qui seront présents dès les premiers numéros, me soutenaient.

Non seulement j’ai préparé durant plusieurs mois la sortie du journal, mais j’en ai aussi assuré pleinement la rédaction en chef et le secrétariat de rédaction pendant les trois premiers mois. J’ai démissionné à ce moment là, ne voulant pas entrer en conflit avec Cabu qui souhaitait imposer Philippe Val comme rédacteur en chef « pour les textes ». L’hebdomadaire La Grosse Bertha vendait alors entre 18 000 et 20 000 exemplaires.

En raison de l’opposition d’une grande partie de la rédaction, Philippe Val n’a pu accéder au poste de rédacteur en chef que dans les derniers mois d’existence du titre. En désaccord avec l’éditeur il a alors démissionné brutalement pour refonder Charlie Hebdo, emportant avec lui une partie de l’équipe.

Je n’ai pas pour habitude d’utiliser ce blog pour évoquer mes activités professionnelles, ni même personnelles, mais après la parution du livre révisionniste C’était Charlie, dans lequel Philippe Val réécrit l’histoire à l’aune de sa prétention, je ne pouvais pas laisser raconter n’importe quoi à propos de La Grosse Bertha et de sa courte histoire sur le site d’un journal dont une partie de l’équipe semble, hélas, toujours inféodé à son ancien directeur mythomane.

J’espère vivement que le site de Charlie sera modifié en ce sens. f.f.

Pour compléter cette mise au point (définitive) je vous recommande la lecture de Mohicans de Denis Robert (Julliard) et la lettre ouverte collective envoyée à l’éditeur de Philippe Val rectifiant les allégations et mensonges contenus dans C’était Charlie (Grasset).

En illustration, 3 pages du n°1, avec des dessins de Willem (qui redessinera le logo du titre), Siné, Cabu, Willem.

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Mric illustre la cuvée 2015 de La Ficelle-St Pourçain

mardi 15 décembre 2015

FicelleMric Réaliser une étiquette pour La Ficelle de Saint-Pourçain est une tradition à laquelle ont déjà contribué nombre de dessinateurs : Avoine, Mric-La Ficelle 2015-2Barbe, Barberousse, Barrigue, Blachon, Bridenne, Rik Cursat, Dubouillon, Faujour, Jy, Honoré, Laville, Loup, Mose, Napo, Nicoulaud, Piem, Roche, Sabatier, Soulas, Tignous, Trez, Lerouge, Samson, Willem, Carali, Lasserpe.

Cette année, c’est Mric ( Siné Mensuel, Psikopat, Marianne, L’Equipe ) qui signe le dessin de la cuvée 2015. A noter que la 29ème édition de la Ficelle rend un hommage particulier aux dessinateurs Honoré et Tignous disparus dans l’attentat de Charlie Hebdo en janvier.

En illustration, la présentation du dessin de Mric ( photo : Philippe Bigard / La Montagne ), les dessins d’Honoré et Tignous réalisés en 2005 et 2006, et le magnum dédié aux deux dessinateurs (Doc. La Montagne).

A lire sur le sujet l’article du site Greta Garbure. Merci à A. C.

Ficelle HonoreFicelle TignousLa Montagne 6 decembre 2015

Constellation graphique

mercredi 28 octobre 2015

487214La galerie Corinne Bonnet présente, du 6 novembre au 15 décembre 2015, l’exposition collective « Au-delà, atlas des visionnaires », sous la direction d’ Olivia Clavel, avec la participation de Stéphane Blanquet, Didier Captain Cavern, Olivia Clavel, France de Ranchin, Astrid de La Forest, Richard Di Rosa, Fury, Medi Holtrop, Philippe Lagautrière, Lulu Larsen, Elli Medeiros, Mosner Ricardo, Muzo, Kiki Picasso, Placid, Jacques Pyon, Michel Quarez, Tristam, Anne Van der Linden, Willem, l’esprit de Pascal Doury, une communication télépathique de Pacôme Thiellement, la musique originale des King’s Queer (Laetitia Grib Fistarol) et les photographies d’Pacôme Thiellement.

Vernissage le 5 novembre 2015.

Galerie Corinne Bonnet, Cité artisanale, 63 rue Daguerre, 75014 Paris. Du mardi au vendredi de 14h à 19h / Le samedi de 15h à 19h/ où sur rendez-vous.

C’était (sic) Charlie…

lundi 26 octobre 2015

1540-1Déjà le titre « C’était Charlie ». Au passé. Sympa pour ceux qui continuent à le faire vivre aujourd’hui. Ensuite, la présentation totalement absconse de l’auteur, extrait : « Puis, la presse et Internet se sont mis à grouiller d’articles, de dossiers, de tribunes où les fondateurs du second Charlie, dont il ne reste que trois survivants, étaient représentés comme des petits malins qui avaient publié les caricatures de Mahomet pour gagner de l’argent et disparaître avec la caisse ».

Voilà.

Un nouveau livre de Philippe Val est annoncé pour le 12 novembre 2015.

9782260029014Pas de chance pour lui, celui de Denis Robert « Mohicans » (Julliard) paraît une semaine avant et, si les journalistes s’en donnent la peine…, ils pourront y trouver toutes les bonnes questions à poser (et les preuves) à Philippe Val pendant sa promo, demander des précisions à celui qui a réussi à détourner l’héritage, les bénéfices, et la petite monnaie de Charlie Hebdo 2 à son profit.

Cavanna a écrit dans Lune de miel (p. 279 – Grasset) : « Je n’ai rien vu. Je n’ai pas vu le ver dans le fruit. Je n’ai pas vu que notre journal était devenu un marchepied pour ambitieux visant très haut ». Cavanna, à qui l’ancien actionnaire majoritaire de Charlie doit sans doute rendre un vibrant hommage après l’avoir spolié avec l’aide de son avocat (c’est aussi dans « Mohicans »).

J’allais oublier, dans son texte, Philippe Val omet de citer dans « l’équipe joyeuse et géniale », Tignous, Honoré, Willem. Des oublis terribles pour quelqu’un qui a « décidé d’écrire ce livre. Pour la mémoire des morts et l’honneur des vivants. » ff.