Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Willem’

Des dessins de presse à la fête de Lutte Ouvrière

Dimanche 19 mai 2013

Pour la deuxième année successive l’organisation politique Lutte Ouvrière propose une exposition de 24 dessinateurs de presse dans le cadre de sa fête annuelle qui se déroule à Presles (Val-d’Oise) du 18 au 20 mai.

En 2013, ce sont Aurel, Bado, Ballouhey, Bauer, Berth, Besse, Brouck, Cambon, Charb, Chimulus, Coco (qui signe l’affiche – en illustration), Dubouillon, Faujour, Félix, Giemsi, Honoré, Lasserpe, Lupo, Malingrëy, Ramine, Rodho, Rousso, Sondron, Soulcié, Willem, Wingz, Ysope, qui commente l’actualité.

Après l’opération de collecte de dessins pour soutenir les salariés de PSA en lutte, le parti trotskyste confirme son intérêt pour ce moyen d’expression, qu’il ne va quand même pas jusqu’à utiliser dans ses publications.

A noter une « nouvelle attraction », une « Cité des Arts », avec des ateliers pour s’initier au dessin, à l’aquarelle, et des mini-conférences sur des peintres, Manet, Courbet, Rembrandt (en personne), et leurs tableaux.

Willem distingué par le festival d’Angoulême – 2

Lundi 4 février 2013

La désignation « surprise » de Willem comme Grand prix d’Angoulême 2013 suscite déjà des commentaires (à lire notamment sur ActuaBD.com) dans le milieu de la bande dessinée plus habitué à encenser des gens du sérail que des créateurs qui ne font pas que de la BD et qui vendent à 2 000 exemplaires comme le dit lui-même notre néerlandais national.

Mais voilà, il faut savoir que cette année au festival de la BD d’Angoulême le lauréat du Grand Prix a été désigné selon une nouvelle procédure de scrutin par les auteurs de BD présents et accrédités au festival. La liste du vote comprenait les noms Pierre Christin, Cosey, Nicolas de Crécy, Hermann, Manu Larcenet, Lorenzo Matotti, Alan Moore, Katsuhiro Otomo, Marjane Satrapi, Joann Sfar, Posy Simmonds, Jirô Taniguchi, Akira Toriyama, Jean Van Hamme, Chris Ware et Willem. Au final c’est  l’Académie des grands prix qui a départagé les cinq noms arrivant en tête.

Sur les 1 500 auteurs présents à Angoulême, 537 ont voté, Le vainqueur était, jusqu’à cette année, choisi uniquement par l’Académie des Grands prix, qui regroupe les anciens lauréats.

Palmarès additionnel du 40e Festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

Fauve d’or du Meilleur album : Quai d’Orsay Chroniques diplomatiques. Tome 2 (Dargaud) de Christophe Blain (dessin) et Abel Lanzac (scénario), (voir illustration).

Prix spécial du 40e Festival pour l’ensemble de son œuvre: Akira Toriyama (Japon) auteur de Dragon Ball.

Prix spécial du jury : Le Nao de Brown (Akileos) de Glyn Dillon (GB).

Prix de la Série : Aama. Tome 2. La multitude invisible (Gallimard) de Frederik Peeters (Suisse)

Prix Révélation : Automne (Nobrow) de Jon McNaught (GB).

Prix du Patrimoine : Krazy Kat. 1925-1929 (Les Rêveurs) de l’Américain George Herriman décédé en 1944.

Prix du Public Cultura : Tu mourras moins bête (Ankama) de Marion Montaigne.

Fauve du Polar SNCF : Castilla Drive (Actes Sud/L’An 2) d’Anthony Pastor.

Fauve Jeunesse : Les Légendaires Origines. Tome 1 (Delcourt) de Sobral et Nadou.

Willem Grand prix d’Angoulême 2013

Dimanche 3 février 2013

Le Grand prix du 40ème festival de la bande dessinée d’Angoulême a été attribué au dessinateur Willem, non pas uniquement pour ses dessins qui paraissent régulièrement dans Libération, Charlie Hebdo ou Siné mensuel, ni pour son dernier album « Dégueulasse » (éditions Les Echappés), mais pour l’ensemble de son œuvre qui a débuté en Hollande dans Vrij Nederland (1962), et en  France dans L’Enragé (1968), et s’est poursuivie dans les publications des éditions du Square Hara Kiri mensuel, l’hebdo Hara-kiri, etc. jusqu’à aujourd’hui.

Un travail déjà honoré depuis des années par de nombreux prix – Grand prix d’Epinal, Prix de l’Humour noir Granville, Grand prix national des Arts graphiques, et une exposition au Centre Pompidou à Paris, mais qui, avec ce nouveau prix très médiatisé, va toucher un plus large public.

Une distinction attribuée à un dessinateur sans concession, ni éditoriale, ni graphique, et pour qui le dessin est une véritable passion comme il le déclarait en 1985 :

« Si  je ne dessine pas pendant quatre jours, je suis malade… Je ne peux pas m’imaginer vivre sans faire du dessin. Oui, je serais dans la merde si je ne dessinais pas… ça me sauve. Oui, ça m’aide à survivre. »

Normalement (l’organisation du festival bouge beaucoup en ce moment…), le lauréat du grand prix d’Angoulême est le maître d’œuvre de l’édition suivante, on attend avec impatience celle de 2014. On en reparlera d’ici-là.

En illustration, un autoportrait de Willem paru dans le magazine Zéro et republié dans le catalogue de l’exposition que lui a consacré la ville d’Epinal en 1990.

Disparition d’Isabelle Soulié

Jeudi 10 janvier 2013

Sous la signature Isabelle Cabut (le nom de son premier mari), elle fût la rédactrice en chef du mensuel La Gueule Ouverte qu’elle co-fonda en 1972 avec Pierre Fournier et Arthur (Henri Montant). Ce journal qui déjà à l’époque parlait d’écologie et annonçait la fin du monde, deviendra hebdomadaire en 1974 avant de fusionner en 1977 avec le périodique pacifiste Combat non violent. Il cessera définitivement de paraître en mars 1980.

La Gueule Ouverte, publiera de nombreux dessinateurs de l’équipe Hara-Kiri qui l’éditait : Fournier, Cabu, Gébé, Hugot, Willem, Philippe Bertrand, Soulas, Nicoulaud, entre autres.

A écouter, l’émission consacrée à La Gueule Ouverte par France Culture en 2006.

Isabelle Soulié était la mère de Mano Solo (Emmanuel Cabut), chanteur et dessinateur, disparu en 2010. Avec son mari actuel Jean-Louis Soulié elle avait fondé Ricochets, un journal publié à Ozoir-la-Ferrière où elle a vécu.

Un grand album de Willem

Vendredi 4 janvier 2013

Une des très bonnes nouvelles de ce début d’année 2013 est la parution le 17 janvier de l’album de Willem « Dégueulasse » aux éditions Charlie Hebdo-Les échappés.

L’éditeur précise dans le dossier de presse : « Pour faire honneur à l’entrée dans notre catalogue de ce graphiste hors-pairs, nous avons privilégié un grand format, et un papier de qualité : 32 pages en 30×40 cm, en couleur. »

A noter que les planches originales de cet album seront exposées au mois de janvier (dates à préciser), à la Librairie-galerie, Le Monte-en-l’air, 2, rue de la Mare, 75020 Paris.

Que vive Cavanna !

Mardi 4 décembre 2012

[...] « On ne peut pas vivre pour vivre. Il faut un but, même bidon. Tous les buts sont bidon, d’accord. Mais cela posé, il te faut quand même un but, un but bidon, d’accord, d’accord, l’essentiel c’est que ça marche, et que tu vives. Un excitant psychique, si tu préfères. Mes excitants avaient été Hara-Kiri et Charlie Hebdo. ça avais été très fort, je galopais dans les brancards, vingt-deux ans à me défoncer, m’obsessionner, emmerder tout le monde avec mes coups de sang et mes déprimes, mais quel pied madame ! Chaque lundi soir était un soir de victoire. Lourds de fatigue et des transes de la catastrophe frôlée, on était là, au chaud, entre voyous. On avait bouclé ! On n’en revenait pas. Chaque numéro d’un journal est une aventure. Chaque numéro de Charlie Hebdo était un pari d’ivrognes. Il fallait être dingues… » [...]

Ces lignes écrites par Cavanna à propos de l’arrêt de la première version du journal en 1981, ont été publiées dans « Cavanna raconte Cavanna » remarquable hors-série de Charlie Hebdo concocté par Virginie Vernay.

Au risque de me répéter, on ne dira jamais assez ce que l’on doit à Cavanna, aspirant dessinateur, polémiste invétéré, écrivain, esprit libre et tempétueux. Je veux parler de ce que lui doit le monde de l’humour, de la satire, et du dessin de presse. Et si « Sépia », a « raté » sa carrière de dessinateur, il a contribué avec Choron à révéler Fred, Gébé, Topor, Wolinski, Reiser, Cabu, Willem, Fournier, et Delfeil de Ton pour l’écriture, entre autres bien sûr. Aujourd’hui, à 90 ans, il est encore la haute autorité morale des plus jeunes qui tentent de maintenir Charlie Hebdo à flots.

Peut-être que le secret de la vie de Cavanna se trouve dans l’album « Cavanna raconte Cavanna » qui vient de paraître aux éditions Les échappés (et qui reprend des éléments du hors-série). Je ne vous dis pas à quelle page, il faut le lire en entier. ff