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le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Philippe Val’

Charlie Hebdo est à vendre

Lundi 1 avril 2013

Conséquence ou pas des innombrables avatars qu’il a connu ces derniers temps – incendie, menaces islamistes, 90 000 euros à verser à Siné – l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo tente de trouver les moyens pour continuer à paraître et à payer ses nombreux salariés. Le départ de Jul et celui de Valérie Manteau responsable des éditions n’ayant dégagé qu’un salaire et demi, la charge financière reste lourde. Toutes les hypothèses sont envisagées mais seule la vente permettrait de renflouer durablement les caisses.

L’équipe du Petit Journal de Canal+ a manifesté récemment son intérêt pour la publication et a même consacré un long reportage à la Une de Charlie sur le Pape et Nabila. Thierry Ardisson qui rêve depuis des années de créer un journal satirique serait également sur les rangs. Parmi les solutions de la dernière chance la rédaction a même envisagé – sur une idée de Wolinski – le retour de Philippe Val au moins en tant qu’éditorialiste, car il serait question qu’il abandonne la direction de France Inter pour rejoindre RTL où il remplacerait Eric Zemmour.

La lassitude gagnerait également les responsables du journal toujours sous protection policière permanente et Riss, moins exposé médiatiquement, qui a déjà pris en charge les éditions Les échappés, remplacerait Charb pressenti pour un poste de rédacteur-en-chef à L’Humanité. Cependant aux dernières nouvelles, en date d’aujourd’hui, l’hebdomadaire serait toujours en vente ce mercredi.

Philippe Val soutient Charlie Hebdo

Jeudi 3 novembre 2011

On attendait une réaction de l’ancien directeur de Charlie Hebdo à  l’incendie criminel des locaux de son ancien journal, et c’est dans Le Figaro.fr / TV mag qu’on la trouve.

Extraits de l’interview de P. Val par Emmanuel Schwartzenberg :

[...] Philippe Val, quelle est votre première réaction à l’attentat dont a été victime Charlie Hebdo ?
Il est inacceptable que des extrémistes, quels qu’ils soient, « foutent » le feu à un journal satirique. Ce qui vient de se passer est un acte de guerre contre la démocratie. Le droit à l’information est un de ses fondements. Depuis la Libération, c’est la première fois qu’un tel attentat a lieu. Qu’il s’agisse d’un acte isolé, ou pas, ne retire rien à la dangerosité du phénomène. Nous ne sommes  pas assez attentifs dans nos démocraties à la prolifération de l’extrémisme. [...]

Cet attentat était-il prévisible ?
Qu’importe !  Au fond, ce qui compte c’est ce qu’on doit avoir le droit de pouvoir faire. La liberté d’expression est sacrée. Elle l’est à Charlie Hebdo tout comme au théâtre de la ville où des intégristes chrétiens sont montés sur scène pour interdire le déroulement de la pièce de Romeo Castelluci. Au-delà de ses opinions, de ses croyances, nous devons tous être soudés autour de la défense de l’état de droit. Quand j avais décidé de publier les caricatures de Mahomet, je savais quel retentissement cela aurait à l’époque et depuis je n’ai pas changé de positions. Aujourd’hui, ce n’est plus moi qui dirige Charlie Hebdo, mais je suis totalement solidaire de ce titre. [...]

Rappel : à l’époque de la publication des caricatures de Mahomet  Philippe Val actionnaire majoritaire du journal s’était attribué une grosse partie (300 000 euros environ) des bénéfices provenant de la vente très exceptionnelle du numéro de Charlie Hebdo qui les avait publiés.  Une partie de la rédaction avait eu droit à des primes sans commune mesure avec ce montant.

Remerciements à F. T.

Cabu sur les ondes

Vendredi 1 avril 2011

Le dessinateur Cabu rejoindrait son ami Philippe Val sur France Inter pour animer une émission satirique le samedi. Il serait entouré de deux humoristes (on parle de Patrick Font dont il a illustré le dernier livre) et d’un journaliste. D’autres dessinateurs ont déjà exercé  leur talent à la radio.

C’est le cas de Plantu, Deligne, Aurel, ou Chaunu, qui racontent leurs dessins sur France Info, ou de Gébé, Gotlib, et Fred qui, il y a quelques années, ont animé avec René Goscinny « Le feu de camp du dimanche matin » sur Europe 1. L’émission était sous-titrée « Nous on fait de la radio parce que ça nous repose les yeux ».

Cette prestation radiophonique sera sans doute promue par Véronique Brachet la nouvelle directrice des relations presse de Radio France nommée par Jean-Luc Hees le 4 octobre 2010 et qui n’est autre à la ville que… Mme Cabu. Le contrat de Cabu serait signé le 1er avril.

À noter que Cabu publie également  « Johnny c’est la France » aux éditions Charlie HebdoLes Échappés,  début avril 2011

Charlie Hebdo 3 la suite

Mercredi 9 mars 2011

Décidément il va falloir que Charlie Hebdo s’habitue à vivre, malgré son départ,  avec l’ombre portée de Philippe Val sur le journal. Libération s’est planté en reprenant des « informations » de la lettre professionnelle Presse News, relayé ensuite par de nombreux autres sites Internet, en annonçant que Cabu, comme Val,  n’était plus actionnaire de Charlie Hebdo. Pourtant il suffisait de lire l’hebdomadaire et de regarder une video de Charb sur le site du journal pour avoir l’information complète, où de venir sur ce blog, pour savoir que Ph. Val avait bien vendu ses actions des éditions Rotatives et que désormais les actionnaires en étaient Charb, Riss, Cabu, Éric Portheault, et Bernard Maris (Oncle Bernard). Question corollaire, on peut se demander pourquoi Cavanna, « inventeur » du titre et fondateur ne l’est pas, mais passons…

En attendant, l’équipe de Charlie Hebdo annonce sur son site qu’elle sera présente au prochain « Salon du livre » qui se déroulera Porte de Versailles à Paris du 18 au 21 mars 2011.

À noter qu’à cette occasion, Cabu dédicacera en exclusivité le samedi 19 mars de 11h à 18h, les 100 exemplaires numérotés de l’édition originale de son prochain livre « Johnny c’est la France », à paraître aux éditions Charlie Hebdo – Les Echappés.

Autre présence sans doute d’un des membres de l’équipe de Charlie au « Salon du livre »,  celle de Jul, un des auteurs les plus prolifiques et à succès, qui vient de publier « La Terre vue du fiel » un recueil de ses dessins sur l’actualité (Dargaud).

En illustration dessin explicite trouvé sur le site de Charlie Hebdo (pour les non-initiés, le patron de France Inter est Philippe Val ex-patron de Charlie) .

Charlie Hebdo 3, enfin !

Jeudi 17 février 2011

On s’en doutait avec les plaisanteries allusives de Luz, Charb le confirme en video dans un vibrant appel aux lecteurs, et dans un encadré paru dans le numéro 974 (16.2.2011) de Charlie Hebdo : Philippe Val n’est plus co-actionnaire principal de la société éditrice de Charlie Hebdo (quid de la société immobilière ?). Comme l’indique le directeur de publication, les actionnaires sont tous désormais des salariés du journal (Riss, Cabu, Bernard Maris, Éric Portheault, et Charb).

Dans le texte intitulé « Comment va « Charlie » ?, Charb remercie les lecteurs qui se sont mobilisés en envoyant des chèques d’abonnement et incite les autres à s’approvisionner dans la boutique en ligne.

Charb annonce aussi l’arrivée de nouveaux collaborateurs, Iegor Gran, Philippe Labarde, pour les textes et précise que « malgré le cruel manque de moyens, nous essayons le plus souvent de faire de la place aux dessinateurs et dessinatrices : Foolz, Schvartz, Coco, Besse, Babouse, Rousso, et d’autres, on espère… ». Une intention mise en pratique cette semaine puisque Charlie publie des dessins des Égyptiens Shennaway et Makhlouf et de l’Algérien Slim, une façon originale de traiter les récents événements du monde arabe.

Commentaire personnel : le passé est le passé, mais j’imagine ce qu’aurait pu devenir Charlie Hebdo, si Philippe Val en avait été débarqué en temps utile par une rédaction qui visiblement peut se passer de sa haute autorité. Certes son principal soutien et ami Cabu eut été un peu triste, mais le journal aurait évité tout un tas d’épisodes malheureux qui lui ont fait plus de mal que de bien. ff


L’appel démocratique de Charlie Hebdo 15-02-11

LE Cavanna

Mercredi 19 janvier 2011

Désolé, je vais parler de moi.

Il y a quelques années je me suis permis d’écrire à Cavanna pour lui expliquer que je faisais partie de cette génération qui avait biberonné à l’esprit libertaire de Charlie Hebdo et que je ne comprenais pas comment lui, Cavanna, LE Cavanna, l’anticonformiste, le pourfendeur d’idées toutes faites, pouvait céder en viager à Philippe Val, arriviste patenté et boursouflé de lui-même, un titre aussi mythique.

Cette missive impudente ne me valut aucune réponse mais une sévère réprimande de Cabu offusqué que je puisse m’adresser en ces termes à son père spirituel.

Le temps m’a donné raison, et Val, celui que j’ai toujours considéré – dès 1992 -, comme un usurpateur à la tête de Charlie Hebdo, a poursuivi son ascension sociale et médiatique. La seule bonne nouvelle de sa nomination à France Inter c’est qu’il a du restituer aux dessinateurs les commandes de l’hebdomadaire. Il en reste cependant actionnaire de la société éditrice et de la société immobilière qui héberge le journal (merci de me démentir si ce n’est plus le cas). Le bel hold-up.

Pour la défense de Cavanna, il n’est pas le seul a s’être fait gruger par l’ancien comique de variétés et même si beaucoup dans l’équipe continuent à vouer à Philippe Val une admiration sans bornes, c’est Cavanna qui a sauvé l’honneur d’une rédaction tétanisée par les choix à faire lors du licenciement de Siné en 2009.

Cavanna a pris position, nettement, publiquement, et il aura fallu, « l’affaire Siné », pour que je retrouve MON Cavanna. Optant résolument pour la défense de Siné, malgré les sarcasmes de Cabu et de Wolinski qui lui reprocheront par son attitude de mettre en péril le journal. Cavanna en appellera à l’esprit de Charlie, celui d’antan. Celui dans lequel Reiser, Choron, Gébé, Wolinski, Cabu, Delfeil de Ton, Willem, ne se fixaient comme limites que celles de leur talent. À l’époque les rédacteurs en-chef (c’était imprimé « rédacteur-en-chef : toute l’équipe ») ne cherchaient pas l’adoubement de leurs collègues parisiens, ne se vantaient pas de déjeuner avec Laurent Joffrin, ne pontifiaient pas dans les médias, ne fricotaient pas avec le Verts, ne voulaient pas faire de livre avec Jean-Pierre Chevènement, n’interviewaient pas les grands pontes de l’industrie comme Jean-Marie Messier, ne se faisaient pas éditer par BHL, et ne se servaient pas du journal pour favoriser une carrière de chanteur de bluettes en publiant les dates de ses spectacles.

L’audace de cette équipe historique était alors de « chier dans la colle et dans les bégonias » en toutes libertés comme le revendiquera plus tard Siné.

Cavanna est redevenu Cavanna, à mon sens.

C’est lui qui publie aujourd’hui « Lune de miel », un livre témoignage sur sa vie, sur la maladie de Parkinson qui le frappe et la mort qui rôde. Il revient aussi sur les « vingt-cinq ans merveilleux » passés à Hara-Kiri, puis à Charlie Hebdo, l’original, et sur les derniers mois, constatant que ces dernières années le « fabuleux journal de Reiser n’avait existé que pour assurer la promotion sociale d’un ambitieux ».

On a tout juste eu le temps de le faire avec Choron, Georges Bernier, de son vivant, alors n’attendons pas pour célébrer François Cavanna et le remercier de tout ce qu’il a apporté à la liberté de pensée, à l’écriture, et à l’humour. ff

À lire aussi : « Bête et méchant » (livre de poche), pour ceux qui rêvent de vivre l’aventure exaltante de la création d’un journal, et « Cavanna raconte Cavanna », le hors-série de Charlie-Hebdo, pour comprendre pourquoi Philippe Val n’avait aucune chance de devenir Cavanna.

Illustrations, dessin de Charb, Willem et d’Honoré parus dans « Cavanna raconte Cavanna », hors-série de Charlie, toujours en vente.