Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘La Grosse Bertha’

Quand Charlie réécrit l’histoire

samedi 16 janvier 2016

Nouveau site Internet pour Charlie Hebdo, réalisé avec semble-t-il les moyens qui manquaient aux éditions précédentes. Cependant dans l’histoire du journal on peut lire :

HistoireCharlie

Etant à l’origine de ce projet je peux certifier que Philippe Val n’en a jamais été le rédacteur en chef à ses débuts, et que, en aucune façon, il n’a été à l’initiative de ce titre.

C’est Cabu et son biographe Jean-Paul Tiberi qui ont soufflé mon nom à l’éditeur Jean-Cyrille Godefroy sachant que j’étais porteur d’un projet de journal satirique depuis plusieurs années et que nombre de dessinateurs, qui seront présents dès les premiers numéros, me soutenaient.

Non seulement j’ai préparé durant plusieurs mois la sortie du journal, mais j’en ai aussi assuré pleinement la rédaction en chef et le secrétariat de rédaction pendant les trois premiers mois. J’ai démissionné à ce moment là, ne voulant pas entrer en conflit avec Cabu qui souhaitait imposer Philippe Val comme rédacteur en chef “pour les textes”. L’hebdomadaire La Grosse Bertha vendait alors entre 18 000 et 20 000 exemplaires.

En raison de l’opposition d’une grande partie de la rédaction, Philippe Val n’a pu accéder au poste de rédacteur en chef que dans les derniers mois d’existence du titre. En désaccord avec l’éditeur il a alors démissionné brutalement pour refonder Charlie Hebdo, emportant avec lui une partie de l’équipe.

Je n’ai pas pour habitude d’utiliser ce blog pour évoquer mes activités professionnelles, ni même personnelles, mais après la parution du livre révisionniste C’était Charlie, dans lequel Philippe Val réécrit l’histoire à l’aune de sa prétention, je ne pouvais pas laisser raconter n’importe quoi à propos de La Grosse Bertha et de sa courte histoire sur le site d’un journal dont une partie de l’équipe semble, hélas, toujours inféodé à son ancien directeur mythomane.

J’espère vivement que le site de Charlie sera modifié en ce sens. f.f.

Pour compléter cette mise au point (définitive) je vous recommande la lecture de Mohicans de Denis Robert (Julliard) et la lettre ouverte collective envoyée à l’éditeur de Philippe Val rectifiant les allégations et mensonges contenus dans C’était Charlie (Grasset).

En illustration, 3 pages du n°1, avec des dessins de Willem (qui redessinera le logo du titre), Siné, Cabu, Willem.

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Ce malheureux Philippe Val

vendredi 13 novembre 2015

Val MedefJ’ai lu « C’était Charlie » (Grasset) : En dehors du fait que Philippe Val raconte n’importe quoi sur les débuts de La Grosse Bertha, erreurs de récits, de dates*, ce livre n’a d’autre but que de faire le panégyrique de son auteur. A croire que sans lui La Grosse Bertha et Charlie Hebdo n’auraient jamais existé.

Petit résumé (déjà diffusé sur Facebook) : Moi je…, moi je ceci…, moi je cela…, Cabu et moi, moi et Cabu, Cabu et moi. Cabu est tellement cité en caution des agissements de Val que ça arrive à en être suspect de sa part…

Celui qui raconte ne pas avoir assez vu sa mère étant enfant et dévoile qu’il rêvait de devenir Luis Mariano (dommage !), se pose en permanence en pauvre victime menacé de toutes parts, mais n’oublie pas dans de nombreux passages de régler ses comptes avec les gens qui ne l’aiment pas (liste très longue).

Il nomme et flatte les quelques rares qui le soutiennent encore, et surtout, pour corroborer son récit fait parler les morts, qui bien évidemment ne pourront jamais confirmer ce qu’il avance (au hasard : Cavanna, Cabu, Charb, Gébé). Tout le reste n’est qu’un survol des années passées à Charlie Hebdo et le rappel des formidables initiatives qu’il a prises (avec Cabu, précise-t-il à chaque fois), prétexte à parsemer ses phrases des noms de ceux qui l’entouraient et avaient, eux, un réel talent.
Dans les dernières pages Val dit qu’après avoir écrit ce livre, il a eu l’impression de quitter Charlie pour la seconde fois. Il ne réalise même pas qu’il l’a quitté depuis 2009 et surtout que personne ne lui demande de revenir. f.f

 

PhVal 7 janvier* Puisque j’ai le grand privilège d’être cité dans ce livre, je tiens à préciser que contrairement au récit révisionniste de l’auteur, Cabu ne m’a pas « viré » de La Grosse Bertha dès le 3ème numéro : après avoir préparé le lancement pendant 6 mois, je suis resté jusqu’au n°12 en tant que rédacteur-en-chef, et j’ai démissionné parce que je ne voulais pas m’affronter avec Cabu qui voulait m’imposer Philippe Val comme rédacteur-en-chef pour les textes. Le journal vendait alors entre 18 000 et 21 000 exemplaires. Et contrairement à ce qu’écrit Val ce n’est que de longs mois après qu’il est enfin devenu rédacteur-en-chef, la rédaction s’y étant fortement opposée jusque-là.

 

Photos/vidéos : Philippe Val à l’Université d’été du Medef en 2007, et le soir du 7 janvier pleurant ses “amis disparus” dans les médias.

Un hors-série de “dBD” sur le dessin de presse

lundi 23 mars 2015

Cov dBDblogLe magazine dBD consacre un numéro hors-série au dessin de presse satirique, et à un hommage à Charlie Hebdo.

Dans les 96 pages très illustrées de ce dossier, on peut lire de nombreux entretiens, avec des dessinateurs : Siné, Lefred Thouron, Solé, Pancho, des éditeurs : Hervé Desinge, Lionel Hoëbeke, Jean-Louis Chiflet, ou des proches des dessinateurs disparus Marika, Patrick Pelloux pour Charb, Bernard Fournier pour Cabu.

Frédéric Bosser, maître d’œuvre de ce hors-série, publie également un entretien avec Eric Emptaz, rédacteur en chef du Canard enchaîné, et un autre avec Jean-Louis Porquet, dont Cabu illustrait la chronique « Plouf ! » dans le Canard.

Plusieurs autres témoignages, Charlie Bouhana (Cuba Si), José Fort (L’Humanité) Daniel Fuchs (Hara-Kiri), Numa Sadoul (“Dessinateurs de presse”, Glénat), Jean-Michel Ribes (théâtre du Rond-Point), et Ronald Virag (« Bitologue » de Wolinski), complètent ce numéro très riche en anecdotes et souvenirs.

En illustration, la couverture avec un dessin signé Beb-deum.

(Petites précisions : je signe plusieurs articles dans ce numéro (journaux satiriques, la relève du métier) et je répond aux questions de Frédéric Bosser  sur la création de l’hebdomadaire La Grosse Bertha, mais, contrairement à ce qui est indiqué dans l’édito, je ne suis pas « historien » du dessin de presse. Je rajouterai ni spécialiste, tout au plus un passionné et ardent défenseur de ce moyen d’expression. f.f.)

Luz : Dessiner pour Charlie Hebdo

mardi 10 février 2015

image003Texte extrait du livre Dessinateurs de presse de Numa Sadoul (Cabu, Charb, Kroll, Luz, Pétillon, Siné, Willem, Wolinski) (Glénat). L’entretien avec Luz date de 2007 – 2009 :

[…] « – Comment cela se passe-t-il pour les jeunes qui arrivent chez vous, comme Riad Sattouf et Catherine (Meurisse) ? Quelqu’un les présente ?

– Ce sont des gens qui proposent des dessins. Jul a proposé des dessins par fax, très longtemps. Moi j’aimais bien son boulot, Charb aussi, mais tout le monde n’était pas d’accord… Et puis un jour, un de ses dessins est passé ! On a tous débuté comme ça. A La Grosse Bertha, on a fait comme ça. Un qui passe, puis deux, trois, puis neuf, dix… Voilà comment ça marche en général. Catherine, elle était venue nous montrer des dessins, on avait tous trouvé ça plutôt bien. Après, il n’y a pas tant de jeunes que ça qui arrivent… Beaucoup viennent à Charlie sans savoir ce que c’est, sans l’avoir lu, en étant plutôt issus d’écoles de dessin et n’ayant donc pas forcément une vision politique, ou alors ayant une vision politique mais pas forcément le travail du dessinateur derrière. Pour Charlie, il faut avoir une vision un tout petit peu politique, savoir de quoi on parle, et il faut avoir un beau lettrage. » […]

En illustration : capture d’écran du Grand Journal de Canal+, la Une de Charlie non publiée après le massacre du 7 janvier dans les locaux du journal. Dessin de Luz.

Luz-Une-Charlie

Le bêtisier JeSuisCharlie – 9

lundi 2 février 2015

Cavanna 2Avec tout le respect que l’on doit à Mme Fleur Pellerin, ministre de la Culture, qui a déclaré que « pour aider à la relève parmi les dessinateur de presse » elle allait lancer un chantier “visant à proposer une formation dédiée aux illustrateurs de presse, en lien avec la rédaction de Charlie Hebdo », on pourrait lui conseiller de s’occuper en priorité du statut des intermittents du spectacle ou de la précarisation du métier de dessinateur de BD (ce qu’elle s’est engagée à faire à Angoulême).

A moins que ce ne soit une contrepartie au million d’euros que l’Etat va verser au journal par solidarité, on voit mal la rédaction recevoir et former les futurs caricaturistes de la presse française. Et qui sait, leur remettre un diplôme de « fin d’études ».

Heureusement aussi, la satire n’est pas une discipline qui peut s’enseigner dans les écoles.

Cabu, Wolinski, Charb, Honoré, Tignous, étaient de talentueux autodidactes qui n’ont pas « appris » leur métier sur des bancs d’établissements subventionnées par l’Etat, mais dans les pages de journaux comme L’Enragé, L’hebdo Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Canicule, L’Idiot International, ou La Grosse Bertha. Ces titres leur ont permis de développer, en toute indépendance, le mauvais esprit et l’humour nécessaire à l’exercice de ce métier pas comme les autres et qui tient à le rester. En toutes libertés. f.f.

Illustration : Cavanna par Honoré.

Riss nouveau directeur de Charlie Hebdo

mardi 20 janvier 2015

2cd77288414536fec91800f7096935fcRiss (Laurent Sourisseau) le nouveau directeur de Charlie Hebdo est né à Melun en 1966. Après des études de Droit, il publie en 1991, tout comme Charb et Luz, ses premiers dessins de presse dans l’hebdomadaire satirique La Grosse Bertha. L’année suivante il participe à la refondation de Charlie Hebdo avec Cabu, Philippe Val et Wolinski.

Dessinateur autodidacte il pratique aussi bien le dessin d’audience (entre autres il a suivi le procès Touvier), le dessin de reportage, ou la caricature.

Riss est également auteur de bandes dessinées. En février 2007, il publie, juste avant les élections présidentielles, l’album “La Face kärchée de Nicolas Sarkozy” sur des textes de Philippe Cohen et Richard Malka (Éditions Fayard/Vents d’Ouest). Un succès de librairie qui dépassera les 250.000 exemplaires vendus.

Ces dernières années, Riss 18il était aussi le responsable des éditions Les échappés qu’il a créées pour publier les auteurs de Charlie Hebdo.

Sa forte personnalité devrait aider l’équipe à aborder les prochains mois de l’existence de Charlie, avec la reparution effective du journal dans 15 jours, le recrutement de nouveaux dessinateurs et journalistes, la gestion des importantes aides financières reçues avec peut-être l’achat de locaux, et surtout à accompagner le deuil des rescapés du massacre du 7 janvier.

Bibliographie complète de Riss.

Illustrations, couvertures dessinées par Riss.