Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Charb’

Charb le kit de survie

Lundi 30 août 2010

Très long entretien de Charb avec Marc Bihan pour le blog « Morbak is back ». Le directeur de Charlie Hebdo parle du coffret « Sarko, le kit de survie » (éditions 12bis), de la différence entre le Charlie époque Val et celui qu’il dirige, de l’arrivée et de la fin de Siné Hebdo, de ses doutes sur les raisons de l’arrêt de ce journal, des ventes de Charlie :

« Avec les abonnés nous sommes aux alentours de 48000/50000, et ce n’est pas suffisant… »,

de Siné :

«Je ne l’ai pas lâché, c ‘est ce qu’il n’a pas compris ou pas voulu comprendre, ou alors je peux en dire autant de sa part et qu’il ne m’a pas fait confiance. Il ne peut pas affirmer en toute bonne foi que je l’ai lâché, c’est juste qu’il ne supporte pas qu’on ne soit pas avec lui à 100 %», et aussi : « je n’ai absolument rien à reprocher à Siné, et aucune raison d’être fâché avec lui. Il me demande de venir boire un coup,  je viens boire un coup. Je n’ai aucun problème avec lui, maintenant si lui en a un avec moi c’est sûr que c’est chiant.»,

de Philippe Val :

« Il a encore des actions pour quelques temps, mais qui sont bloquées, il ne peut pas siéger au conseil d’administration, il ne peut pas prendre de décisions etc… Ses actions vont certainement être rachetées très rapidement. Pour ma part je n’ai pas de contact avec Val depuis presque un an. », et de la façon de « gérer le plan éditorial de Charlie » de Val : « Il y a une seule chose sur laquelle je n’étais absolument pas d’accord, et qui aurait réduit bon nombre de conflits, il n’y aurait pas fallu d’édito, car ça supposait qu’il y avait une ligne éditoriale très ferme à Charlie et que tout le monde y était soumis, les lecteurs pouvaient constater que ce n’était pas le cas mais hors du journal, l’image pour nous résumer était l’édito, et l’édito c’était Val. Donc les autres journalistes réduisaient la pensée de Charlie à celle de Val ! Ses prises de positions n’étaient pas celles de tout le monde mais c’est son édito qui restait. Depuis il n’y en a plus dans Charlie, je ne veux pas qu’un type seul résume la ligne du journal. »,

et du titre Hara-Kiri :

« Il appartient à Cavanna, et il a cédé le droit d’exploitation du titre à la société Rotative éditrice de Charlie Hebdo, il peut le ressortir mais avec notre accord. Il y a déjà un moment qu’on pense le ressortir, le problème c’est qu’on n’est pas si nombreux et que ça demanderait une infrastructure plus importante, et du temps aussi. Il faudrait faire autre chose que le Hara-Kiri de l’époque, sinon ça ne sert à rien, pas plus qu’un Hara-Kiri qui ressemblerait au Charlie Hebdo d’aujourd’hui. Il faudrait quelque chose de moderne avec un ton original… ».

Intégralité de l’entretien sur le blog Morbak is back

« L’ex-directeur de Charlie Hebdo »

Mercredi 30 juin 2010

Charlie Hebdo avait déjà défendu Stéphane Guillon il y a quelques semaines contre les attaques d’Éric Besson, dans son n°941 (30.6.2010), l’hebdomadaire satirique consacre sa Une (Riss), un édito (Charb) et de nombreux dessins (Schwartz, Tignous, Luz, Jul), au licenciement arbitraire des humoristes Stéphane Guillon et Didier Porte par… Philippe Val, « l’ex-directeur de Charlie Hebdo », nommé directeur de France Inter en 2009 (À noter que «L’ouragan Philippe » tel que le surnomme Cavanna est toujours actionnaire principal du journal, avec Cabu, même si ses actions sont « gelées »).

Dans son texte Charb explique :

« Encore une fois, c’est l’humour qui est pointé du doigt. Les humoristes vont trop loin… On peut se demander pourquoi ils donnent le sentiment au pouvoir d’aller si loin. N’est-ce pas parce qu’en comparaison les « vrais » journalistes politiques ne vont nulle part ? J’ai déjà eu l’occasion de le dire, un journaliste qui lèche outrageusement les pompes d’un puissant ne sera jamais viré d’aucune radio, d’aucune télé. Pourtant, il trahit bien plus sûrement sa profession qu’un comique qui va « trop loin ». Le comique est payé pour ça, aller trop loin. »

À noter également dans le même numéro, une nouvelle définition de l’humoriste par Wolinski (qui nous apprend au passage le tournage d’un film sur lui par Arte) :

« Tous les matins j’écoute France-Inter, et donc j’écoute ces comiques qui ne me font pas rire. L’humour ce n’est pas seulement se moquer du monde, il faut aussi avoir quelque chose à dire. Il faut aussi avoir une certaine grâce, un humoriste n’est jamais méchant sauf avec lui-même, il ne ricane pas, il n’insulte pas, il ne se prend pas au sérieux… Dans ce métier, il faut savoir faire rire même les cons. Mais il ne faut pas faire rire qu’eux. Cela dit, des rigolos, virés, ça ne me fait pas rire, non plus ! »

Lors du départ de Philippe Val pour France Inter, le même Wolinski écrivait dans Charlie (13.5.2009) :

« Tu avais su, à Charlie Hebdo, t’entourer d’une bonne équipe, des femmes, des hommes, lorsque je les regarde à la réunion, je les aime. Je ne peux travailler qu’avec des gens que j’aime, que j’estime, que j’admire. »

En illustration: la Une de Charlie Hebdo et un dessin signés Riss.

Où je ne peux faire autrement que de faire référence à Charlie Hebdo

Lundi 28 juin 2010

En guise de précision : contrairement à ce que pouvait laisser croire la citation de la « zone » de Siné publiée sur Internet et reprise sur ce blog (19.5.2010), l’équipe de Charlie Hebdo « à de rares exceptions près » n’a pas arrosé la mort de Siné Hebdo à la brasserie « ultra-snob de St Germain-des-Près », Lipp.

Ce jour là, quelques membres de l’équipe étaient bien présents dans le restaurant (Wolinski, Cabu, Charb, Wiaz, Jul), mais c’était uniquement pour préparer avec le maire de l’Isle-sur-Tarn, l’exposition « Le « vrai » visage de notre époque » qui se tient actuellement et jusqu’au 31 octobre 2010, au musée Raymond Lafage de cette ville (lire blog 31 mai 2010).

Illustration : Wiaz, Wolinski, Charb et Jul sur le site de La Dépêche du midi.

À noter dans l’article qui présente l’exposition, la définition du dessinateur de presse par Wolinski :

« Pour être un bon dessinateur de presse, il faut être à l’écoute du monde, avoir une culture, même si on nous prend souvent pour des imbéciles, des gribouillards… Il faut être engagé, avoir un point de vue. Si on n’est pas dans un camp, on ne peut pas faire un bon dessin. C’est pour ça que les types de droite sont de moins bons dessinateurs. Ils croient en Dieu et respectent trop de choses. L’humour, c’est aussi ne pas se soumettre et ne rien respecter. Et avoir du recul sur tout… »

Saine lecture

Lundi 21 juin 2010

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Les dessinateurs Charb et Cabu, une partie de l’équipe de Charlie Hebdo (Gérard Biard, Sylvie Coma, Luce Lapin, Valérie Manteau…) et quelques personnalités (Michel Delpech, Antoine de Caunes, Bénabar, Josiane Balasko…) participent au clip de promotion du tome 2 des « Histoire d’urgences » de Patrick Pelloux co-édité par Le Cherche midi et Charlie Hebdo-Les échappés. Le livre est préfacé par Cabu et illustré par Charb.

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Devoir de vacances

Jeudi 17 juin 2010

Mise en page, dessins, thèmes, Catherine, Cabu, Luz, Riss et Charb, ont du s’amuser en concevant et en réalisant « Le cahier de vacances de Charlie Hebdo 2010 ».

En tout cas c’est l’impression que donnent ces « 48 pages de quizz et dessins », en vente dans  kiosques tout cet été (7,50€).

Éditions Charlie Hebdo – Les échappés.

Où en est Charlie ?

Jeudi 10 juin 2010

Charlie Hebdo augmente son prix de vente et passe cette semaine de 2 euros à 2,50 euros. Un temps envisagée également par Siné Hebdo pour sauver le journal, cette augmentation devrait permettre à l’hebdomadaire satirique de faire face à la baisse inexorable des ventes depuis plusieurs mois.

Dans un mot publié en page 3 et sur le site Internet, Charb, le directeur de la publication, justifie ce changement de prix et explique que :

« Nous ne touchons donc pas les aides de l’État dont bénéficient les journaux dits « à faibles ressources publicitaires », puisque, de publicité, nous n’en avons pas. L’indépendance, l’indépendance totale, a un prix. La presse gratuite coûte des millions de compromis éditoriaux, la presse libre coûte, elle, 2,50 euros. Et son existence ne repose que sur vous.

Nous n’avons jamais demandé à nos lecteurs d’acheter Charlie Hebdo par militantisme. Nous n’attendons pas des lecteurs qu’ils fassent le choix de lire Charlie Hebdo uniquement pour montrer leur attachement à un principe. Ce n’est pas pour défendre la démocratie, le pluralisme, la liberté de la presse qu’il faut lire Charlie, mais parce que Charlie est un bon journal. Pardon, un excellent journal. Un journal qui rassemble des rédacteurs et des dessinateurs exceptionnels. Ce n’est pas modeste, mais, si nous pensions faire de la merde, nous irions la faire dans des endroits où l’on est très bien payé pour la faire. »