Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘affaire Siné’

Guy Bedos s’explique sur Charlie Hebdo

mardi 13 janvier 2015

ECH-unes-69-81-400Lu dans 20 minutes :

« Guy Bedos n’est pas apparu dans les médias après la tuerie à Charlie Hebdo parce qu’il n’était «pas en état de paraître. Je pleurais comme un gosse de douze ans. Ça m’a bouleversé. Je le suis toujours et je n’avais pas envie d’aller me montrer. Il ne faut pas mélanger émotion et promotion», a-t-il expliqué à BFM TV. Guy Bedos est également revenu sur une ancienne vidéo de Var-Matin, datant de 2012, dans laquelle il déclarait: «Charlie Hebdo, ce ne sont pas mes copains. Qu’ils crèvent! Je ne suis pas d’accord avec eux. Ils ont pris des risques sur la peau des autres.»
«Je regrette d’avoir dit ça évidemment. Mais ça n’a pas le sens qu’on veut lui donner aujourd’hui, a expliqué l’humoriste. C’est extrêmement malveillant de publier ça aujourd’hui. Qu’ils crèvent! Ah bon? J’aurais pensé ça? Pas du tout. ça voulait dire: «Qu’ils aillent se faire foutre!» Je n’étais pas d’accord avec eux. C’était le langage de Charlie, le mien. On se disait des horreurs. Mais on était copains. On pouvait boire un coup juste après.»
Guy Bedos s’était violemment opposé à Philippe Val et une partie de l’équipe de Charlie Hebdo à l’époque de la publication des caricatures de Mahomet mais également après le licenciement de Siné. A l’époque, il avait déclaré : «Je n’ai pas de leçons d’insolence à recevoir de gens qui se sont couchés devant Philippe Val, qui s’est couché devant Sarkozy pour devenir directeur de France Inter. Dans la résistance, on n’aurait pas été dans le même réseau.» […]

Illustration : couverture de l’album « Charlie Hebdo Les Unes, 1969-1981″. Editions les Echappés.

Siné mensuel passera l’hiver

mardi 26 novembre 2013

L’équipe de Siné mensuel chante, sans doute parce que son avenir est assuré pour encore quelques mois après le bon résultat de l’appel aux dons lancé en octobre. Dans sa mini-zone Siné écrit « Bravo à tous et merci du fond du cœur ! Même fauchés, vous vous êtes défoncés pour nous sauver la mise ! Vous n’avez pas hésité à cracher au bassinet ! Déjà 41000 euros environ ! De quoi durer jusqu’à l’été et couvrir les futures élections-pièges-à-cons. »

Une vidéo avec les dessinateurs Siné, Carali, Berth, Faujour, Jiho, illustrée de dessins de Berth, Lasserpe, Jiho, Mix & Remix, Willis from Tunis, Carali, accompagnait l’appel.

A propos de la chanson précitée, Siné explique « Heureusement, au journal, on ne perd pas le moral, surtout depuis qu’on est un peu renfloué ! Hier soir, presque tous réunis, on a enregistré une chanson anti-FN, écrite par notre ami Étienne Liebig et qui sera bientôt en ligne. La chorale était dirigée de main de maître par un fan de Siné Mensuel, Sanseverino. Les 48 bouteilles de beaujolais nouveau, offertes par Marie Lapierre, ont été séchées dans la plus grande allégresse surtout en sachant qu’il était officiellement interdit d’y goûter avant le surlendemain. »

La video est désormais en ligne et on peut y voir, entre autres, les dessinateurs Mric, Berth, Carali, Flavien, et Desclozeaux.

Autre raison de se réjouir pour le journal, la LICRA a renoncé à poursuivre Siné, après trois procès perdus contre lui, une décision commentée par Delfeil de Ton dans le Nouvel Obs. Cet abandon des poursuites pour « antisémitisme »  devrait conclure, cinq ans après, « l’affaire Siné-Val » déclenchée en 2008 après le licenciement du dessinateur par Philippe Val, alors directeur de Charlie Hebdo, soutenu par presque toute la rédaction.

Siné va-t-il demander à réintégrer Charlie Hebdo ?

mardi 25 décembre 2012

Charlie Hebdo publie à la Une de son n°2071 le jugement de la cour d’appel de Paris qui condamne l’hebdomadaire à verser à Siné 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années (voir blog du 17.12.2012).

Le jugement est illustré par un dessin de Charb, son directeur (ci-contre). Dans un encadré publié à l’intérieur du journal, Charb commente « cette lamentable histoire » et annonce que le journal n’ira pas en Cassation. Extrait :

 […] « Soldons le passé une bonne fois. Solder, ce n’est peut-être pas le bon terme, vu le prix qu’affiche l’étiquette… Sur l’échelle des catastrophes, disons que cette condamnation nous coûte moins cher qu’un incendie criminel, mais plus cher que tous les procès que l’extrême droite nous a intentés depuis vingt ans. On s’en relèvera comme on s’en est toujours relevé de tous les coups durs. » […]

S’il faut sans doute mettre l’amalgame comptable avec l’extrême droite sur le compte de l’amertume, il ne faut pas oublier qu’au départ de l’affaire c’est Philippe Val, alors directeur de la publication, qui a dénié à Siné les droits les plus élémentaires en le licenciant brutalement sous un prétexte fallacieux qui lui aussi a été rejeté par les tribunaux.

Fort de ces jugements, d’après le code du travail, Siné serait désormais en droit de demander sa réintégration dans l’équipe de l’hebdomadaire.

Siné de retour à la Une de Charlie Hebdo

lundi 17 décembre 2012

Très, très mauvaise nouvelle pour Charlie Hebdo à la lecture du communiqué diffusé par Siné mensuel :

Nouvelle victoire pour Siné.
Charlie Hebdo condamné une nouvelle fois par la justice à verser des dommages et intérêts au dessinateur Siné pour rupture abusive du contrat qui le liait au journal depuis 16 années. L’hebdomadaire dirigé par Charb devra également publier sur la couverture, un communiqué judiciaire sur un bandeau de 15 centimètres de haut sur toute la largeur sous peine d’astreinte de 2000 € par semaine.

La cour d’appel de Paris par un arrêt du 14 décembre 2012 confirme ainsi le jugement de tribunal de grande instance de Paris du 30 novembre 2010. La cour condamne le journal à verser 90 000 € de dommages et intérêts et 15 000 € pour les frais de justice au lieu des 40 000 € et des 5000 € attribuées lors du premier jugement.
Charlie Hebdo avait fait appel de la première décision condamnant le journal, pour avoir brutalement mis à la porte Siné. Le journal comptait, ne verser aucune indemnité à son collaborateur.

Petit rappel des faits, le 2 juillet 2008, Charlie Hebdo publiait la chronique hebdomadaire de Siné ou celui-ci fustigeait l’arrivisme de Jean Sarkozy. Le 8 juillet, Claude Askolovitch sur RTL affirmait que celle-ci était antisémite ! Le 16 juillet le dessinateur apprenait dans Charlie Hebdo, sous la plume de Philippe Val qu’il était renvoyé. Pour mémoire, la justice lyonnaise a donné raison au dessinateur jugeant que la chronique incriminée n’avait rien d’antisémite.

L’hebdomadaire n’en finit pas de payer les errements de son ancien directeur Philippe Val, encore « soutenu » aujourd’hui contre tout entendement par des membres de la rédaction. Charlie Hebdo comme nombre de journaux perd des lecteurs et pourra difficilement assumer le montant de cette condamnation. A moins que l’ex-directeur qui s’est grassement enrichi pendant des années sur le dos du journal et de l’équipe ne mette la main à la poche pour régler ses dettes.

En illustration la Une du dernier Charlie Hebdo.

La Licra s’acharne contre Siné

vendredi 13 avril 2012

Décidément « l’affaire Siné » n’en finit pas et l’obstination d’Alain Jakubowicz, avocat et président actuel de la Licra (Ligue Internationale contre le Racisme et l’Antisémitisme) contre Siné commence à devenir étrange. Alors que la justice, pour la troisième fois, vient de reconnaître ces jours-ci que le dessinateur n’était pas coupable d’incitation à la haine raciale, Alain Jakubowicz et la Licra se pourvoient à nouveau en cassation.

Siné mensuel n°8Delfeil de Ton dans sa chronique « Les lundis de Delfeil de Ton », publiée sur le site du Nouvel Obs, refait l’historique de cette plainte contre l’ex-collaborateur de Charlie Hebdo et aujourd’hui patron de Siné mensuel, et s’étonne lui aussi de ces poursuites entêtées.

Mais le plus savoureux dans l’histoire, c’est que tout est parti d’une information publiée dans Libération du 23 juin 2008 et que Siné avait commenté dans son style. Celle-ci indiquait que « le fils de Nicolas Sarkozy, Jean », venait « de se fiancer avec une juive, héritière des fondateurs de Darty, et envisagerait de se convertir au judaïsme pour l’épouser ». Le commentaire était de Patrick Gaubert, alors président, de la… LICRA.

Le texte initial de Siné qui a déclenché toute l’affaire :

« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le parquet (encore lui !) a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »

En illustration la couverture du n°8 de Siné mensuel actuellement dans les kiosques.

Siné contre Sarkozy

vendredi 16 mars 2012

Lettre de Siné à Nicolas SarkozySuite à la diffusion par Canal + d’anciens commentaires de Nicolas Sarkozy sur son compte de campagne Dailymotion (voir video) et dans lesquels il traite Yann Barthès du Petit journal de « con » et Siné de « racaille antisémite », ce dernier a écrit au président de la République pour lui demander des excuses officielles.

Dans le communiqué qui reprend sa lettre à Nicolas Sarkozy (en illustration – cliquer dessus pour agrandir), Siné rappelle qu’il a été relaxé de l’accusation d’incitation à la haine raciale en 2009.

A noter, que Nicolas Sarkozy a récemment traité de « couillon » un jeune journaliste qui l’interrogeait.

Le n°7 de Siné mensuel vient de paraître.