Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Charlie Hebdo’

Wolinski pour mémoire

mardi 2 février 2016

On en sait plus, grâce à Maryse Wolinski, sur la répartition des dons aux familles recueillis après l’attentat du 7 janvier dans les locaux de Charlie Hebdo. Dans un entretien avec Philippe Vandel sur France Info (A écouter Tout et son contraire du 2 février) elle a révélé que l’argent avait transité sur le compte bancaire des Amis de Charlie Hebdo (sic), et qu’un comité de trois sages représentant les ministères de la Culture, de la Justice, de l’Intérieur, allait – dans les 15 jours –, procéder enfin à sa répartition entre les ayant-droits. Maryse Wolinski revient aussi sur ses relations avec le Charlie d’aujourd’hui et la faute d’orthographe sur la plaque commémorative.

Maryse Wolinski a publié en janvier « Chérie, je vais à Charlie » (Seuil) un livre enquête sur les suites de l’attentat et de souvenirs sur sa vie avec son mari Georges Wolinski.

Autres publications, les textes de la pièce « Je ne veux pas mourir idiot » qui a été rejouée au théâtre Dejazet en septembre 2015, et à paraître début février « Fou d’amour », un livre hommage de dessins de Wolinski sur ce thème (les deux titres au Cherche midi). A noter également la réédition du « Candide » de Voltaire, illustré par Wolinski (éditions du Chêne), et la parution d’une nouvelle édition de « Lettre ouverte à ma femme » (1978) sous le titre «  Ça, c’est moi quand j’étais jeune  », avec une préface de Maryse Wolinski.

Livres Wolinski

Sacrées dessinatrices

samedi 30 janvier 2016

Tanxxx« Chevalier mon cul, que crève l’état et le ministère », c’est par ce message sur Twitter que la dessinatrice Tanxxx a refusé sa médaille de Chevalier des Arts et Lettres. Celle-ci a été attribuée par le ministère de la Culture dans un élan de féminisme et de récupération, à un lot de dessinatrices – Julie Maroh, Chloé Cruchaudet, Aurélie Neyret, Marguerite Abouet (sans oublier quelques hommes Christophe Blain, Mathieu Sapin, Riad Sattouf ) à l’occasion du dernier festival de la BD d’Angoulême. Il suffisait de connaître un peu le travail de la dessinatrice pour s’en douter.

14797501Le premier prix « Couilles au cul » imaginé par Yan Lindingre et Fluide glacial a été attribué le 30 janvier 2016 à la dessinatrice Willis from Tunis (Nadia Khiari). Cette initiative a été prise pour compenser le report cette année du prix de la Liberté d’expression créé en 2015 à Angoulême en hommage aux victimes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Sculpture de Denis Hilt.

On n’a pas beaucoup vu cette photo (ci-dessous) dans les médias à l’occasion de la cérémonie d’hommage aux victimes des attentats de janvier 2015. Le dimanche 10 janvier 2016, Coco la dessinatrice de Charlie Hebdo a brandi ces deux images (Charb et Cabu) pendant tout le temps que Johnny Halliday interprétait sa chanson. Source : Twitter @OdieuxBoby

OdieuxBoby

Berck de Gébé

jeudi 28 janvier 2016

9791090875449Le personnage de Berck et ses « aventures » sont la quintessence de l’univers et du talent de leur créateur, Gébé. L’éditeur, et fervent admirateur, Frédéric Pajak a eu la bonne idée de toutes les réunir dans un superbe album (comme c’est toujours les cas dans la collection Les Cahiers dessinés). Un véritable hommage à Gébé (Georges Blondeaux, 1929-2004) dont il ne faut jamais oublier le rôle majeur qu’il a eu dans les domaines de l’humour, du dessin, et de la presse pendant plus de 50 ans : entre autre, rédacteur-en-chef d’Hara-Kiri mensuel de 1969 à 1986, dessinateur, écrivain, découvreurs de nombreux dessinateurs, et (n’en déplaise à Philippe Val), directeur de Charlie Hebdo de 1992 à 2004.

En illustration les différentes éditions de Berck : 1965, éditions du Square, 1978, collection Folio, 1992, éditions La Découverte, 2015, Les Cahiers dessinés.

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Quand Charlie réécrit l’histoire

samedi 16 janvier 2016

Nouveau site Internet pour Charlie Hebdo, réalisé avec semble-t-il les moyens qui manquaient aux éditions précédentes. Cependant dans l’histoire du journal on peut lire :

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Etant à l’origine de ce projet je peux certifier que Philippe Val n’en a jamais été le rédacteur en chef à ses débuts, et que, en aucune façon, il n’a été à l’initiative de ce titre.

C’est Cabu et son biographe Jean-Paul Tiberi qui ont soufflé mon nom à l’éditeur Jean-Cyrille Godefroy sachant que j’étais porteur d’un projet de journal satirique depuis plusieurs années et que nombre de dessinateurs, qui seront présents dès les premiers numéros, me soutenaient.

Non seulement j’ai préparé durant plusieurs mois la sortie du journal, mais j’en ai aussi assuré pleinement la rédaction en chef et le secrétariat de rédaction pendant les trois premiers mois. J’ai démissionné à ce moment là, ne voulant pas entrer en conflit avec Cabu qui souhaitait imposer Philippe Val comme rédacteur en chef « pour les textes ». L’hebdomadaire La Grosse Bertha vendait alors entre 18 000 et 20 000 exemplaires.

En raison de l’opposition d’une grande partie de la rédaction, Philippe Val n’a pu accéder au poste de rédacteur en chef que dans les derniers mois d’existence du titre. En désaccord avec l’éditeur il a alors démissionné brutalement pour refonder Charlie Hebdo, emportant avec lui une partie de l’équipe.

Je n’ai pas pour habitude d’utiliser ce blog pour évoquer mes activités professionnelles, ni même personnelles, mais après la parution du livre révisionniste C’était Charlie, dans lequel Philippe Val réécrit l’histoire à l’aune de sa prétention, je ne pouvais pas laisser raconter n’importe quoi à propos de La Grosse Bertha et de sa courte histoire sur le site d’un journal dont une partie de l’équipe semble, hélas, toujours inféodé à son ancien directeur mythomane.

J’espère vivement que le site de Charlie sera modifié en ce sens. f.f.

Pour compléter cette mise au point (définitive) je vous recommande la lecture de Mohicans de Denis Robert (Julliard) et la lettre ouverte collective envoyée à l’éditeur de Philippe Val rectifiant les allégations et mensonges contenus dans C’était Charlie (Grasset).

En illustration, 3 pages du n°1, avec des dessins de Willem (qui redessinera le logo du titre), Siné, Cabu, Willem.

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Satire Hebdo, Hara Kiri, les faux semblants

jeudi 14 janvier 2016

L9886Pour faire un journal satirique, ou quelque chose qui y ressemble, c’est assez facile. On réunit quelques textes, une poignée de dessinateurs, on réalise une maquette, on l’imprime et on le diffuse avec la complicité de distributeurs pas très regardants.

Ce fut le cas en janvier 2015 après l’attentat contre Charlie Hebdo, avec des journaux vendus en kiosques qui reprenaient sans aucun scrupule des dessins de Tignous ou d’anciennes interviews de Charb ou de Wolinski.

C’est encore le cas aujourd’hui avec Satire Hebdo publication épisodique qui n’a d’hebdo que le titre, et depuis peu Hara Kiri (titre appartenant à Cavanna – cf. Mohicans de Denis Robert), tout deux ayant le même éditeur. Sans véritable rédaction, sans ligne éditoriale, ces titres surfent sur l’intérêt actuel pour Charlie Hebdo et le dessin de presse

Qui sont les éditeurs ?

En cherchant un peu, on trouve imprimé le nom des responsables et notamment celui de Catherine Gaigher, présidente de l’entreprise Oulala créée en 2015, mais également mandataire de 6 autres sociétés People Medias, Gossip People, Oops. A noter que c’est elle aussi qui a déposé en 2009 le titre L’Evènement du Jeudi à l’INPI.

Satire HebdoElle est très, très proche de Frédéric Truskolaski, avec qui elle a dirigé plusieurs magazines, et dont on retrouve le nom dans un article de Rue 89/L’Obs en 2013. Extrait : « C’est ainsi que, tous les mois, des dizaines de milliers de chalandes se font avoir dans les grandes largeurs. Car Frédéric Truskolaski n’est pas avare en papier glacé. Depuis 2009, il a fondé cinq Sarl spécialisées dans la vente de magazines : People Story, Miss, Lolie, 20 Ans et Medias People. Un fastidieux exercice de recensement permet d’estimer que ces sociétés abritent plus d’une trentaine de publications (certaines ont déjà disparu des kiosques), pour des tirages allant de 60 000 à 100 000 exemplaires. »

Le même a lancé le magazine féminin Bridget, « concurrent » de Causette, dont le créateur et directeur Grégory Lassus-Debat explique à Rue 89/L’Obs en 2013 qu’il s’agit d’un plagiat flagrant de son magazine : «  La maquette et la direction artistique ont été repompées à 100%. Et Bridget a le même positionnement éditorial, le même format, le même prix (4,90 €). Même le papier est proche du nôtre, si ce n’est identique. Certaines rubriques ont été clonées, seul le nom étant changé : “ On nous prend pour des quiches ” devient ainsi “ Au secours ”. ».

Dernier point, l’agence Iconovox.com, spécialisée dans le dessin de presse, qui héberge en toute indépendance ce blog, a été contacté pour participer aux deux premiers numéros de Satire Hebdo. Les dessins publiés ont été payés, mais depuis, Satire Hebdo et aujourd’hui Hara Kiri semblent faire appel aux dessinateurs qui les sollicitent.

Les dessinateurs de Satire Hebdo, Sondron et Glon, ont décliné l’invitation à participer au « nouveau » titre  Hara Kiri.

Merci à A. C. pour les liens et infos.

N’oublions pas Charb

vendredi 8 janvier 2016

Ni les autres. A Paris, rue Nicolas Appert.

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