Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Charlie Hebdo’

L’hebdo satirique turc Leman menacé

vendredi 29 juillet 2016

leman-ohalLue sur le site Kedistan, la réaction de l’éditeur du journal satirique turc Leman à la tentative d’agression contre l’hebdomadaire  :

Je pense qu’il n’y a pas de liberté de presse. La preuve la plus concrète est cette attaque qui a été faite au magazine Leman. Aucune chaîne de télévision turque n’est venue pour faire une interview, pas une seule. Personne n’a informé sur ce qui s’est passé. si la presse était libre, cela se serait-il passé comme ça ?

La Turquie n’aime pas les vérités. Il faut que le peuple turc fasse la paix avec les vérités. Ils font l’autruche. Depuis des années, les villes kurdes sont sous état d’urgence. Ils n’ont jamais vu que cet état d’urgence allait tomber sur leur propre tête. Voilà, cet état d’urgence est sur toute la Turquie maintenant.

Ils déchainent sur nous des équipes islamiques fondamentalistes, pour nous faire des pressions de caïds de quartier. Comment donc ne pas être inquiets ? Les menaces sont atroces, « Vous n’avez pas pris votre leçon de Charlie Hebdo ? », « le Daesh a peut être raison », « Nous allons venir incendier vos locaux »… Je pense qu’il est possible de subir des tentatives de lynchages. Voyez-vous un seul policier autour ? Y a-t-il une seule précaution de sécurité ? Non.

Rions un peu (jaune) avec Facebook

lundi 11 juillet 2016

Le dessinateur Babouse a envoyé à un de ses correspondants ce texte à propos d’un dessin publié sur le réseau Facebook :

« Je dois te dire que j’ai reçu un flot de menaces après avoir posté ce dessin sur FB, des islamomoudubulbes, ils ont du signaler le dessin en utilisant la nudité comme prétexte. Je ne peux même plus cliquer sur « j’aime » sur FB, rien. J’avais tenté de poster ce texte, en vain, je te l’envoie, si jamais tu veux le coller pour le partager sinon certains vont se demander pourquoi je suis si absent : Des gentils gens ayant apparemment signalé que j’avais dessiné des totottes et qu’en plus, fait Ô combien aggravant, qu’en plus c’était des goulottes d’une madame en burka sur la plage, le Monsieur Zoukeurbêêêrk il m’a enlevé le dessin (pourtant publié il y a 6 ans dans « Charlie-Hebdo« ) et y m’a prévenu que, houle, vindieu, si ça recommence, brrrrrrrr !!!! Merci donc à Monsieur Zoukerbêêêrk d’obéir aux gentils gens qui m’ont laissé moultes messages (avec tout plein des fautes, hihi) pour me prévenir que nan, nan, nan y sont pas intolérants et tout mais que quand même les frères Kouachichicacaprout hé ben faut les comprendre et/ou que le Monsieur Mahomet il va être tout colère. Donc hé ben d’accord alors, maintenant je ne mettrais plus des dessins avec des roploplos tout nus de madame en sac et, histoire d’être raccord avec le Mr Zoukerbêêêrk de Facebook je me plie humblement à sa volonté, implorant sa miséricorde et, pour preuve, je republierai donc ce dessin avec des modifications qui, me semblent-ils, seront plus appropriées aux valeurs de Facebook et des gentils gens qui pensent pas à mal du tout du tout du tout dès que le Monsieur de Facebook m’autorisera à nouveau à poster mes petits Mickeys sur son site. Voilà voilà voilà… »

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Disparition du dessinateur Manfred Deix

vendredi 1 juillet 2016

51UK3tV66AL._SX378_BO1,204,203,200_Lu dans Le Monde du 28 juin 2016 (article  payant) :

« Dessinés par lui avec un soin maniaque, ses compatriotes autrichiens étaient irrémédiablement laids, bêtes et méchants. Ils ont perdu l’un de leurs plus féroces critiques en la personne du caricaturiste Manfred Deix, mort samedi 25 juin, à 67 ans, au terme d’une longue maladie, dans sa région natale de Basse-Autriche, où il vivait en compagnie de son épouse et de leurs 37 chats.

Moins connu que l’écrivain Thomas Bernhard ou le cinéaste Michael Haneke, Deix a participé à sa manière, durant les années 1980, à la démolition de l’image sucrée que l’Autriche avait construite d’elle-même après la seconde guerre mondiale comme la patrie de Mozart et de l’impératrice Sissi – surtout pas celle d’Adolf Hitler.

Deix 2016Il prenait un malin plaisir à faire sauter la frontière du « politiquement correct », et plus encore celle du mauvais goût. S’il faut lui chercher une parenté en France, ce serait du côté de Reiser et de son « Gros Dégueulasse », plus que de celui de Wolinski ou de Plantu.

Il a donné des dessins à Charlie Hebdo en signe de solidarité après l’attentat meurtrier de janvier 2015 : la satire, écrivait-il, « a tous les droits et tous les devoirs » – à condition, ajoutait-il cependant, « de ne pas allumer des incendies ». »

En France, ses dessins ont été publiés par Actuel et surtout Hara-Kiri mensuel.

Illustrations extraites de l’article (en anglais) publié sur le blog du dessinateur Bado.

Hommages à Wolinski

lundi 27 juin 2016

Hommage WolinskiCette fois-ci pas de faute au nom de Wolinski. Lu dans Arles info : « Le 25 juin, 2016, le bâtiment qui abrite l’école MOPA à Arles a été baptisé au nom de Georges Wolinski.  Le dessinateur de presse, assassiné le 7 janvier 2015 par les frères Kouachi dans les bureaux de Charlie Hebdo avec 10 autres personnes, dont huit membres de la rédaction, avait été président du jury de fin d’année de l’école en 2013 et parrain de la promotion 2014, alors que l’une de ses petites-filles, Georgia, y achevait ses études. Wolinski avait connu Arles et l’école grâce à son ami le dessinateur Jean-Pierre Autheman. »

Et dans Ouest-France : «  Depuis mardi 21 juin et durant tout l’été, l’exposition Hommage consacrée à Georges Wolinski, mise en place à Vannes, à l’occasion du Salon du livre est à découvrir rive gauche du Port. Avec le concours de Paris-Match, seize planches inédites du dessinateur de presse, assassiné lors de l’attentat contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015, sont présentées.

En illustration, dessin de Wolinski extrait de « Fou d’amour », Cherche midi (2016).

Merci au Café Bétémé.

Des nouvelles du « collectif » Charlie Hebdo dans Libé

mercredi 22 juin 2016

Tiens, deux pages sur Charlie Hebdo aujourd’hui dans Libération ? Quoi de nouveau ? Pas grand chose « le journal peut penser plus sereinement à l’avenir ». Sans faire de mauvais esprit, on notera juste que ce type d’article paraît à chaque fois que le journal est mis en cause (en ce moment par la femme de Michel Renaud mort dans les locaux de Charlie le 7 janvier 2015) et il faut bien que Anne Hommel, communiquante de crise (Cahuzac, DSK, Bongo) justifie son omniprésence au sein de la rédaction.

Donc, d’après Libé « l’entreprise Charlie n’appartient plus seulement à elle-même. Symbole ballotté d’injonction en injonction, au gré de ce que chaque Français voudrait qu’il devienne, le journal continue pourtant de se reconstruire dans un climat toujours lourd, mais qui semble plus serein. ». Le journal dévoile que Charlie compte encore 60 000 abonnés et qu’il se vend, d’après le directeur financier Eric Portheault, 60 000 exemplaires en kiosques chaque semaine.

ClhvGAhVAAAIEDmCôté rédaction, on lit que certains « reprochent à Riss son emprise sur l’hebdo » (il est actionnaire à 67%) et son « hommage très nuancé » à Siné, mais la vie continue, «Il y a moins de dessins tristes, constate Portheault. La preuve, on est à nouveau cités chez Ruquier le samedi soir…» Riss abonde : «Toute l’année 2015, on était sous la chape de plomb. On a dû gérer des traumatismes graves, trouver des locaux, gérer la sécurité, les dons… Tout nous renvoyait à l’attentat. En plus, on regardait arriver l’anniversaire de l’attaque avec appréhension… On a rongé notre frein pendant un an et on a vidé notre sac dans le numéro anniversaire début janvier. En franchissant ce cap, on s’est un peu libérés, le ciel s’est dégagé. Notre horizon, maintenant, c’est le journal. On a l’esprit concentré là-dessus.»

Libération constate aussi « la montée en puissance des trois dessinateurs – Juin, Foolz, Vuillemin » qui ont « pris plus de place après la tuerie, aux côtés des deux historiques, Coco et Riss. « On a retrouvé une équipe de dessinateurs à peu près potable, avec des gens qui savent tout faire, du reportage, de la satire, de l’actu, estime le directeur de la rédaction. Désormais, on n’est plus deux autour de la table le lundi [jour de bouclage du journal, ndlr], mais cinq. On a recréé du collectif. Quand on est plusieurs autour de la table, on a plus d’idées, on fait un meilleur journal. On notera seulement que Willem, présent depuis 1969 dans L’hebdo Hara-Kiri devenu Charlie Hebdo, n’est pas cité par Libé comme faisant partie des « historiques ».

Le quotidien nous apprend également que « Riss, qui travaille à une BD sur Marine Le Pen avec Richard Malka – avocat proche du journal » (sic) et « qu’il ne l’avoue pas facilement » mais « il aimerait faire revenir Luz et Catherine Meurisse, qui ont pris leurs distances avec Charlie – la seconde a seulement conservé une chronique. »

Sinon, à propos de l’ouverture du capital aux membres de la rédaction, Eric Portheault (qui en détient 23%) déclare « Dans notre réflexion, ça avance tout doucement. Il est impossible de fonctionner à deux, ce n’est pas viable. Il y a une masse d’argent considérable et la renommée à gérer. Mais ne rentreront dans le capital que des gens en qui il y a une confiance totale et réciproque. On ne veut pas transposer le bordel d’une rédaction dans l’actionnariat.» Expliquer la « confiance totale et réciproque » ce sera sans doute une nouvelle occasion pour Libération de consacrer un énième article à Charlie Hebdo.

En illustration, la Une du Charlie Hebdo n°1248, dessinée par Vuillemin.

Merci à M. C.

Coluche et les dessinateurs

lundi 20 juin 2016

9782253124825-001-TLes 30 ans de la mort de Coluche disparu le 19 juin 1986, suscitent de nombreux hommages médiatiques. Dans l’édition on peut signaler la parution au Livre de poche de « Coluche, l’intégrale des sketches », illustré par des dessins de Cabu et Wolinski, ainsi que « Coluche Putain de mec ! » (éditions du Chêne), de Jean-Pierre Bouyxou.

En 1981, le dessinateur Siné et Charlie Hebdo ont participé à la campagne électorale  de Coluche candidat à l’élection Présidentielle. A cette occasion, le journal a publié de nombreux articles et Siné a réalisé 22 affiches « officielles ». Après le retrait de Coluche, Siné exprima son dépit dans l’hebdomadaire satirique.

866_007Scan10003Sine Coluche