Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Catherine Meurisse’

Paroles de dessinateurs

mardi 25 octobre 2016

Comment dessine-t-on et pourquoi dessine-t-on ? On trouve quelques éléments de réponses dans l’entretien accordé par Charles Berbérian à la librairie Mollat (vidéo) pour la sortie de son livre « Le bonheur occidental » (Fluide glacial), et par Catherine Meurisse à SFR News à l’occasion de la parution de « Scènes de la vie hormonale » (Dargaud).

Extraits :

1581629-mediumCharles Berbérian : […] « Pour la première fois j’ai fait de la caricature politique. Je bricolais comme ça un matin, j’aime bien le matin commencer à dessiner sans trop savoir si ça va être utile, juste histoire d’assouplir la main. C’était une époque où j’avais besoin de réagir aux nouvelles qui nous tombaient dessus toutes les 5 minutes et qui étaient désagréables, éprouvantes cauchemardesques, ou ridicules. Et puis j’ai eu envie pour me défouler de me foutre de la gueule de certains hommes politiques, j’aime pas donner leur nom car ça leur fait de la pub. Ça m’a fait rire et je me suis dis est-ce que je continue ou pas, on verra demain. Le lendemain j’ai continué et je me suis dit ce n’est probablement pas une bonne idée mais ça me fait rigoler quand même. Finalement j’en ai fait 30 pages. » […]

meurisseCatherine Meurisse : […] « Dans les strips avant l’attentat, il n’y avait pas de cases. Ce n’est qu’après que je me suis remise à en tracer. Pour le bouquin, j’en ai même redessiné. J’avais besoin de retrouver une structure. Je ne pouvais plus voir mon dessin m’échapper. J’ai cherché par tous les moyens à me retrouver. Le rythme du strip est aussi différent. Il correspond à l’état d’esprit dans lequel j’étais après l’attentat. Comme j’étais complètement en morceaux, les gags ne venaient plus. Il a fallu que je développe ma pensée, ma narration. Le strip pour cela est idéal : c’est l’illustration d’une pensée fragmentée. Je ne pouvais faire qu’un assemblage de cases avec une chute à la fin pour m’exprimer. C’est pour cette raison que le dessin de presse m’a semblé loin de moi. Il est parti avec mes copains assassinés. » […]

Signatures à la librairie Le Monte-en-l’air (Paris)

mardi 4 octobre 2016

Cette semaine signature de deux dessinatrices à la librairie-galerie le Monte-en-l’air, 71, rue de Ménilmontant / 2, rue de la Mare, 75020 Paris :

Jeudi 6 octobre 2016, Catherine Meurisse pour “Scènes de la vie hormonale” (Dargaud). Signature de 17h30 à 18h30.

Dimanche 9 octobre 2016, Perrine Rouillon pour “Moi et les autres Petites Personnes on voudrait savoir pourquoi…” (éditions Thierry Marchaisse).

meurisseperrrouillon

 

Des nouvelles du “collectif” Charlie Hebdo dans Libé

mercredi 22 juin 2016

Tiens, deux pages sur Charlie Hebdo aujourd’hui dans Libération ? Quoi de nouveau ? Pas grand chose « le journal peut penser plus sereinement à l’avenir ». Sans faire de mauvais esprit, on notera juste que ce type d’article paraît à chaque fois que le journal est mis en cause (en ce moment par la femme de Michel Renaud mort dans les locaux de Charlie le 7 janvier 2015) et il faut bien que Anne Hommel, communiquante de crise (Cahuzac, DSK, Bongo) justifie son omniprésence au sein de la rédaction.

Donc, d’après Libé « l’entreprise Charlie n’appartient plus seulement à elle-même. Symbole ballotté d’injonction en injonction, au gré de ce que chaque Français voudrait qu’il devienne, le journal continue pourtant de se reconstruire dans un climat toujours lourd, mais qui semble plus serein. ». Le journal dévoile que Charlie compte encore 60 000 abonnés et qu’il se vend, d’après le directeur financier Eric Portheault, 60 000 exemplaires en kiosques chaque semaine.

ClhvGAhVAAAIEDmCôté rédaction, on lit que certains « reprochent à Riss son emprise sur l’hebdo » (il est actionnaire à 67%) et son « hommage très nuancé » à Siné, mais la vie continue, «Il y a moins de dessins tristes, constate Portheault. La preuve, on est à nouveau cités chez Ruquier le samedi soir…» Riss abonde : «Toute l’année 2015, on était sous la chape de plomb. On a dû gérer des traumatismes graves, trouver des locaux, gérer la sécurité, les dons… Tout nous renvoyait à l’attentat. En plus, on regardait arriver l’anniversaire de l’attaque avec appréhension… On a rongé notre frein pendant un an et on a vidé notre sac dans le numéro anniversaire début janvier. En franchissant ce cap, on s’est un peu libérés, le ciel s’est dégagé. Notre horizon, maintenant, c’est le journal. On a l’esprit concentré là-dessus.»

Libération constate aussi « la montée en puissance des trois dessinateurs – Juin, Foolz, Vuillemin » qui ont « pris plus de place après la tuerie, aux côtés des deux historiques, Coco et Riss. « On a retrouvé une équipe de dessinateurs à peu près potable, avec des gens qui savent tout faire, du reportage, de la satire, de l’actu, estime le directeur de la rédaction. Désormais, on n’est plus deux autour de la table le lundi [jour de bouclage du journal, ndlr], mais cinq. On a recréé du collectif. Quand on est plusieurs autour de la table, on a plus d’idées, on fait un meilleur journal. On notera seulement que Willem, présent depuis 1969 dans L’hebdo Hara-Kiri devenu Charlie Hebdo, n’est pas cité par Libé comme faisant partie des « historiques ».

Le quotidien nous apprend également que « Riss, qui travaille à une BD sur Marine Le Pen avec Richard Malka – avocat proche du journal » (sic) et « qu’il ne l’avoue pas facilement » mais « il aimerait faire revenir Luz et Catherine Meurisse, qui ont pris leurs distances avec Charlie – la seconde a seulement conservé une chronique. »

Sinon, à propos de l’ouverture du capital aux membres de la rédaction, Eric Portheault (qui en détient 23%) déclare « Dans notre réflexion, ça avance tout doucement. Il est impossible de fonctionner à deux, ce n’est pas viable. Il y a une masse d’argent considérable et la renommée à gérer. Mais ne rentreront dans le capital que des gens en qui il y a une confiance totale et réciproque. On ne veut pas transposer le bordel d’une rédaction dans l’actionnariat.» Expliquer la “confiance totale et réciproque” ce sera sans doute une nouvelle occasion pour Libération de consacrer un énième article à Charlie Hebdo.

En illustration, la Une du Charlie Hebdo n°1248, dessinée par Vuillemin.

Merci à M. C.

Catherine Meurisse vue à la télé

dimanche 19 juin 2016

Extrait de l’émission de Laurent Ruquier On n’est pas couché du 18 juin 2016, dans laquelle Catherine Meurisse était invitée à parler de son album “La légèreté” (Dargaud). C’est réconfortant de voir élever le dessin, et la parole sur le dessin, à un tel niveau (surtout à la télé) Cliquer sur l’image pour voir la vidéo :

CMeurisse

(Merci à Virginie Vernay).

L’émotion de Catherine Meurisse

mercredi 27 avril 2016

CMEurisseCouvertureNous avons été quelques-uns à entrevoir le livre « La Légèreté » de Catherine Meurisse bien avant sa sortie en librairie. C’était le soir de la présentation en avant-première du livre d’Honoré « Petite anthologie du dessin politique » (La Martinière). « Lisez la préface de Philippe Lançon elle est formidable », nous conseillait alors Catherine Meurisse, comme si les mots pouvaient être plus forts que les dessins, ses dessins. Le texte de Lançon est puissant, qui s’en étonnerait, mais comment rester insensible au récit que la dessinatrice fait sur plus de 130 pages du funeste jour où fut massacrée une partie de la rédaction de Charlie Hebdo et surtout, des longs mois de désespoir qui suivirent.

Ce 7 janvier, beaucoup d’entre nous intègreront le mot sidération dans leur vocabulaire face à l’incompréhension de cette tragédie. Ceux qui l’ont vécue au plus près tentent depuis de se reconstruire, physiquement, psychologiquement, professionnellement. Certains ont choisi les mots ou le silence, d’autres comme Luz avec Catharsis (Futuropolis) ont opté pour le dessin. On savait à la lecture de Charlie Hebdo que le dessin pouvait être cruel, goguenard, cynique, iconoclaste, virulent, on découvre avec le talent de Catherine Meurisse qu’il peut aussi émouvoir. ff

La légèreté de Catherine Meurisse paraît le 29 avril 2016 (éditions Dargaud).

A lire aussi, à propos de cet album l’interview de Catherine Meurisse sur le site de l’éditeur. A noter également que le magazine Kaboom publie dans son numéro daté mai-juillet sous le titre « L’après Charlie » une contribution de Blutch sur Catherine Meurisse, et une de Jean-Christophe Menu sur Luz.

Petite anthologie de dessins d’Honoré

jeudi 14 avril 2016

Quelques jours après le massacre du 7 janvier 2015, quatre dessins au pochoir vont apparaître sur les murs à proximité des locaux de Charlie Hebdo 10 rue Nicolas Appert. Ils représentent Wolinski, Cabu, Charb, Tignous, et une fois de plus Honoré sera oublié. Pas longtemps. Catherine Meurisse dévoile dans “La légèreté” l’identité des membres du commando de trois filles qui a rajouté nuitamment le cinquième portrait, mais il faudra attendre le 29 avril date de parution de l’album (Dargaud) pour la découvrir…

Cette anecdote juste pour rappeler que c’est aujourd’hui que le livre d’Honoré “Petite anthologie du dessin politique” (La Martinière) est disponible dans toutes les librairies.

A lire : “Honoré, l’humanité par le dessin” dans L’Humanité (article payant), et “Philippe Honoré, le caricaturiste qui “ne dessinait jamais les victimes” dans L’Express.

(Je sais que je publie beaucoup d’infos sur Honoré mais elles ne combleront jamais l’immense vide laissé par sa disparition et celle des quatre autres dessinateurs de Charlie. Les lecteurs de ce blog dédié au dessin devront s’y faire. ff)

IMG_5146couv Honore