Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Festival’

Dessin de presse et réalité du métier

jeudi 18 mai 2017

Il y aura bientôt plus de prix, d’associations, et de manifestations autour du dessin de presse que de dessinateurs exerçant ce métier.

Lu dans Ouest-France :

Kianoush Caen“Les Rencontres internationales du dessin de presse organisées par le Mémorial de Caen n’auront pas lieu en septembre 2017. L’an dernier, après l’attaque contre Charlie Hebdo, le Mémorial de Caen les avait maintenues. Mais depuis trois ans, le public était moins présent. Et le Mémorial a décidé de revoir la formule pour atteindre un plus large public. « Nous allons organiser un concours de dessin de presse international sur le thème des Droits de l’homme. Il débutera le 11 septembre 2017 et s’achèvera en janvier pour le Concours de plaidoirie à l’occasion duquel nous remettrons le prix au gagnant de ce concours », explique Stéphane Grimaldi, directeur du Mémorial. Le dessinateur de presse iranien, Kianoush Remezani, exilé en France depuis 2009, est chargé de mettre en place ce concours via l’association United Sketches for freedom qu’il a créé avec d’autres dessinateurs de presse et dont le siège est au Mémorial de Caen.”

Quel dessin de presse ?

vendredi 31 mars 2017

france-cartoons-mag1couveLogo France-CartoonsAprès diverses péripéties la FECO-France a quitté FECO-International (FEderation of Cartoonists Organisation) pour devenir France Cartoons, une nouvelle association présidé par Pierre Ballouhey et dont l’objet est « de créer un réseau de communication entre ses adhérents et les autres dessinateurs de presse et caricaturistes existant dans le monde, afin de promouvoir et d’encourager, sous le dénominateur commun du dessin d’humour, la bonne volonté et l’amitié entre les hommes. »

L’association a publié en janvier le n°1 de son web-mag France Cartoons, consultable en ligne gratuitement. Couverture en illustration, dessin de Adene. Le n°2, mars-avril ne devrait pas tarder.

Humeur (qui ne va pas plaire)

Seul problème de ce type d’association, comme d’ailleurs celui de quelques sites et festivals, c’est celui de mélanger allègrement les professionnels qui gagnent leur vie avec ce métier (de plus en plus mal) et la cohorte de dessinateurs « de presse » autoproclamés (surtout depuis le 7 janvier 2015) ne publiant nulle part mais qu’on voit beaucoup sur les réseaux sociaux, et qui, lorsqu’ils sont sollicités, acceptent des tarifs de parution défiant toute concurrence.

Que nombre de passionnés de dessin s’expriment est une bonne chose, et qui sait même si l’un ou l’une d’entre eux ne succèdera pas un jour à Willem, Cardon, voire Plantu ? Mais peut-être faudrait-il qu’ils aient un minimum d’exigence sur leur travail, recherche des idées, originalité du trait, et surtout une obstination sans faille à vouloir exercer pleinement cette profession au-delà d’un sympathique amateurisme.

Tout comme le spectacle qui a engendré une grande série de clones d’humoristes, ou d’imitateurs qui imitent les imitateurs précédents, le dessin dit de presse a vu ses derniers temps se propager une flopée de « dessinateurs » pour qui un surtitre explicatif, une bulle laborieuse, et un ou deux personnages vite griffonnés, font office de dessin.

Sont-ils les seuls « fautifs » ? Si effectivement certains savent mieux se vendre que dessiner, on doit cette situation en grande partie à l’inculture des médias hélas incapables de faire la différence entre un dessin de, au hasard, Cabu, Tignous, ou Charb, et un « dessin » de XXXXX, de XXXXX ou de XXXXX.

Aujourd’hui dans ce domaine tout se vaut, et le dessin fast-food supplante peu à peu la cuisine artisanale en nous proposant trop souvent une tambouille qui forcément à terme dévalorise le genre.

La création et l’imagination sont les composantes essentielles de l’art, et encore plus pour celui si particulier de la satire. Il ne faudrait pas que la médiocrité appliquée à ce qui reste un moyen d’expression intelligent finisse par écœurer ceux qui tentent encore d’en préserver la qualité, mais surtout en éloigne les lecteurs. ff

Les éventuelles réactions en réponse à ce texte seront publiées sur ce blog.

A la suite de l’article publié ci-dessus,  j’ai reçu ce mot de l’excellent dessinateur Rousso qui s’exprime ici à titre personnel m’a t-il précisé (dessins indépendants du contenu du texte) :

Robert_Rousso« Qu’on puisse plaire ou déplaire, ce qui compte c’est que l’analyse soit juste …et c’est précisément le cas. Faut faire comme au Rugby, faut remonter à l’origine de la faute.

J’ai découvert la FECO, en Avril 97, grâce à Serdu, Belge, excellent, et cher ami. J’avais été séduit par le fait qu’ elle permettait le contact avec des dessinateurs “étrangers”, qui de ce fait cessaient immédiatement de l’être. Lorsque j’ai déposé en 2002 les statuts de l’ex-FECO-France ( devenue France-Cartoons ), je ne me suis pas autoproclamé Comité de Sélection, me plaçant ainsi au-dessus des autres pour juger de leurs capacités, ( j’avais déjà élu à l’ unanimité Laville comme Président ! ). C’ est pourtant ce que j’aurais dû faire… auprès des 14 nouveaux adhérents, courant ainsi le risque d’ en réduire encore plus l’effectif…

On est bien obligé de reconnaître que l’amateurisme fréquente volontiers le “low cost” ( ne pas confondre avec “l’Holocauste”, tombeur de la FECO ). Mais il peut y avoir aussi de vrais pros, pas bien loin d’ici, auxquels il arrive de pratiquer le travail gratuit. Attention, ceci n’est surtout pas une critique, juste un constat. Cela dit, quand c’est un “tocard” qui publie “gratos”, le responsable c’est pas lui, c’est bien le Comité de Rédaction qui l’impose aux lecteurs ( comme tu l’ as souligné ).

Quand Michel Polac, dans son “Droit de Réponse”, demandait à ses dessinateurs “faîtes-moi des graffitis de chiottes”, les Messieurs auxquels il s’adressait savaient faire aussi autre chose ( je pense à certains que j’ aime aujourd’hui dans Charlie …et parfois ailleurs ). Le problème c’est qu’il y en a maintenant qui se bornent aux graffitis, parce qu’ils ne savent rien faire d’autre.

Cette exigence de manque d’exigence, le contexte politique et social, les événements, ont propulsé dans les media, avec plus ou moins de bonheur, un certain nombre de nouveaux “professionnels”, et pour certains, heureusement, d’une manière éphémère. Dire cela ne saurait faire injure aux vrais pros qui en font partie. Si il faut avoir assez d’imagination pour rentrer dans le dessin de Presse, il faut avoir aussi assez de talent pour y rester.

Aujourd’hui France-Cartoons compte 110 adhérents au nombre desquels : 3 Algériens, 2 Américains ( et pas des moindres ! ), 3 Belges, 1 Brésilien, 2 Canadiens ( encore pas des moindres ! ), 1 Corse, 1ne Franco-Espagnole, 6 Italiens ( anche al più alto livello ! ), 1 Roumain, 1 Suisse, 1 Syrien, 1ne Tunisienne, 1 Turc, 1 Urugayien et Yves Frémion.

Nous avons d’ excellents rapports avec les dessinateurs Italiens ( www.buduàr.it ), avec les dessinateurs Anglais du PCO ( on cause pas du Brexit ), on essaye de défendre les intérêts de la profession quand on le peut, on sert d’ adresse pour ceux qui n’ en ont pas…les vrais pros de France-Cartoons n’ont pas trop à souffrir du voisinage d’étiquettes moins brillantes, …elles existent, on les accepte et on leur offre même une carte qui donne une petite légitimité à leurs modestes prestations. Comme tu le dis Forca, il y en a parmi eux qui risquent d’être les Cabu, les Honoré, les Charb, les Tignous et même peut-être les Wolinski de demain.

Et pour conclure, je définirais France-Cartoons plutôt parce qu’elle n’ est pas : ni un organisme philantropique …et pas davantage un syndicat ( surtout de presse ! ). Voilà. » Rousso.

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44ème festival de la BD d’Angoulême 2017

dimanche 29 janvier 2017

Palmarès de la 44ème édition du festival international de la bande dessinée d’Angoulême, dont le jury était présidé par la dessinatrice Posy Simmonds.

Grand Prix 2017 : Cosey.

Pour les albums :

Paysage après la bataille d’Eric Lambé et Philippe de Pierrepont (Actes Sud BD) : Fauve d’or

Ce qu’il faut de terre à l’homme de Martin Veyron (Dargaud) : Prix spécial du jury

Mauvaises filles d’Ancco (Cornélius) : Prix révélation

Le Club des divorcés de Kazuo Kamimura (Kana) : Prix du patrimoine

Chiisakobé tome 4 de Minetaro Mochizuki (Le Lézard Noir) : Prix de la série

L’homme qui tua Lucky Luke de Mathieu Bonhomme (Lucky Comics) : Prix Cultura du public

L’été diabolik d’Alexandre Clérisse et Thierry Smolderen (Dargaud) : Fauve Polar-SNCF

Sans oublier les deux prix attribués en dehors du festival officiel :

Prix Couilles au cul/Fluide glacial : Ramize Erer, dessinatrice turque exilée en France.

Prix Charlie Schlingo 2017 : Gab pour son album Les aventures hallucinatoires et psycho-masturbo-gélatineuses de Jésus (Zélium).

Prix Tournesol :  récompensant la BD la plus écologiste de l’année, Martin Veyron ”Ce qu’il faut de terre à l’homme” (Dargaud).

p313_1612151013_iMVEYRON9782205073454-couvGab-COUV-web

Le palmarès de St Just-le-Martel 2016

dimanche 9 octobre 2016

13445411_1806784989543513_7966273500753621913_n« Le Grand Prix de l’Humour Vache parrainé par le GLBV (Groupement Limousin Bétail viande) a été décerné conjointement à Michel Kichka et Khalid Gueddar » peut-on lire sur le site du Festival, ou Salon, international de la caricature, du dessin de presse et d’humour de St Just-le-Martel.

Les autres prix attribués par la manifestation sont : Gérard Gibo, Crayon de porcelaine pour son album « Gibo fait la tête », Jacques Lerouge, Prix de la Mal-bouffe, Phil Umbdenstock, Prix de l’Humour tendre, et Christophe Fey, Crayon de porcelaine de la Presse Quotidienne Régionale.

Prix de l’Amitié et de la fidélité pour le nouveau Président de la FECO France Pierre Ballouhey.

Prix du public attribué à Hamidou Zoetaba.

A noter le prix “Presse Internationale” décerné à la dessinatrice. Marilena Nardi (dessin en illustration).

L’affiche de cette 35ème édition était signée Coco (en illustration) et les lauréats primés recevaient un dessin de Loup encadré en porcelaine.

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Une école de la caricature à L’Estaque

lundi 26 septembre 2016

14231809-1794678700776933-3354152976687849730-o“Dès 8 ans”, devenez Cabu, Cardon, Willem, Mix & Remix, Tignous, Siné, Wolinski, Loup, Honoré, Chimulus, en 10 leçons.

Dans le cadre du sympathique « Festival International du dessin de presse de la Caricature  et de la satire » de L’Estaque qui vient de se terminer à Marseille, on a appris que :

« La mairie des 15e et 16e arrondissements de Samia Ghali (PS) a annoncé aujourd’hui la création d’une “école publique de la caricature” qui fait déjà l’objet d’un appel à projets. Concrètement, dès huit ans, les habitants du secteur pourront exercer leur trait une fois par semaine à la maison d’arrondissement de l’Estaque.

“Nous soutenons depuis quelques années le festival et au début, tout le monde n’était pas forcément d’accord. Aujourd’hui, le festival marche bien et je ne voulais pas me contenter d’un évènement, explique Samia Ghali. Je souhaitais que cela laisse une marque dans nos quartiers. Cette école, c’est un moyen – notamment chez les enfants – de développer un autre regard sur la caricature. Comme cela, on pourra bientôt proposer un festival de la caricature enfants en parallèle de l’actuel !” Et la sénatrice, qui assure avoir eu l’idée avant l’attentat de Charlie hebdo, de rêver : “Peut-être que les futurs grands caricaturistes viendront de nos quartiers !” » (Source MarsActu).

Rappelons à ceux qui s’intéressent au sujet que l’art de la satire peut difficilement « s’apprendre », que c’est un métier de francs-tireurs, une originalité qui en fait toute sa force. Sans oublier que le métier est de plus en plus sinistré avec des conditions de travail et de rémunération déplorables et le manque de supports permettant aux dessinateurs de s’exprimer. f.f.

Prochain article : “La liste des “enseignants””.

En illustration, l’affiche du festival dessinée par Gros.

Pour mémoire : Patrick Kanner, ministre de la Jeunesse et des sports, qui après le 7 janvier 2015 voulait lancer un concours de caricaturistes et, toujours à la même époque, le projet de Fondation du dessin de presse lancé par Richard Malka avocat de Charlie Hebdo qui espérait profiter selon Le Monde de “l’afflux d’argent inédit” reçu après le massacre.

Rien n’échappait à Cabu

jeudi 15 septembre 2016

9782357661264Sans conteste, Cabu est un des plus grands dessinateurs de presse français du 20ème siècle. Caricature, reportage, dessin d’humour, bande dessinée, la palette de ses talents est très large. On peut encore le constater avec la parution de « Cabu s’est échappé ! » (Les Echappés), un album qui rassemble plus de 1000 esquisses de dessins réalisées de 1969 à 2015 pour la rubrique de Charlie Hebdo, « Les couvertures auxquelles vous avez échappé ».

Extrait du texte de présentation de Riss :

 […] « Pendant des années, tous les lundis, Cabu a été présent à la table de la salle de rédaction. Sa place était toujours la même, facile à identifier puisqu’à l’endroit où il s’asseyait, les traits noirs de ses feutres avaient traversé les feuilles et s’étaient incrustés dans le bois de la table. L’odeur de ses feutres était si forte qu’on la sentait jusqu’à l’autre bout du bureau. Cabu avait toujours un petit carton à dessins qu’il sortait de sa musette, posait sur ses genoux, entrouvrait et duquel il sortait des feuilles pliées en deux où il avait noté des informations glanées dans les médias durant la semaine écoulée, ainsi que les idées qu’elles lui avaient suggérées. Quand on était un peu à sec, on se tournait vers Cabu pour lui demander s’il n’avait pas dans sa musette magique des trucs qu’il avait repérés, qui nous avaient échappé, et qui auraient pu nous inspirer une « bonne » couverture. Car Cabu était à la fois un formidable dessinateur et un vrai journaliste. »  […]

Une exposition consacrée à cet album sera présentée dans le cadre du 35ème Festival international de la caricature et du dessin de presse et d’humour de St Just-le-Martel, du 1er au 9 octobre 2016.