Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour 2012

Daniel Maja : le trait vivant

jeudi 7 juin 2012

« J’ai une passion pour le trait, sa vibration, son caractère, sa graisse, ses ruptures, ses glissendos, son agonie quand il s’efface… pour l’écrivain, c’est le style ! Il y a des graphismes classiques, ordonnés, mesurés, académiques, des traits rageurs céliniens, hachés, essoufflés, la ligne claire, froide sans émotion, clinique, le trait timide, en retrait, l’hypocrite, le doucereux, l’équivoque, le boursouflé. La même composition, le même thème traité avec des graphismes différents changent totalement de sens. Idem pour les textes : la typo du Monde appliquée au Parisien et le lecteur lira avec inquiétude un autre journal. Difficile de dissocier le fond de la forme, on peut en jouer, dire des choses affreuses avec le détachement d’un microbiologiste. Les psy ont l’art de cela, mais tout de même lorsqu’il y a adéquation, c’est le bonheur ! Les Caprices de Goya ou les stupéfiants raccourcis de Steinberg. Et puis le rapport du trait à la couleur, le trait comme expression physiologique, comme rythme, comme séquence, nous entraîne dans des hypothèses séduisantes. » Daniel Maja (extrait de l’entretien accordé à Pascale Arguedas en 2008).

Jeudi 7 juin 2012 à partir de 18 h 30 aura lieu le vernissage de l’exposition « Daniel Maja, un trait vivant », des dessins de toutes époques et de toutes techniques, des marouflés et des autres parus dans la presse (Le Magazine Littéraire, Lire, Le Monde) ou l’édition. Quelques fables, des îles imaginaires, le rire de Rabelais, du Bonheur dans la Vie Brève…

L’exposition sera présentée du 8 juin au 7 juillet 2012 à la Galerie Petits papiers, 91, rue Saint Honoré 75001. Heures d’ouverture : le jeudi et vendredi de 15h à 19h, le samedi de 11h à 19h.

Le blog de Daniel Maja.

Z Minus arrive chez les marchands de journaux

vendredi 1 juin 2012

On connaissait Zélium, on va découvrir ces jours-ci  Z Minus, bimestriel « 100% dessins », et dont le premier numéro est diffusé à 50 000 exemplaires. La parution des deux titres va alterner chaque mois. Dans ce nouveau journal on peut lire les dessins, les strips, les pleine-pages, de Sergio, Bar, Decressac, Aurel, ÏoO, Giemsi, Berth, Lasserpe, Lindingre, Flavien, Rifo, Kev Klub, Chimulus, Clé, Mutio, Lardon, Valère, Mykaïa, Besse, Soulcié, Félix, Gab, Coco, Bauer, Revenu, Bedrossian, Large, Caza, Goubelle, Marsault, Rémy Cattelain, Ben Radis,Troud, Rodho, Glez, les Frères Guedin, Pakman, Babet, Faro, Matieu Zanellato.

A noter que la même équipe se lance dans l’édition avec « Klomp ! », recueil de « dessins de presse énervés » signés Decressac, Flavien, Giemsi et Sergio (éditions de Jack is on the road). Préface de Noël Godin et textes d’Etienne Liebig. En vente sur http://www.zelium.info/boutique.

A noter encore que Zélium et Z Minus auront un stand au 2ème festival Satiridax qui se déroulera du 21 au 24 juin 2012 à Dax.

Dernière précision : « Les colonnes du Z Minus sont ouvertes à tout talent. Aucune étiquette politique, aucune censure, aucun ostracisme » et les « artistes » peuvent même proposer leurs dessins à cette adresse dessins@zelium.info.

Plantu for Cartooning

vendredi 25 mai 2012

Lu dans Le Figaro (25.5.2012) :

“Plus de 150 dessins originaux de Plantu autour de 40 ans de présidentielles, de 1974 à 2012, seront vendus le 6 juin au profit de l’association Cartooning for Peace/Dessins pour la Paix, créée en 2008 et présidée par le dessinateur, a annoncé la maison d’enchères Piasa.

Plantu a croqué avec humour et insolence pendant ces 40 ans les principaux acteurs du monde politique, de Mitterrand à Hollande, en passant par Sarkozy, VGE, Chirac, Balladur, Jospin, Ségolène Royal, Le Pen ou DSK. La vente se déroulera au siège du journal Le Monde à partir de 19h00.

Sera notamment proposé le dessin de François Hollande en 2CV, arborant une banderole “Just President” et traînant des casseroles bruyantes sous l’oeil jaloux de Nicolas Sarkozy (“Déjà bling, bling ? ça n’a pas traîné !”) est estimé de 1.200 à 1.500 euros.

Les amateurs pourront aussi découvrir pour la première fois huit sculptures caricaturales réalisées par Plantu représentant entre autres François Mitterrand, Nicolas Sarkozy, Jean-Pierre Raffarin ou la petite souris née sous sa plume en 1995 pour protester contre le licenciement de dessinateurs du Monde.”

La vente se déroulera le mercredi 6 juin 2012 à 19H00 dans le hall du journal Le Monde, 80 bd Auguste Blanqui 75013 Paris. Exposition : Lundi 4 juin (14h-18h), mardi 5 juin (10h-18h) et mercredi 6 juin (10h-18h). Responsable de la vente  : Françoise Le Guen : f.leguen@piasa.fr

En illustration le lot 161 estimé entre 1200 et 1500 euros (cliquer sur l’image pour l’agrandir).

Dessinateurs, dessinatrices

jeudi 24 mai 2012

Lutte ouvrière présentera dans le cadre de sa fête annuelle à Presles (Val d’Oise) les 26, 27 et 28 mai 2012, une exposition réunissant « Les dessins de la colère », de Besse, Brouck, Cambon, Charb, Chimulus, Coco, Decressac, Delessert, Faujour, Glez, Kap, Lasserpe, Mix & Remix, Pakman, Pinet, Plantu, Rousso, Sergio, Sondron, Soulcié, Tignous, Willem.

Cette fête populaire qui se déroule depuis plus de 40 ans dans le parc boisé du château de Presles, propriété de l’organisation d’extrême gauche, attire plus de 30 000 personnes pendant le week-end de Pentecôte, et propose diverses animations qui vont des spectacles musicaux, au village médiéval, en passant par un grand bal, des débats politiques, et le discours final de Nathalie Arthaud, ex candidate Lutte Ouvrière à l’élection présidentielle.

Les strips à la trappe ?

mercredi 23 mai 2012

Dans le quotidien 20minutes (22.5.2012), le journaliste BD Olivier Mimran s’interroge, « Industrie florissante aux Etats-Unis, le strip a quasiment disparu en France. Pourquoi ces petites bandes dessinées de trois à six cases, généralement humoristiques, ne font-elles plus recette chez nous ? »

Dans son article il donne la parole à deux spécialistes qui expliquent le peu d’engouement des journaux (et des éditeurs) pour ce genre à mi-chemin entre le dessin d’humour et la BD :

« Les journaux d’alors ne regardaient pas à la pagination ni à la dépense », nous précise Henri Filippini, critique et historien de la BD. Et comme ils étaient distribués par des agences spécialisées (Opera Mundi en France), ces petits gags ne revenaient en plus pas très cher avant les années 1970. « Le déclin a commencé quand les strips, spécialement créés pour la prépublication, ont été remplacés par de pleines pages de séries bradées par les éditeurs qui y voyaient une publicité gratuite», selon Henri Filippini.

« Désormais, si ça coûte de l’argent, ça n’intéresse plus la presse quotidienne, qui connaît de graves difficultés financières et fait des économies sur tout… y compris sur ce qui plaît aux lecteurs », nous confirme Gilles Ratier, secrétaire général de l’ACBD (Association des critiques et journalistes de BD) et journaliste à L’Echo, qui publie hebdomadairement quelques strips. »

En illustration, «Le Baron noir» de Got et Pétillon, publié par Le Matin de Paris (1977-1987) et dont Glénat/Drugstore a republié l’intégrale en 2010.

Les papys font de la résistance

mardi 22 mai 2012

Wolinski à la BNF

Au mois de juin, Georges Wolinski fêtera ses 78 ans avec la parution de deux livres et une exposition à la BNF cet été.

Le dessinateur (voir blog du 29.6.2009) a fait ses débuts dans Hara Kiri mensuel dans les années 1960, puis a continué en mai 1968 avec des dessins « révolutionnaires » légers et désinvoltes qui lui ont valu de travailler dans la publicité. Sa carrière s’est poursuivie dans Charlie Hebdo, et il a ensuite écrit des scénarios de films qui lui ont apporté une certaine notoriété (Le roi des cons) et beaucoup d’argent, avant de collaborer au quotidien communiste L’Humanité, où il a pris une place qui avait été refusée par d’autres confrères. Et puis Wolinski s’est beaucoup raconté dans ses dessins, sans vraiment rien dévoiler de sa véritable personnalité (Pitié pour Wolinski, 2010. Glénat-Drugstore). Il a également travaillé pour Hachette-Filipachi qui lui a fait un bon contrat pour ses collaborations aux journaux du groupe L’Echo des Savanes, Le Journal du dimanche, Paris Match, où l’on voit encore ses dessins.

Georges Wolinski est aussi un des rares dessinateurs « corrosifs » à avoir accepté la légion d’honneur. Il faut dire que c’est Jacques Chirac, croisé en vacances dans un hôtel de luxe à La Réunion, qui lui avait proposé. Cette rencontre lui a aussi permis d’organiser une expositionDubout à la BNF, un de ses dessinateurs favoris (avec Willy Elder et Cabu), Dubout dont il a été le premier à révéler et à acheter les dessins pornographiques.

Aujourd’hui, Wolinski a déposé une grande partie de ses dessins à la BNF, ce qui lui vaut cette grande exposition (500 dessins / 29 juin-2 septembre) et le catalogue édité par Hoëbeke. Le Cherche midi de son côté rassemble ses textes et dessins publiés tout au long d’un carrière bien remplie et qui,semble-til, au vu de l’intérêt des éditeurs, n’est pas terminée (« Le pire à de l’avenir ». Cherche midi).

A noter que Wolinski a déjà publié en 2010  un volume de 368 pages intitulé « La sexualité des français , de De Gaulle à Sarkozy », rassemblant nombre de ses dessins. Glénat-Drugstore-Arte.

Cabu dessinateur reporter

La parution de « La France des beaufs » en 1979, avait d’emblée  placé  Cabu dans le Panthéon desgrands dessinateurs reporters aux côtés – entre autres – de Sem, Ronald Searle, ou de Willem aujourd’hui.

Publié dans un grand format, cet album mythique rassemblait tous les reportages parus dans l’hebdomadaire Charlie Hebdo, et que Cabu réalisait avec la complicité des abonnés du journal qui l’accueillaient sur place.

Plus tard il publiera d’autres livres de reportages, sur la Russie, le Japon, la Chine, l’Inde,  mais aucun – en dehors de celui sur Paris (Hoëbeke 2006) – n’aura la puissance graphique de « La France des beaufs ».

Bref, Cabu récidive en 2012 en publiant « La nouvelle France des beaufs » (Cherche midi), et même si ses reportages parus récemment dans Charlie Hebdo sur New York manquaient un peu de souffle,il n’en reste pas moins un des meilleurs spécialistes du genre. Un genre pratiqué avec talent, toujours dans les colonnes de Charlie, par Bernar (1957-2006), Tignous, Riss, Catherine (Meurisse), et qui ces dernières années est redevenu à la mode dans nombre de journaux, l’édition, et dans des revues comme XXI.

A noter que Cabu, animera le 25 mai, avec Jacques Lamalle, une conférence organisée dans le cadre de l’exposition « Le Canard se déchaîne- Histoire(s) du Canard enchaîné» présentée au Musée Jean Jaurès, centre national 2, place Pélisson à Castres, du 17 mai au 2 septembre 2012. Ce blog reviendra sur cette manifestation présentée comme la première du genre pour l’hebdomadaire satirique.