Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘L’Enragé’

Siné fait sa rentrée

mardi 22 septembre 2015

Sine9memoireRentrée chargée pour le dessinateur Siné avec la parution du 9ème tome de ses « mémoires », Ma vie, mon œuvre, mon cul !, consacré aux années 1960 et notamment à mai 68 période pendant laquelle il a créé L’Enragé qui préfigurait L’Hebdo Hara-Kiri devenu Charlie Hebdo. De son côté, Siné mensuel, célèbre ses 4 ans d’existence avec de nouveaux locaux et un nouvel habillage de son site Internet.

A propos de Siné mensuel, Siné déclare dans un entretien publié par The Dissident : « Curieusement, l’assassinat des dessinateurs de Charlie Hebdo a provoqué un regain d’intérêt pour les gens qui font de l’humour. Notre journal a un peu plus de lecteurs. On en est ravis, parce qu’on était presque en bout de course. Tout doucement, on fermait la boutique. Et d’un coup, crac, est passé à dix mille lecteurs de plus. Mais on est toujours sur la corde raide. On vend 25 000 exemplaires. On doit avoir environ 50000 lecteurs. Avec le double, on serait heureux comme tout. »

Siné qui fêtera en décembre ses 87 ans était également présent au 4ème Rencontres internationales du dessin de presse du Mémorial de Caen.

Le tome 10 de Ma vie, mon œuvre, mon cul ! serait déjà en cours d’écriture.

Le bêtisier JeSuisCharlie – 9

lundi 2 février 2015

Cavanna 2Avec tout le respect que l’on doit à Mme Fleur Pellerin, ministre de la Culture, qui a déclaré que « pour aider à la relève parmi les dessinateur de presse » elle allait lancer un chantier « visant à proposer une formation dédiée aux illustrateurs de presse, en lien avec la rédaction de Charlie Hebdo », on pourrait lui conseiller de s’occuper en priorité du statut des intermittents du spectacle ou de la précarisation du métier de dessinateur de BD (ce qu’elle s’est engagée à faire à Angoulême).

A moins que ce ne soit une contrepartie au million d’euros que l’Etat va verser au journal par solidarité, on voit mal la rédaction recevoir et former les futurs caricaturistes de la presse française. Et qui sait, leur remettre un diplôme de « fin d’études ».

Heureusement aussi, la satire n’est pas une discipline qui peut s’enseigner dans les écoles.

Cabu, Wolinski, Charb, Honoré, Tignous, étaient de talentueux autodidactes qui n’ont pas « appris » leur métier sur des bancs d’établissements subventionnées par l’Etat, mais dans les pages de journaux comme L’Enragé, L’hebdo Hara-Kiri, Charlie Hebdo, Canicule, L’Idiot International, ou La Grosse Bertha. Ces titres leur ont permis de développer, en toute indépendance, le mauvais esprit et l’humour nécessaire à l’exercice de ce métier pas comme les autres et qui tient à le rester. En toutes libertés. f.f.

Illustration : Cavanna par Honoré.

Jean-Jacques Pauvert aimait aussi le dessin

dimanche 28 septembre 2014

Bizarre36-37Jean-Jacques Pauvert qui vient de décéder à l’âge de 88 ans a été l’éditeur de nombreux ouvrages consacrés à l’érotisme et au Marquis de Sade, mais il a aussi été l’éditeur historique de Siné dont il publiera en 1955 le premier livre « Complaintes sans paroles ».

La même année il reprend la revue Bizarre, créée par Éric Losfeld, une publication qui compte parmi ses collaborateurs Raymond Queneau, Jean-Christophe Averty, François Caradec, Michel Leiris, Michel Laclos, Jacques Sternberg, mais aussi les dessinateurs Cardon, Siné, Wolinski, Topor, Magritte, Gourmelin, Folon, Chaval, Fred, Gébé, Mose, Solo, Ylipe, Cabu, Maurice Henry, Copi, Grove, Tetsu, Morez, Avoine, Bonnot, entre autres.

Jean-Jacques Pauvert publiera ensuite d’autres livres de Siné «Portée de chats » (1957), «Les proverbes» (1958), «Les Chats» (1959), «Tout ça n’est rien quand on a la sainteté» (1959), «Dessins avariés» (1960), «Dessins de l’Express – tome 1 » (1961), « Dessins de l’Express – tome 2 » (1963), «Haut le cœur ! » (1965), «C.I.A.» (1968), et «Erotissiné» (1980).
 
En 1961, Jean-Jacques Pauvert aidera Siné à créer l’hebdomadaire « Siné Massacre » (mensuel pour les deux derniers numéros) qui ne verra paraître que 9 numéros et récoltera 9 procès.

Lors des évènement de mai 1968, Jean-Jacques Pauvert aide encore Siné à la création de « L’Enragé » qui n’aura que 12 numéros mais le journal donnera l’idée à Cavanna, Georges Bernier-Pr Choron, et à l’équipe du mensuel Hara-Kiri, de créer en 1969 « L’Hebdo Hara-Kiri » qui deviendra par la suite « Charlie Hebdo ».

Ma vie, mon œuvre, mon cul !, le tome 8 !

mardi 6 mai 2014

Il aura fallu attendre 11 ans avant de pouvoir lire le huitième tome de « Ma vie, mon œuvre, mon cul ! » saga savoureuse dans laquelle Siné raconte avec beaucoup d’humour et un style inimitable une existence pas banale, la sienne.

Dans ce tome, intitulé « On les aura ! », qui couvre les années 1961 à 1965, Siné évoque la fin de la guerre d’Algérie, son voyage à Cuba et sa rencontre « burlesque » avec Fidel Castro, sa démission de L’Express alors journal anti-colonialiste, la création avec Jean-Jacques Pauvert de son premier journal Siné Massacre, et son amitié avec Malcolm X leader politique afro-américain qui sera le parrain de sa fille.

Les 7 premiers tomes sont parus sous forme de hors-série publiés par Charlie Hebdo lorsque Siné en était le collaborateur émérite, le huitième est toujours diffusé sous forme de hors-série mais par Siné mensuel.

Il ne reste plus qu’à espérer que Siné reprendra plus rapidement sa plume pour évoquer l’année 1968 où il publia L’Enragé, dont s’inspirèrent Cavanna et Choron pour créer L’Hebdo Hara Kiri, et celles qui suivirent et qui ne furent pas moins fertiles en événements.

En vente dès le 21 mai 2014 dans tous les kiosques.

Comment va Siné ?

lundi 31 mars 2014

Quelques nouvelles : il signe la cinglante dernière Une de Siné mensuel (en illustration), continue à nous informer sur son état de santé chaque semaine dans sa Mini-zone, et il vient de terminer le 8ème tome de ses « mémoires »  « Ma vie, mon œuvre, mon cul ! » qui sera édité par Siné mensuel. Il travaille également à l’édition de l’intégrale des sept premiers tomes.

Autre événement, la vente publique à à l’Hôtel Drouot Richelieu le dimanche 6 avril 2014 à 14h de plus de 300 de ses dessins publiés dans L’Express, Siné Massacre, L’Enragé, Lui, Siné Hebdo, L’Humanité, Charlie Hebdo, etc. La vente est organisée par le commissaire priseur Marie-Françoise Robert (ventes précédentes Tetsu, Jacques Faizant, Dobritz, Trez, Puig Rosado, Loup). Le catalogue est visible et téléchargeable au format PDF sur le site Internet de l’étude qui annonce la vente avec la plus extrême discrétion.

Exposition publique à Drouot-Richelieu, 9 rue Drouot, 75009 Paris, le samedi 5 avril de 11h à 18h et le dimanche 6 avril de 11h 12h.

Angoulême comme si vous y étiez (ou presque) 2

samedi 1 février 2014

La presse régionale titre sur  la disparition de Cavanna. La Charente libre titre en Une « La BD sans Cavanna » ou « Le festival pleure Cavanna » sur ses affichettes. Cela aurait surement amusé Cavanna lui qui aurait aimé faire une carrière de dessinateur qu’il a débutée sous le nom de Sépia et qui n’a jamais écrit de scénarios de BD. Il a quand même été avec son compère Choron l’éditeur de Charlie mensuel, de l’hebdomadaire BD, et ils ont publié de nombreuses bandes dessinées y compris dans Hara-Kiri, signées entre autres Gébé, Reiser, Cabu, Willem, Tardi, Schlingo, Poussin, Alex Barbier, etc., etc. Ceci explique peut-être cela.

Suite de la visite des expositions proposées à Angoulême  :

L’exposition Tardi est une des plus importantes par la qualité des images proposées et par la mise en scène. Si on peut apprécier le talent du dessinateur à travers de nombreux originaux et ses mises en couleurs, la profusion très répétitive des images donne un sentiment de trop plein. D’autant plus que la scénographie à base d’ampoules éblouissantes et de cadres à vitres brillantes ne facilitent pas la lecture. A voir malgré tout, Tardi est un grand dessinateur.

Déception pour l’exposition Gus Bofa qui ne présente que des reproductions (phototypies, eaux-fortes) ce qui heureusement ne gâche pas le plaisir d’apprécier le talent graphique de ce dessinateur. La proximité avec l’exposition Tardi permet aussi de mesurer l’influence qu’a eu cet artiste sur de nombreux auteurs contemporains. Rappel les éditions Cornélius ont publié « Gus Bofa, l’enchanteur désenchanté« .

Beaucoup de monde pour l’exposition Willem, avec de très nombreux originaux que le dessinateur a conservé depuis ses débuts en Hollande et les années 1970, date de son apparition dans la presse française notamment dans L’Enragé. La présentation sobre et commentée par des panneaux de l’auteur permet de parcourir la carrière de celui qui est devenu un de nos plus grand dessinateurs actuels. A ne pas rater. L’exposition ne fermera ses portes que le 9 mars 2014. Un 4 pages a été édité à cette occasion par le quotidien Libération.

Mauvaise surprise en revanche pour « l’exposition »  sur les violences faites aux femmes « En chemin, elle rencontre… » présentée dans le hall du Palais de Justice. Si le sujet est hautement important il est regrettable qu’une mise en page confuse des panneaux noie graphiquement le contenu et les dessins censés nous sensibiliser aux thèmes abordés. A chacun cependant de se faire une idée.

En attendant, dimanche, l’annonce du nom du lauréat du Grand prix de la ville d’Angoulême (soit Bill Watterson (Calvin & Hobbes), ou le mangaka Katsuhiro Otomo (Akira) , ou Alan Moore, auteur de « From Hell »), Yves Frémion a dévoilé celui du 18ème Prix Tournesol qui récompense la BD « la plus écolo de l’année » et qui a été attribué à « Plogoff » d’Alexis Horebellou et Delphine Le Lay (éditions Delcourt).

A suivre.

(Le logotype interdit de manger dans l’exposition n’est pas de Gus Bofa)