Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Willem Président, suite

28 août 2013 à 11 h 41

Willem va devoir s’habituer à l’afflux (mérité) de tous ceux qui (enfin) lui trouvent beaucoup de  talent depuis qu’il a reçu le grand prix du festival d’Angoulême, manifestation dont il présidera la prochaine édition en janvier 2014.

En attendant, le site Actualitté.com annonce que celui-ci “prend ses quartiers à la galerie Artitude” du 19 au 30 septembre 2013, et écrit à son propos :

“Le provocateur célèbre pour ses dessins dans « Libération » et « Charlie Hebdo », couronné cette année par le Festival de BD d’Angoulême, se dévoile sous un regard inédit.

L’infatigable Willem présente en effet des œuvres en grand format, en noir et blanc mais aussi en couleurs, s’étalant sur plus de quatre décennies, allant de mai 68 à la présidence Sarkozy.

Il est question d’un florilège d’affiches mais surtout de dessins sur des thèmes variés, illustrant des festivals artistiques, croquant les personnages illustres de ce monde et alternant les scènes de guerre avec les décors de paix.”

Deux séances de dédicaces de son dernier album “Dégueulasse” (éditions Les Echappés) sont prévues le 19 septembre et le 21 septembre, de 17h00 à 20h00.

Artitude, 4, avenue Paul Déroulède, 75015 Paris.

Bandes à part

27 août 2013 à 9 h 50

L’Express consacre un article à « La bande dessinée fait (aussi) sa rentrée littéraire » et dévoile que « Le cru s’annonce dense, avec la parution de 1.149 albums (1.149 !!!) entre le 15 août et 31 octobre, soit une hausse de 12.2% par rapport à la rentrée 2012, selon l’étude réalisée par Livres Hebdo. L’offensive des éditeurs, qui réalisent 40% de leur chiffre d’affaires sur la période, explique cette course aux nouveautés qui s’étire jusqu’au mois de novembre. »

A noter parmi les parutions le nouvel album de Pétillon « Palmer en Bretagne » et l’intégrale de « Quai d’Orsay » (meilleur album 2013 à Angoulême), de Christophe Blain pour les dessins et Antonin Baudry (ex Abel Lanzac) pour les textes. Tous deux publiés chez Dargaud.

Dargaud, un éditeur qui semble par ailleurs assez peu attentif au respect de l’œuvre de ses auteurs. Ainsi l’éditeur utilise pour la promotion de la collection Blueberry un dessin (signé illisible) qui est une mauvaise copie d’un dessin de Jean Giraud (Gir) comme le dévoile sur Twitter Dimitri Piot et le site belge Graphivore.

Cecilia Gímenez, artiste de l’année !

26 août 2013 à 9 h 08

Pour commencer cette année une petite info qui va sans doute mettre du baume au cœur à tous les dessinateurs et dessinatrices qui doutent de la qualité de leur travail et qui espèrent malgré tout en vivre.

Cecilia Giménez, l’octogénaire espagnole qui avait défrayé la chronique l’an passé en « restaurant » de sa propre initiative une peinture représentant le Christ (en illustration) dans la petite église Santuario de Misericordia de Borja, va toucher 49 % des droits à l’image sur sa création. En effet, depuis que la terre entière a découvert son minutieux travail de reconstitution, plus de 57 000 visiteurs ont versé 1 euro pour contempler cette œuvre d’un genre inédit (et qui devrait continuer à être exploitée sur des bouteilles de vin, tasses, ou t-shirts).

D’après Le Huffington Post « Plusieurs entreprises internationales ont déjà fait part de leur volonté d’utiliser cette icône moderne ». Selon l’avocat de l’artiste « Personne ne veut se faire de l’argent en profitant de cette situation » et la totalité des droits seront reversés à des œuvres caritatives.

Seul (« petit ») problème « Les descendants d’Elias Garcia Martinez, auteur de l’œuvre originale, qui n’était pas classée, n’apprécient pas que sa version défigurée reste intacte. »

A noter que Cecilia Gimenez profitant de sa notoriété internationale avait vendu en décembre 2012 sur Ebay une de ses « vrais » toiles pour la modique somme de 1080 euros.

La conclusion (provisoire) on la laissera à Rémi Gaillard, célèbre philosophe humoriste montpelliérain : « C’est en faisant n’importe quoi qu’on devient n’importe qui. »

Devoir de vacances

9 août 2013 à 10 h 19

Reçu par e-mail :

Thomas Lemahieu et Gérard Paris-Clavel organisent durant tout l’été un projet graphico-politique très intéressant dans l’Humanité, sous le titre “L’Affiche en regard”.
Durant 34 numéros, la dernière double page du journal met en regard un entretien avec un penseur contemporain et une affiche choisie par Gérard Paris-Clavel : de l’excellent caricaturiste de l’Assiette au beurre Jossot au tout jeune graphiste Désobéissant Clément Boudin, en passant par Grapus, Tomi Ungerer, El Lissitzky, Quarez ou Fukuda.
On en est aujourd’hui au 13e numéro, il reste donc 21 occasions de découvrir en kiosque ces féconds échanges.
Vous pouvez aussi en retrouver l’intégralité sur le blog de Thomas Lemahieu.
Avec la possibilité de laisser vos commentaires…

En complément du projet humaginaire et estival “L’Affiche en regard”, un petit entretien vidéo avec Gérard Paris-Clavel sur le site de l’Huma, où il évoque cette collaboration avec Thomas Lemahieu.

Gérard Paris-Clavel a cofondé Grapus en 1970 avec Pierre Bernard et François Miehe ; le groupe s’est séparé vers 1990 ; il a alors créé Les Graphistes associés (avec ) puis Ne pas plier, “L’Internationale la plus près de chez vous”, toujours en activité

Pour une présentation plus développée de son travail, il y a ce plan-séquence de 41 min, filmé par Raoul Sangla à Chaumont en 2001.

Merci à Sébastien Marchal.

Un timbre de Marianne pour tous

16 juillet 2013 à 8 h 21

Tout juste dévoilé le nouveau timbre à l’effigie de Marianne (choisi par un jury de lycéens) suscite quelques remous.

Pour être précis la polémique avait déjà été amorcée avant qu’il ne soit officiellement présenté, par le bien informé Timbres magazine, comme nous l’apprend le blog de Pierre Julien. Dans un billet signé d’un pseudo, le magazine spécialisé écrivait : « Cette Marianne qui représente pour François Hollande les valeurs de la jeunesse est esthétiquement réussie » (bof…ff), mais…« Elle est aussi éminemment politique »… Et les choses se compliquent… « Si l’on doit à ses auteurs plusieurs timbres, ils sont également d’ardents défenseurs du mariage pour tous et de la lutte contre l’homophobie (validant le choix du Président). » Et Timbres magazine de dénoncer le travail du dessinateur David Kawena « auteur de réalisations plus inattendues avec des versions chippendales (danseurs masculins faisant du striptease) de personnages de Walt Disney ».

L’autre contreverse tient au fait que l’un des concepteurs du timbre, le photographe, dessinateur, Olivier Ciappa a dit s’être inspiré pour le dessin, du visage de Inna Shevchenko chef de file du mouvement Femen, expliquant dans une tribune au site Huffington post : « J’ai choisi Inna Schevchenko comme modèle, après des jours et des jours d’essais et de recherches, elle incarne le mieux les valeurs de la République, liberté, égalité, fraternité. Le féminisme fait partie intégrante de ces valeurs. Et la Marianne, au temps de la révolution était seins nus, alors pourquoi pas rendre hommage à cette fabuleuse Femen? »  ( pour ma part je trouve qu’elle ressemble beaucoup plus à une de mes cousines. ff )

Sur le site de l’Assemblée nationale on peut voir les projets de la dernière présélection, notamment ceux de Sophie Beaujard et Patrice Serres, ainsi que plusieurs vidéos sur la présentation du timbre.

A noter que sur la version publique du timbre figure aussi la mention d’Elsa Catelin, qui a gravé le timbre et celle de Phil@poste Boulazac qui est l’imprimerie de La Poste française où elle travaille.

En illustration, les trois variantes du timbre que les opposants à la loi autorisant le mariage gay et Christine Boutin ont appelé à boycotter.

 

Elevons le débat

15 juillet 2013 à 8 h 45

Pour tous ceux qui n’ont pu voir le documentaire “Le scribe qui dessine” diffusé par Arte  (14 juillet 2013), la chaîne vous propose de le revoir pendant quelques jours en streaming : http://www.tv-replay.fr/redirection/14-07-13/le-scribe-qui-dessine-arte-10580876.html

C’était il y a 5 000 ans, et pendant plus de 3 000 ans le dessin “berceau de tous les arts” a eu une fonction sociale et culturelle. Quel bonheur.

Présentation de l’émission par Arte :

Dans l’Égypte ancienne, les représentations graphiques sont partout. Des murs des tombes, couvertes de peintures ou de sculptures, aux papyrus, en passant par les sarcophages, la majeure partie des traces matérielles qui sont parvenues jusqu’à nous témoigne de ce goût permanent pour le trait. Pour qui pose les yeux sur ces objets au passé millénaire, il est évident que formes et figures y occupent une place prépondérante. Combinaisons de personnages, de signes, de plantes, d’animaux, de figures géométriques offrent le spectacle d’une extraordinaire poésie visuelle. C’est cet univers graphique hautement codifié, qui naît du simple trait, que le réalisateur nous propose de découvrir. Les plus belles œuvres – des peintures murales de la Vallée des Rois aux foisonnantes collections du musée du Louvre – livrent leurs secrets de fabrication et leur signification si importante dans la civilisation égyptienne de l’Antiquité.