Fait d'images

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Archive pour le mot-clef ‘éditions Wombat’

Topor, Topor, et bientôt Gébé

lundi 13 octobre 2014

en-soi-meme« Roland Topor génie connu et méconnu » c’est le titre de l’exposition que la galerie Anne Barrault, 51 rue des Archives, 75003 Paris, présente du 18 octobre au 30 novembre 2014.

Extrait de la présentation par la galerie :

« L’exposition proposée par Alexandre Devaux présente un ensemble d’œuvres de Roland Topor réalisées à différentes périodes et avec plusieurs techniques. Dessins à la plume au crayon, linographies, lithographies, dessins peints au spray ou au pinceau, photographies détournées dites « photomorphoses » offriront aux visiteurs la possibilité d’appréhender la diversité du génie graphique et polytechnique de cet artiste qui fut une avant-garde à lui tout-seul. »

Le texte de présentation à lire dans son intégralité.

Une exposition de dessins de Gébé fera suite à celle de Topor du 6 décembre 2014 au 17 janvier 2015.

A propos de ces deux créateurs, Alexandre Devaux, historien d’Art écrit :

« Le duo Topor/Gébé est pour moi l’un des plus féconds au monde. Ce sont deux immenses puissances conceptuelles, graphiques, intellectuelles. Gébé joue avec les éléments conscients de la réalité. Il joue dans la lumière de la conscience en tournant le ressort de la logique jusqu’à ce que l’esprit lâche, jusqu’à l’absurde. Topor fait un peu la même chose dans l’ombre des eaux inconscientes ou subconscientes et souvent sans passer par la narration. Topor ne tourne pas le ressort, il fait directement le constat d’une 9791090875241-7a91asituation où les ressorts ont tous lâché. Je me représente Gébé comme une « masse » blanche et Topor comme une « masse » noire. Chacun pourtant, et chacune de leur œuvre, porte en elle son principe contradicteur. »

Ces deux expositions accompagnent la publication des livres « Topor, dessinateur de presse » (Cahiers Dessinés), « J’ai vu passer le bobsleigh de nuit » de Gébé, (Cahiers dessinés), préface de Delfeil de Ton, « Topor Strips » (Wombat).

couv_D3A noter que « Strips panique » est le sixième titre de Topor publié par les éditions Wombat – qui font toujours d’aussi beaux livres –, et on se plaît à rêver d’une grande monographie consacrée à l’ensemble de son œuvre.

Titres parus chez Wombat : « Mémoires d’un vieux con», « Mémoires d’un vieux con suivi de Topor à la bombe » (édition limitée et numérotée), « Vaches noires », « Café Panique suivi de Taxi Stories », « La Plus Belle Paire de seins du monde ».

Illustration : Roland Topor, En soi-même, 1994.

Gébé toujours et encore

vendredi 20 avril 2012

En 1992, Gébé publiait dans « Culte » le mensuel de Frédéric Pajak une série de dessins nommée « 50 choses qu’il ne faut pas oublier de faire avant de mourir ». On ne sait pas si Gébé a réussi à les réaliser toutes avant cette funeste année de 2004 où il nous a laissé orphelins.

A nous de nous débrouiller sans lui et sa folie douce. Depuis, Frédéric Pajak lui a consacré un beau livre « Un pas de côté » chez Buchet Chastel, et L’Association a réédité la plupart de ses livres, de « L’An 01 » au « Services des cas fous », mais aussi ses chroniques de Charlie Hebdo (1993-2003), « Les Colonnes de Gébé ».

Aujourd’hui, ce sont les éditions Wombat, qui nous offrent « Tout s’allume », album de « bande dessinée, reportage et croquis », publié dans la collection « Iconoclastes ». Gébé nous explique le livre :

« Genre : Fiction encéphalopolitique – Lieux de l’action : A l’extérieur des gens et à l’intérieur de leur tête (région des hémisphères cérébraux). Moyen d’expression : La bande dessinée, conçue comme un film à faire. Objet : Montrer comment l’élargissement de la conscience, par le mécanisme de la Prise de Conscience Provoquée, peut modifier le comportement individuel et social et conduire irrésistiblement au changement de consensus politique d’une nation. »

« Tout s’allume » a été publié pour la première fois en feuilleton dans Charlie-Hebdo puis en recueil dans Charlie mensuel en 1979 (d’où l’introduction de Wolinski dans le livre, qui dirigeait alors le magazine).

Gébé nous manque. Par sa façon de nous amener ailleurs, par sa façon de nous apprendre à voir le monde tel qu’il est, par sa façon de faire confiance au talent des autres, et par sa façon d’avoir toujours su rester Gébé.

Pierre Carles a lui aussi eu la bonne idée de reprendre des dessins de Gébé pour illustrer l’affiche de son film « DSK, Hollande, etc. » co-réalisé avec Julien Brygo et Aurore Van Opstal. Gébé n’a pas fini de se rappeler à nous. A sa façon.

Le site Internet des éditions Wombat.

En illustration l’affiche d’une des premières versions du film de Pierre Carles.