Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Professeur Choron’

Plusieurs hommages à Siné

lundi 5 septembre 2016

mourir plutot creverQuatre mois après sa disparition, le 5 mai 2016, plusieurs initiatives et publications vont rendre hommage à Siné :

Le vendredi 9 septembre, au Mémorial de Caen, dans le cadre des 6ème rencontres internationales des dessinateurs de presse, projection du film de Stephane Mercurio « Mourir ? plutôt crever !», suivie d’images filmées lors de la précédente édition à laquelle Siné avait participé. En présence de Catherine Sinet, Stéphane Mercurio, et des dessinateurs Berth et Mric de Siné mensuel.

Hommage à la Fête de L’Huma, les 9 et 11 septembre, au stand de Noisy-le-Sec, en présence de la rédaction de Siné mensuel le samedi 9.

SM HS 2Le 22 septembre, à Toulouse, dans le cadre du Fifigrot 2016, projection du film de Stephane Mercurio « Mourir ? plutôt crever !», mais également du film « Cavanna, jusqu’à l’ultime seconde, j’écrirai » de Denis Robert, et de « Choron dernière » réalisé par Pierre Carles et Eric Martin.

A Saint Just le Martel, dans le cadre du 35e Salon International de la Caricature, du Dessin de presse et d’Humour, du 1er au 9 octobre, exposition de 80 dessins de Siné et de dessinateurs de Siné mensuel.  En présence de Catherine Sinet les 2 et 3 octobre. Ironie des télescopages d’hommages, les dessins de Siné, (venu une fois à St Just) côtoieront une exposition de Cabu (fidèle de la manifestation).

En octobre toujours, parution de Siné « L’œil graphique » aux éditions La Martinière un livre de 240 pages qui retrace la carrière de graphiste de Siné.

En illustration ci-contre, la Une du hors-série spécial de Siné mensuel dont Siné avait dessiné la couverture quelques semaines avant sa mort.

Choron et Sylvia Lebègue

jeudi 5 février 2015

Choron-LebegueLe livre « Choron et moi » de Sylvia Lebègue va sûrement provoquer quelques réactions outragées, et c’est déjà le cas si l’on en croit le communiqué publié sur le forum Internet L’Organe magazine qui nous apprend que l’avocat de Michèle Bernier, fille du Pr Choron, a exigé que lui soient communiquées avant parution les épreuves du livre.

L’éditeur présente ainsi l’ouvrage :
« Voici mon parcours : vingt ans passés avec cet homme hors du commun. Je raconte tout : ma rencontre, la vie à Hara-Kiri, les coups, les huissiers, l’isolement de Choron face à ses créanciers, la faillite du journal, mes premiers pas dans la prostitution, les déménagements à la cloche de bois… Je raconte, tels que je les ai vécus, la création du mensuel Grodada et son échec, la vente des locaux aux enchères publiques, notre installation à la campagne, la dégradation de la santé du professeur Choron et sa mort. Ma vie de déglingue auprès de celui qui fut l’homme que j’ai le plus aimé, cette vie de débauche, d’alcool, de pleurs, de désarroi, de folie pure.
« Un livre de plaies et de bosses et néanmoins d’amour ! Choron fut un homme exceptionnel et l’amour, malgré tout partagé, suffisent à écarter les regrets. » Jackie Berroyer (extraits de sa préface) »

« Choron et moi » ne va pas sûrement pas améliorer l’image du Prof (présenté ici comme un proxénète), même s’il s’était déjà lui-même chargé de cette tâche en confiant ses souvenirs à Jean-Marie Gourio dans « Vous me croirez si vous voulez » édité en 1993 par Flammarion. Sans oublier les dessins de Cabu dans les colonnes de Charlie Hebdo lors du conflit pour l’appartenance du titre du journal.

Ce livre est donc un nouveau témoignage particulier à verser à l’édification de la légende de Georges Bernier, plus connu sous le nom de Professeur Choron.

Video de Sylvia Lebègue à voir sur le site de l’Archipel.

L’empreinte d’Hara Kiri

lundi 2 décembre 2013

« Du dessin et rien d’autre ! » précise Cavanna dans le texte d’introduction de « La gloire de Hara Kiri » qui vient de paraître aux éditions Glénat. Effectivement cet album de 336 pages, est un véritable tsunami de styles, de graphismes, d’inventions, d’humour, et de talents, qui aide à mieux comprendre comment ce journal, créé par Cavanna et Georges Bernier (Professeur Choron), a pu si durablement marquer les esprits et générer autant de dessinateurs, pour la plupart encore présents dans la presse aujourd’hui.

La liste des auteurs est impressionnante à commencer par ceux qui ont participé aux  premiers numéros, Fred qui signa les premières couvertures, Topor, Gébé, Wolinski, Cabu, Reiser, Willem.

Générique complet de l’album : Barbe, le groupe Bazooka, Blachon, Bosc, Carali, Cardon, Chaval, Olivia Clavel, Copi, Coureuil, De Carlo, Manfreid Deix, Dimitri, Pierre Fournier, Gourmelin, Got, Guitton, Maurice Henry, Herr Seele, Hopf, Hugot, Kamagurka, Lacroix, Lulu Larsen, Lefred-Thouron, Lob, Masse, Moebius, Mose, Muzo, Nabe, Nicoulaud, Guy Peellaert, Pelotch, Petit-Roulet, Philippe, Kiki Picasso, Loulou Picasso, Pichon, Placid, Poussin, Rémi, Bruno Richard, Sajtinac, Charlie Schlingo, Serre, Siné, Soulas, Vicq, Vuillemin, sans oublier Cavanna, alias Sépia, dessinateur, et créateur du fameux logo d’Hara Kiri.

Un remarquable travail orchestré par Cavanna et Virginie Vernay, accompagné de textes signés Pacôme Thiellement et Jacques Sternberg.

Delfeil de Ton conclut l’ouvrage en écrivant « La gloire, nous dit le dictionnaire, c’est une renommée éclatante. Il dit aussi le dictionnaire, que la gloire est une réputation qui s’attache aux mérites particulièrement remarquables. Voilà des définitions qui correspondent à Hara Kiri. La gloire est également « une chose dont on est fier » : Hara Kiri est particulièrement fier de ses dessins. »

En illustration, dessin de Topor publié dans Hara Kiri en… 1963. Dessin de Reiser en couverture de l’album.

Charlie hebdo au musée

mercredi 1 juin 2011

Le Musée Raymond Lafage de Lisle-sur-Tarn, qui a déjà accueilli ces dernières années les dessins de Wolinski, Cabu, Charb, Jul, présentera à partir du 18 juin 2011 une grande exposition consacrée aux 1000 couvertures de Charlie Hebdo publiées depuis 1992, date de la renaissance du titre fondé en 1969 par Cavanna et le Professeur Choron sous le titre de Hara-kiri hebdo, devenu ensuite L’hebdo Hara-kiri, puis Charlie Hebdo.

Les 1000 couvertures qui ont jalonné cette nouvelle aventure seront également réunies dans un album de 330 pages à paraître le 15 septembre (éditions Charlie Hebdo – Les Échappés), à l’occasion des 20 ans de la version actuelle de l’hebdomadaire dirigé depuis 2009 par les dessinateurs Charb et Riss.

Musée Raymond Lafage, 10 rue Victor Maziès, 81310 Lisle-sur-Tarn. Ouvert tous les jours de 10h00 à 12h00 et de 15h00 à 18h00, sauf le mardi. Tél. : 05 63 40 45 45.

Radioscopie

vendredi 4 février 2011

Décidément c’est la radio qui semble, ces derniers temps, en faire le plus pour mettre en valeur le dessin de presse. Ainsi Philippe Vandel a-t-il consacré sa chronique « Tout et son contraire » sur France Info aux dessinateurs Cabu et Wolinski.

On y entend Cabu éviter de prononcer le nom de L’Enragé et de Siné à propos d’un dessin paru en 1968, traiter une fois de plus Choron de « patron voyou ». Cabu oublie aussi de citer Alexis Bloch « l’archiviste » qui depuis plusieurs années reconstitue patiemment la carrière éditoriale du dessinateur.

L’auditeur y apprend également que Wolinski à Charlie Hebdo dessine nues les collaboratrices du journal et qu’il est suivi par un « bitologue ». Entre autres révélations savoureuses.

Ces entretiens ont été réalisés à propos de la sortie de « Tout Cabu » (Les Arènes)  – voir blog du 5.11.2010 – et « La sexualité des Français (Glénat – Drugstore/Arte) – Voir blog du 14.12.2010.

Les liens pour ceux qui veulent réécouter : Cabu –  Wolinski.

LE Cavanna

mercredi 19 janvier 2011

Désolé, je vais parler de moi.

Il y a quelques années je me suis permis d’écrire à Cavanna pour lui expliquer que je faisais partie de cette génération qui avait biberonné à l’esprit libertaire de Charlie Hebdo et que je ne comprenais pas comment lui, Cavanna, LE Cavanna, l’anticonformiste, le pourfendeur d’idées toutes faites, pouvait céder en viager à Philippe Val, arriviste patenté et boursouflé de lui-même, un titre aussi mythique.

Cette missive impudente ne me valut aucune réponse mais une sévère réprimande de Cabu offusqué que je puisse m’adresser en ces termes à son père spirituel.

Le temps m’a donné raison, et Val, celui que j’ai toujours considéré – dès 1992 -, comme un usurpateur à la tête de Charlie Hebdo, a poursuivi son ascension sociale et médiatique. La seule bonne nouvelle de sa nomination à France Inter c’est qu’il a du restituer aux dessinateurs les commandes de l’hebdomadaire. Il en reste cependant actionnaire de la société éditrice et de la société immobilière qui héberge le journal (merci de me démentir si ce n’est plus le cas). Le bel hold-up.

Pour la défense de Cavanna, il n’est pas le seul a s’être fait gruger par l’ancien comique de variétés et même si beaucoup dans l’équipe continuent à vouer à Philippe Val une admiration sans bornes, c’est Cavanna qui a sauvé l’honneur d’une rédaction tétanisée par les choix à faire lors du licenciement de Siné en 2009.

Cavanna a pris position, nettement, publiquement, et il aura fallu, « l’affaire Siné », pour que je retrouve MON Cavanna. Optant résolument pour la défense de Siné, malgré les sarcasmes de Cabu et de Wolinski qui lui reprocheront par son attitude de mettre en péril le journal. Cavanna en appellera à l’esprit de Charlie, celui d’antan. Celui dans lequel Reiser, Choron, Gébé, Wolinski, Cabu, Delfeil de Ton, Willem, ne se fixaient comme limites que celles de leur talent. À l’époque les rédacteurs en-chef (c’était imprimé « rédacteur-en-chef : toute l’équipe ») ne cherchaient pas l’adoubement de leurs collègues parisiens, ne se vantaient pas de déjeuner avec Laurent Joffrin, ne pontifiaient pas dans les médias, ne fricotaient pas avec le Verts, ne voulaient pas faire de livre avec Jean-Pierre Chevènement, n’interviewaient pas les grands pontes de l’industrie comme Jean-Marie Messier, ne se faisaient pas éditer par BHL, et ne se servaient pas du journal pour favoriser une carrière de chanteur de bluettes en publiant les dates de ses spectacles.

L’audace de cette équipe historique était alors de « chier dans la colle et dans les bégonias » en toutes libertés comme le revendiquera plus tard Siné.

Cavanna est redevenu Cavanna, à mon sens.

C’est lui qui publie aujourd’hui « Lune de miel », un livre témoignage sur sa vie, sur la maladie de Parkinson qui le frappe et la mort qui rôde. Il revient aussi sur les « vingt-cinq ans merveilleux » passés à Hara-Kiri, puis à Charlie Hebdo, l’original, et sur les derniers mois, constatant que ces dernières années le « fabuleux journal de Reiser n’avait existé que pour assurer la promotion sociale d’un ambitieux ».

On a tout juste eu le temps de le faire avec Choron, Georges Bernier, de son vivant, alors n’attendons pas pour célébrer François Cavanna et le remercier de tout ce qu’il a apporté à la liberté de pensée, à l’écriture, et à l’humour. ff

À lire aussi : « Bête et méchant » (livre de poche), pour ceux qui rêvent de vivre l’aventure exaltante de la création d’un journal, et « Cavanna raconte Cavanna », le hors-série de Charlie-Hebdo, pour comprendre pourquoi Philippe Val n’avait aucune chance de devenir Cavanna.

Illustrations, dessin de Charb, Willem et d’Honoré parus dans « Cavanna raconte Cavanna », hors-série de Charlie, toujours en vente.