Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Edition’

La vraie face cachée des dessinateurs satiriques

mardi 25 novembre 2008

Après La face cachée du Monde (Mille et une nuits) paraît Le vrai Canard (Stock) livre documentaire qui dévoile les dessous de la rédaction du Canard enchaîné. Charlie hebdo devrait lui aussi faire prochainement l’objet d’un livre sous le titre La face couchée de Charlie hebdo rédigé par des journalistes du mensuel CQFD.

le-vrai-canardPoint commun entre tous ces journaux, ils utilisent pas mal de dessinateurs pour illustrer leurs pages. Des dessinateurs nombreux, mais pas forcément épanouis dans leur travail. Ainsi Pancho ne dessine plus dans Le Monde depuis quelques semaines victime du couperet de l’âge de la retraite. Autre départ, mais « volontaire » cette fois-ci, celui de Pessin en 2009 (d’après Marianne 2). On remarquera cependant que dans les deux cas le journal ne semble pas s’émouvoir – restrictions budgétaires exigent – de la disparition de ses colonnes de deux signatures de grand talent.

Au Canard, si la situation des dessinateurs est très enviable financièrement puisqu’au bout de dix ans de collaboration ils sont associés aux importants bénéfices du journal, elle l’est moins pour ce qui est de la reconnaissance de leur travail. En effet, ils n’ont aucun droit de regard sur le choix des dessins publiés puisqu’ils le découvrent le mardi, jour de l’impression de l’hebdo. Il en va de même pour les tarifs, acceptés, mais longtemps calculés à la surface. Un problème désormais résolu, car tous les dessins ont quasiment le même format, idéal pour boucher les trous de la maquette.

À Charlie hebdo Cabu est (pour l’instant ?) le seul dessinateur actionnaire de l’hebdomadaire et les disparités de salaires existent. On l’a découvert lors de « l’affaire Siné » où Wolinski s’est aperçu incidemment que Siné gagnait plus que lui, et que les dessinateurs n’étaient pas toujours associés aux bénéfices des ventes. Point positif dans cet hebdomadaire, un dessinateur, Charb, est rédacteur en chef adjoint et participe à la sélection des dessins à paraître.

En fait, on parle assez peu des dessinateurs dans ces livres-enquête sur le fonctionnement des journaux. Ils sont rarement intégrés aux rédactions et leur rôle y est annexe même s’ils occupent une importante surface rédactionnelle. Décidément, ce métier, déjà en perte de vitesse faute de supports suffisants, n’est pas près d’être reconnu à sa juste valeur.

Cavanna François

samedi 8 novembre 2008

cavanna1On s’arrache Cavanna. 86 ans le 22 février 2009. Il y a quelques semaines il co-signait avec Stéphane Mazurier et Delfeil de Ton (de Siné Hebdo) Les belles images d’Hara-Kiri (Hoëbeke), aujourd’hui paraît en kiosque un hors-série exceptionnel de Charlie 6€ Hebdo qui lui est entièrement consacré.

Cavanna raconte Cavanna est un document formidable (en dehors de la préface de Philippe Val qui ne glorifie que ses moustaches ?!) car il retrace une vie riche des multiples talents de Cavanna : journaliste, âme des éditions Hara-Kiri, dessinateur (on découvre ses premiers dessins), rédacteur-en-chef inventif et rigoureux, découvreur de talents (il nous offre des portraits de Fred, Choron, Cabu, Gébé, Wolinski, Willem), écrivain à succès, préfacier universel, et encore aujourd’hui chroniqueur à Charlie Hebdo.

Avec le Pr Choron, autre monument dont un film célébrera le 7 janvier la mémoire, il a su inculquer à des milliers de lecteurs un mauvais esprit et un humour indispensable à toute intelligence humaine.

Il est aussi heureux que cet hommage lui soit rendu de son vivant. D’ailleurs, la publication de ce hors-série accompagne l’exposition éponyme qui sera présentée à Nogent-sur-Marne, sa ville natale, du 15 novembre au 31 mai 2009.

Chat marche pour lui

mercredi 5 novembre 2008

 

une-vie-de-chatPhilippe Geluck publie Une vie de chat (Casterman), quinzième album de la série qui célèbre cette année les 25 ans de la création de ce personnage.

Qui aurait pu prédire un tel succès en 1983 lors de la parution du premier opuscule édité en noir & blanc par Bédésup et où le Chat s’appelait encore Sachat ?

Aujourd’hui difficile d’échapper aux produits dérivés, chocolats, chaussettes, montres, vins, statuettes, agendas, mini agendas, etc., dont certains peuvent être commandés dans la boutique de son site officiel.

C’est le cas notamment de la version du Chat en anglais, God save the cat.

god-save-the-catLa vie du célèbre félin, qui doit beaucoup aux chats de Siné (le Cherche midi), Geluck ne s’en cache pas, est devenu une véritable industrie. Une production médiatisée il est vrai par les nombreuses participations de leur auteur à des émissions télé et radio très populaires. On apprend d’ailleurs sur l’excellent site Actua BD que Philippe Geluck vient de s’installer dans de vastes locaux d’une ancienne brasserie à Bruxelles pour y réunir tous ses collaborateurs : « une traductrice (qui) propage les pensées du Chat en néerlandais, une maquettiste (qui) réalise les travaux divers tels que les agendas et autres projets, un réalisateur (qui) débroussaille les premières animations du Chat pour des essais en dessin animé et les assistants qui l’aident à ranger sa production pléthorique. ». sans oublier Serge Dehaes, son coloriste depuis dix sept ans (également dessinateur : Manager mode d’emploi (Fluide glacial).

calendrier-chat-2009A noter que Geluck se lâche aussi chaque semaine dans Siné Hebdo.

Dans un entretien à Paris Match (n° 3102 – 30.10.2008) qui lui consacre une page, Philippe Geluck  à la question « Aimeriez-vous que votre Chat vous survive sous une autre plume ? » répond : « J’ai toujours souhaité qu’il s’arrête avec moi. Peut-être parce que j’ai peur qu’on se rende compte que c’est facile à faire et qu’on se dise « C’est un imposteur » ! Jeune, j’étais obsédé par l’idée de ma propre disparition. Le métier que j’exerce est bien sûr une manière de vouloir survivre dans le cœur des autres, d’apporter du bonheur au-delà de soi. ».

Riss, Carla, Carlito et Bush

mardi 4 novembre 2008

Carla et Carlito de RissLas dernière croisade de RissL’excellent site Actua BD.com publie un long entretien avec Riss, dessinateur prolixe, auteur à succès et directeur de collection (Hoëbeke), à l’occasion de la parution de ses deux albums, Carla & Carlito, La vie de château (co-édition 12bis/Fayard), et Ma première croisade (Georges Bush s’en va-t-en guerre) publié par Les échappés, maison d’édition parrainée par Charlie Hebdo et dont il est un des actionnaires.

Riss raconte à Didier Pasamonik, son itinéraire professionnel, de la SNCF (comme Gébé) au Charlie Hebdo de Philippe Val, en passant par La Grosse Bertha.

Riss évoque aussi « l’affaire Siné » qui a pas mal ébranlé la rédaction de Charlie. A lire sur le site Actua BD.

Unique à jamais : Reiser

samedi 1 novembre 2008

Le nouvel observateur« Nous autres, survivants d’«Hara-Kiri», nous n’avons cessé depuis vingt-cinq ans de parler entre nous de Reiser. Il était le plus jeune. Quand il sut qu’il allait mourir, il nous dit : «Je ne serai jamais un vieux con.» Il était sûrement celui qui l’aurait risqué le moins !

Curieux, sans cesse à l’affût, voulant savoir, désirant faire, s’éclairer au solaire, avant tout le monde, imaginer une maison intelligente, avant tout le monde, être un pionnier du deltaplane. Il décortiquait, il démontait comment ça marche.

Comprendre les choses, les hommes, la société. Tout l’épatait. La bêtise en action, les réalisations de l’intelligence. L’œil à tout, partout, sur tout, il prenait à témoin. C’est souvent, d’ailleurs, dans ses dessins, que le lecteur est pris à témoin.

Qui c’était, le dessin le plus drôle ? Le dessin de Reiser. Qui c’était, le dessin le plus fort ? Reiser. Vous ne rencontrerez pas un dessinateur qui ne vous dira son admiration pour Reiser. Reiser qui se prononce rézère, pas raïzeur, tâchez de vous en souvenir.

Reiser qui ne se prenait pas pour le plus fort. Pour lui, le plus fort, c’était Gébé. »

Reiser, c’est Delfeil de Ton qui en parlera toujours le mieux. 

Ces lignes sont extraites d’un texte paru dans le n°2295 (30.10.2008) du Nouvel Observateur qui rend un hommage au dessinateur disparu il y a 25 ans.

Vive les femmes de ReiserHara-Kiri Une de Reiser : Le concordeDu 30 octobre au 18 décembre, huit albums légendaires de Reiser seront vendus avec l’hebdomadaire : Vive les femmes !, les Copines, Gros Dégueulasse, la Vie au grand air, Mon papa, On vit une époque formidable, la Vie des bêtes et son tout premier livre Ils sont moches.

Autre raison de célébrer cet auteur mort trop tôt à 42 ans, l’exposition que propose Le Musée de l’Air et de l’Espace (aéroport de Paris-Le Bourget) jusqu’au 4 janvier 2009 et qui rassemble les dessins de Reiser sur l’aviation (entrée libre).

Le canard enchaîné hebdo

jeudi 30 octobre 2008

Ce blog l’annonçait il y a quelques mois, l’album Le Canard enchaîné, 50 ans de dessins, La Ve République en 2000 dessins (1958-2008) est désormais disponible en librairie.

Le canard enchaîné - 50 ans de dessinsSon éditeur, Les Arènes, annonce 650 pages, 300 événements majeurs passés au crible, 50 textes inédits de l’historien Laurent Martin et de Patrice Lestrohan, journaliste au Canard, sur les grandes « affaires » révélées par l’hebdomadaire, 26 portraits de dessinateurs, 9 présidences passées en revue, 1’index des personnages et des événements dessinés et un index des dessinateurs. Au total un album de 4,5 kg vendu 69 €.

Jacques Lamalle, ancien journaliste du Canard enchaîné, et véritable maître d’œuvre de l’ouvrage parlent de son travail colossal, il a visionné 75 000 dessins, au micro de Thierry Geffrotin sur le site d’Europe 1.

Cet ouvrage est aussi un véritable événement, car longtemps la direction du Canard enchaîné a refusé tout projet éditorial. Il est aussi l’occasion de se rendre compte que depuis les arrivées de Pétillon en 1993 et de Lefred Thouron en 1994, aucune nouvelle signature n’est venue rejoindre l’équipe des dessinateurs.

À noter que le canard dessiné qui orne la couverture et la manchette du journal chaque semaine est l’œuvre de Henri Guilac