Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour la catégorie ‘Presse’

Presse satirique cherche dessinateurs désespérément

vendredi 29 mai 2015

Lindingre-CanardDe « nouvelles » signatures de dessinateurs dans la presse satirique : Vuillemin publie un dessin dans Charlie Hebdo (n°1192), et rejoint Gros, Félix, Faujour, Juin (?), venus en renfort de Luz, Riss, Coco, Catherine Meurisse et Foolz, depuis le 7 janvier.

Canard fete 2015Dans Le Canard enchaîné c’est Lindingre qui publie dans le n°4935 un dessin (en illustration) et retrouve Diego Aranega (dont un dessin paraît pour la première fois en Une du journal), Bouzard, Aurel, les dernières recrues de l’hebdomadaire.
Les autres signatures qui apparaissent dans le Canard sont celles d’Escaro, Kerleroux, Cardon, Wozniak, Pétillon, Lefred Thouron, Kiro, Delambre, Pancho, Gerthman, Potus, et Mougey qui a signé cette année le carton d’invitation au pot du Canard avec un hommage à Cabu (en illustration). A noter que Jean-Luc Porquet consacre cette semaine un article au livre « Catharsis » (Futuropolis) illustré par un dessin de Luz. Il termine son texte en écrivant « Jamais le trait de Luz n’a été si sensible, si juste. » et rappelle que l ‘album est dédié « à ceux qui sont partis. Pour ceux qui restent. »

Le manifeste “Le Crayon”

mardi 26 mai 2015

lecrayon« En réaction aux évènements tragiques de janvier » (à Charlie Hebdo), de plus en plus nombreux sont ceux qui veulent sauver le dessin de presse et la liberté d’expression. C’est aussi l’objectif que s’est fixé Christian-Alexandre Faure, docteur en histoire, chercheur et spécialiste des idéologies, en lançant le manifeste « Le Crayon » et une association au titre éponyme.

Son but est d’aller « vers les écoles, collèges et lycées, en organisant des ateliers animés par des dessinateurs de presse, des journalistes, des maquettistes et des historiens afin de  sensibiliser et d’éduquer les jeunes générations à la laïcité, à la liberté de pensée, en les aidant notamment à créer leurs propres journaux. Il souhaite également mettre en place ” des débats, des projections de films et, chaque année, un salon du dessin de presse et de la liberté d’expression à Ramatuelle (Var). » Un premier débat a déjà eu lieu le 11 mai avec pour thème « Peut-on encore rire de tout ? »

Dans un article publié en février dans Var-matin Christian-Alexandre Faure expliquait : « À terme, je veux arriver à mettre en place une structure pédagogique dont je serai la cheville ouvrière pour former les enfants et les enseignants à la culture de l’image et de la liberté d’expression ainsi qu’à l’importance de la presse. »

Le Crayon sur Facebook.

Merci à C.B.

Zélium n°3 est dans les kiosques

lundi 25 mai 2015

Zelium_Vol2_n3_Une_light-724x1024L’équipe du mensuel Zélium lance un appel à tous les blogs, réseaux sociaux, etc., pour qu’ils relaient l’annonce de la présence chez les marchands de journaux du n°3, Spécial corruption, et ce afin de booster les ventes.

Dessins de Ahmed, Aurel (qui signe le dessin de couverture ci-contre), Bar, Berth, Caritte, Rémy Cattelain, Charmag, Chimulus, Clé, Decressac, Deloire, Slobodan Diantalvic, Faro, Fathy, Faujour, Félix, Flavien, Flask, Flock, Gab, Giemsi, Glez, Goubelle, ÏoO, Ivars, Lacase, Lacombe, Lardon, Large, Lasserpe, Yassin Latrache, Mutio, Mykaïa, Pakman, Pixel Vengeur, Rodho, Rousso, Sergio, Sié, Sondron, Soulcié, Swaha, Toma CHKP, Troud, Willis From Tunis et Wingz.

En ce qui concerne ce blog, c’est fait.

Anne Hommel patronne de Charlie Hebdo ?

jeudi 21 mai 2015

Coco-1191Interview de Riss, dessinateur et directeur de publication* dans Le Monde, communiqué à l’AFP, droit de réponse évasif d’Eric Portheault dans le Petit Journal (Canal+), habituellement cela s’appelle allumer des contrefeux.

Il faut dire que la direction de Charlie Hebdo doit répondre non seulement au manifeste du collectif de membres de la rédaction et des familles de victimes publié dans Le Monde, mais aussi à l’image fâcheuse qu’a donné le journal en envoyant une lettre de licenciement, vite rendue publique par l’intéressée Zineb El Rhazoui.

Rajoutez à cela l’annonce du départ en septembre de Luz pour des raisons très personnelles, mais que les médias avides de polémiques ont immédiatement amalgamé à la situation de l’hebdo satirique, et vous aurez une (petite) idée des problèmes internes au sein de l’équipe.

A écouter les réponses d’Eric Portheault sur Canal+, c’est évident que deux camps s’affrontent, ceux qui vont déposer « la semaine prochaine » sur un compte de la caisse des dépôts et consignation les dons reçus il y a plusieurs mois et qui s’interrogent sur la notion de « victimes » du 7 janvier (sic), et ceux qui souhaiteraient un peu plus de transparence sur cette “gestion” qui conditionne l’avenir du titre.

On peut enfin s’étonner de la surexposition des dirigeants de Charlie dans la presse, qui, si elle assure le chiffre d’affaire de la « Dircom* » (Libé) Anne Hommel, « spécialiste de la communication de crise », semble aussi se faire au détriment de leur sécurité. ff.

* Un directeur de la publication, un directeur financier, une directrice de la communication, une directrice des ressources humaines, il semblerait que le quota de directeurs soit atteint à Charlie Hebdo.

En illustration la Une du n°1191 de Charlie Hebdo, une première pour la dessinatrice Coco.

Luz à la Une de Libération

lundi 18 mai 2015

Luz-Une-de-LibeAprès la mise au point de Riss dans Le Monde, c’est au tour de Libération de donner la parole à Luz qui explique sur quatre pleines pages les raisons de son départ du journal en septembre.

Extraits :

« Il y a eu une volonté collective de continuer très vite. Moi, j’avais besoin de temps, mais j’ai suivi par solidarité, pour laisser tomber personne. Sauf qu’à un moment donné, ça a été trop lourd à porter. Il n’y avait plus grand-monde pour dessiner : je me suis retrouvé à faire trois unes sur quatre. Chaque bouclage est une torture parce que les autres ne sont plus là. Passer des nuits d’insomnie à convoquer les disparus, à se demander qu’est-ce que Charb, Cabu Honoré, Tignous auraient fait, c’est épuisant. »

« Beaucoup de gens me poussent à continuer, mais ils oublient que le souci c’est l’inspiration. Si l’actu ne t’inspire plus, tu peux toujours dessiner, c’est presque pavlovien, mais tu vas refaire une idée que tu as déjà faite. Cette décision du départ elle est aussi dans cette angoisse : la peur d’être mauvais. J’entendais encore l’autre jour une porte-parole des verts qui se demandait s’ils entraient au gouvernement… mais qu’est-ce que j’en ai à branler ? Ces petits événements anodins, ça me passe au-dessus de la tête désormais parce qu’on a vécu quelqu’un chose qui n’est pas anodin. »

En illustration la Une de Libération du 18 mai 2015 consacrée à Luz.

A lire également le très long entretien que Luz a accordé à Frédéric Potet pour le blog du Monde “Les petits Miquets“.

Dans un communiqué diffusé à l’AFP, sans doute par Anne Hommel  présentée dans Libération comme la “Dircom” du journal, Charlie Hebdo joue la transparence financière et explique que les “environ 4,3 millions d’euros” de dons recueillis après le 7 janvier seront intégralement reversés aux familles de victimes.

Riss fait le point sur Charlie Hebdo

lundi 18 mai 2015

Charlie 1189Beaucoup d’informations, à la source, dans l’article que Le Monde consacre à Riss, nouveau directeur de Charlie Hebdo. Celui-ci y évoque le cas Zineb El Rhazoui : « Elle n’assure pas les obligations de son contrat de travail de façon satisfaisante. Cela pose des problèmes concrets au fonctionnement de la rédaction. Des remarques lui ont été faites. J’en ai eu marre. J’ai demandé à notre avocat quoi faire. J’espère que le courrier envoyé remettra les choses sur les rails. »

A propos de Riss, le journaliste écrit « Réputé pour la rigidité de son caractère, plus intéressé par le contenu que par les débats juridiques ou économiques, Riss se dit ouvert au dialogue. Mais assume aussi ses choix. » Un dialogue qui devrait peut-être porter sur les revendications de l’équipe concernant l’ouverture du capital à tous les salariés. Une discussion qui pourrait avoir lieu en septembre après la mise en place de la nouvelle formule du journal.

Au passage on apprend aussi que l’hebdomadaire compte 270 000 abonnés et vise à terme une vente de 100 000 exemplaires. A noter que le projet de fondation pour le dessin de presse a été « mis en suspens », « la priorité, c’est le journal », explique Riss. Le Monde précise que l’avocat Richard Malka, qui s’y était impliqué, a désormais décidé de s’en tenir à un rôle de défense du titre dans les affaires de droit de la presse.

Riss parle également de l’avenir du journal dont il aimerait qu’il ait « une longueur d’avance sur les sujets et l’actualité », et dont l’urgence est de trouver une « nouvelle génération » de dessinateurs, « comme Cabu quand nous sommes entrés au journal, Charb, Luz et moi, en 1992 », et « de garder le « ton Charlie », « joyeux ». »

En illustration, une des dernières Unes signée Riss.