Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Patrick Pelloux’

Post-trauma

mardi 11 octobre 2016

calme-et-tranquilleNe pas se fier au titre. « Calme et tranquille » (Le Tripode), parle de proches disparus, de suicide, d’amour, d’amants, d’escapades stambouliotes passionnées, de mort.

Certains traduisent leurs émotions et leur désarroi par le dessin, d’autres optent pour le silence ou la psychanalyse, Valérie Manteau a choisi l’écriture. Une écriture sensible pour exprimer l’indicible, apaiser le chagrin. Des mots pour circonscrire le « sentiment de douleur ».

L’auteure en est sûrement consciente, on lui parlera inévitablement (ce que je fais) de Cabu, Wolinski, Laurent Léger, Charb, Gébé, Riss, Tignous, Catherine, Bernard Maris, Patrick Pelloux, Mustapha Ourrad, Luz, Honoré, que l’on croise dans ces pages. Autant de personnages de cette « fraternité » qui a embellit sa vie à Charlie Hebdo. Mais, il ne faut pas se méprendre, ce beau texte est avant tout l’histoire d’une jeune femme brillante confrontée à « l’universelle douleur humaine ».

Extrait :

[…] Je voudrais que vous sachiez que ce que vous avez vécu, tout ça… C’est pas ça la vie.

Je grince des dents. Mais qu’est-ce qu’elle raconte. Qu’elle se taise. Qu’elle se taise j’ai trop besoin d’elle pour qu’elle ruine tout avec des mots trop légers à la surface de la réalité brute, violente, la réalité qui n’a demandé l’avis de personne pour être la simple et idiote réalité de la vie, quoi qu’elle en dise.

Il faut vous dire qu’ils sont morts comme ils ont voulu vivre, libres… […]

Une anthologie Tignous

lundi 12 octobre 2015

ob_078c04_9782812313431-001-tSoirée Tignous au Théâtre du Rond-Point le jeudi 15 octobre 2015 à l’occasion de la parution de l’anthologie Tignous réalisée par Chloé Verlhac, sa femme, et publiée par les éditions du Chêne, avec la participation de Christophe Alévêque, Sophia Aram, Isabelle Autissier, Daniel Herrero, Jean-François Kahn, Pierre Laurent, François Morel, Patrick Pelloux, Daniel Pennac, Renaud, François Rollin, Siné, Christiane Taubira, Gilbert Thiel, pour les textes.

A partir de 19h 30 à la librairie du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin-Roosevelt, 75008 Paris.

Après le livre « Comment rater ses vacances » avec Pascal Gros, le calendrier perpétuel et cette anthologie (tous aux éditions du Chêne), devraient encore paraître un album sur les reportages de Tignous, et en novembre chez Glénat, un livre sur l’envers des prisons « Murs Murs », préfacé par Christiane Taubira, ministre de la Justice.

Charlie Hebdo : le tragique et la tragédie…

lundi 22 juin 2015

718368-charlieLu sur Facebook le mot de Yan Lindingre, rédacteur en chef de Fluide glacial et dessinateur :

 » Je suis Charlie.

J’ai fait savoir à  ceux qu’on pourrait appeler « les frondeurs », que je les soutiens dans leur démarche, à savoir celle qui consiste à avoir droit au chapitre, à décider collégialement de l’avenir de leur journal. Ce qui leur est refusé par l’actuelle direction.

Je ne suis pas Charlie.

J’ai appris par plusieurs sources que l’actuelle direction de Charlie n’a rien versé aux collègues hospitalisés depuis janvier.
Fabrice Nicolino, Philippe Lançon et Simon Fieschi ont été abandonnés à leur sort. Bien sûr, on me rétorquera que « c’est plus compliqué que ça ». Ben non, c’est pas plus compliqué que ça… De rendre visite à ses potes hospitalisés et de leur verser leur salaire, quand on est assis sur une fortune amassée sur (notamment) leur dos, leurs jambes, leur mâchoire.

J’incite les gens qui savent comment faire à lancer une collecte afin que Simon (que je ne connais pas personnellement) puisse se payer un fauteuil électrique. Pour que les trois aient de quoi manger, payer leur loyer.

Je ne sais pas ce qu’en pensera madame Anne Hommel (si elle prend le temps entre deux conseils à Cahuzac et à DSK), monsieur Malka (entre deux conseils à DSK et à Clearstream), puisque ce sont eux qui décident de l’avenir de Charlie et en quelque sorte du sort de nos confrères hospitalisés, oubliés.

Y. Lindingre »

L’illustration de cet article (dessin de Charb) a été changée pour éviter toute mauvaise interprétation.

Luz à la Une de Libération

lundi 18 mai 2015

Luz-Une-de-LibeAprès la mise au point de Riss dans Le Monde, c’est au tour de Libération de donner la parole à Luz qui explique sur quatre pleines pages les raisons de son départ du journal en septembre.

Extraits :

« Il y a eu une volonté collective de continuer très vite. Moi, j’avais besoin de temps, mais j’ai suivi par solidarité, pour laisser tomber personne. Sauf qu’à un moment donné, ça a été trop lourd à porter. Il n’y avait plus grand-monde pour dessiner : je me suis retrouvé à faire trois unes sur quatre. Chaque bouclage est une torture parce que les autres ne sont plus là. Passer des nuits d’insomnie à convoquer les disparus, à se demander qu’est-ce que Charb, Cabu Honoré, Tignous auraient fait, c’est épuisant. »

« Beaucoup de gens me poussent à continuer, mais ils oublient que le souci c’est l’inspiration. Si l’actu ne t’inspire plus, tu peux toujours dessiner, c’est presque pavlovien, mais tu vas refaire une idée que tu as déjà faite. Cette décision du départ elle est aussi dans cette angoisse : la peur d’être mauvais. J’entendais encore l’autre jour une porte-parole des verts qui se demandait s’ils entraient au gouvernement… mais qu’est-ce que j’en ai à branler ? Ces petits événements anodins, ça me passe au-dessus de la tête désormais parce qu’on a vécu quelqu’un chose qui n’est pas anodin. »

En illustration la Une de Libération du 18 mai 2015 consacrée à Luz.

A lire également le très long entretien que Luz a accordé à Frédéric Potet pour le blog du Monde « Les petits Miquets« .

Dans un communiqué diffusé à l’AFP, sans doute par Anne Hommel  présentée dans Libération comme la « Dircom » du journal, Charlie Hebdo joue la transparence financière et explique que les « environ 4,3 millions d’euros » de dons recueillis après le 7 janvier seront intégralement reversés aux familles de victimes.

Charlie Hebdo, ce n’est toujours pas réparti !

vendredi 10 avril 2015

Signalé par un des lecteurs du blog, un article (non signé) à vocation fielleuse paru le 20 mars 2015 dans Le Point sur Antoine Comte, un des avocats choisi par le Collectif Charlie Hebdo et plusieurs familles de victimes du journal.
Pas un mot en revanche sur Richard Malka, avocat « historique » de Charlie Hebdo, mais aussi de Dominique Strauss-Kahn, Clearstream, Manuel Valls (contre Dieudonné), entre autres, et que Philippe Val qualifie d’ami et de frère en 2009.

718368-charlieRappelons qu’une quinzaine de salariés de Charlie ont fait appel à Antoine Comte et à Stéphane Servant pour contrer le rouleau compresseur de l’avocat Richard Malka (assisté de l’omniprésent Christophe Thévenet), qui semble vouloir mettre le journal en coupe réglée avec à la clé la réorganisation de la rédaction et la « répartition » du pactole reçu après le 7 janvier 2015.

Aujourd’hui une campagne finement orchestrée dans les médias (par Anne Hommel une amie de R. Malka ?) tend à faire croire que le collectif ne serait intéressé que par cet argent alors que le texte de leur tribune est parfaitement clair sur leurs objectifs (Texte intégral). Patrick Pelloux déclarait d’ailleurs dans Le Monde « On essaye de nous faire passer pour des cupides, c’est n’importe quoi », rajoutant « la direction ne peut simplement pas rester dans les mains de deux personnes [les actionnaires Riss et M. Portheault] ».

Du côté de Richard Malka les finalités semblent plus opaques, comme cette création d’une fondation du dessin de presse dont on peut s’interroger sur le contenu et la réelle utilité, en dehors d’être une véritable usine à gaz juridique et à recyclage de dons. f.f.

Bonus
Ci-dessous un extrait du passage de Philippe Val dans Le Supplément de Canal+ (en promo chez ses amis des médias pour son dernier livre) :

« Maïtena Biraben : On va rester sur ce qui vous concerne, puisqu’on parle de ces dividendes que vous avez touché avec Cabu pour le numéro emblématique « C’est dur d’être aimé par les cons », 300 000 euros chacun, est-ce que vous le confirmez ?
Philippe Val : Heu, c’est compliqué à expliquer. Je voulais… Cabu et moi, on voulait céder notre journal à Riss et à Charb, et à d’autres aussi qui ont refusé. Ils n’avaient pas les moyens, et fiscalement c’était impossible pour eux. Il fallait dégonfler le capital. Moi comme je partais on a dégonflé le capital, de façon à qu’ils puissent avoir des actions, qu’ils puissent posséder le journal pratiquement gratuitement, sinon c’était impossible.
Maïtena Biraben : La somme vous la confirmez ?
Philippe Val : Oui, il y a eu 300 000 euros qui leur ont permis d’accéder à la possession du journal. C’était un journal qui nous appartenait à Cabu et à moi, on leur a donné gratuitement. »

Bien évidemment tout ceci est faux et un énorme mensonge comme d’habitude chez Val. Le Collectif Charlie Hebdo a bien raison de vouloir être défendu.

Un hors-série de « dBD » sur le dessin de presse

lundi 23 mars 2015

Cov dBDblogLe magazine dBD consacre un numéro hors-série au dessin de presse satirique, et à un hommage à Charlie Hebdo.

Dans les 96 pages très illustrées de ce dossier, on peut lire de nombreux entretiens, avec des dessinateurs : Siné, Lefred Thouron, Solé, Pancho, des éditeurs : Hervé Desinge, Lionel Hoëbeke, Jean-Louis Chiflet, ou des proches des dessinateurs disparus Marika, Patrick Pelloux pour Charb, Bernard Fournier pour Cabu.

Frédéric Bosser, maître d’œuvre de ce hors-série, publie également un entretien avec Eric Emptaz, rédacteur en chef du Canard enchaîné, et un autre avec Jean-Louis Porquet, dont Cabu illustrait la chronique « Plouf ! » dans le Canard.

Plusieurs autres témoignages, Charlie Bouhana (Cuba Si), José Fort (L’Humanité) Daniel Fuchs (Hara-Kiri), Numa Sadoul (« Dessinateurs de presse », Glénat), Jean-Michel Ribes (théâtre du Rond-Point), et Ronald Virag (« Bitologue » de Wolinski), complètent ce numéro très riche en anecdotes et souvenirs.

En illustration, la couverture avec un dessin signé Beb-deum.

(Petites précisions : je signe plusieurs articles dans ce numéro (journaux satiriques, la relève du métier) et je répond aux questions de Frédéric Bosser  sur la création de l’hebdomadaire La Grosse Bertha, mais, contrairement à ce qui est indiqué dans l’édito, je ne suis pas « historien » du dessin de presse. Je rajouterai ni spécialiste, tout au plus un passionné et ardent défenseur de ce moyen d’expression. f.f.)