Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘La Charente libre’

J-C Menu et l’esprit Charlie à Angoulême

vendredi 30 janvier 2015

1-3-LAUREAT2015-CH2Extraits de la prise de parole de Jean-Christophe Menu (L’Apocalypse) lors de la remise du Grand prix spécial à Charlie Hebdo à Angoulême (source La Charente libre) :

« Etre Charlie, c’est d’en avoir rien à branler. C’est ça la meilleure réponse »

« L’esprit Charlie, ce n’est pas de transformer en héros nationaux des satiristes qui chiaient sur le pouvoir, de faire sonner Notre Dame pour des anticléricaux« … « c’est de dire que le maire d’Angoulême est un con quand il pose des grillages sur des bancs. Voilà, je transmets ».

« Tout se mélange avec tous ces hommages un peu foireux. On a juste envie de dire fuck ». (Venir chercher ce prix ?) « C’est Luz qui me l’a demandé. Il m’a dit : ‘sois toi et tu seras nous. Démerde toi’. J’en ai pas dormi pendant trois jours ».

« L’humour et la démocratie, c’est kif kif. Le progrès, c’est 250 ans depuis la Révolution. La régression, elle, prend 15 secondes avec une kalachnikov. L’humour est la meilleure réponse, car une société qui ne rit plus, qui vit dans la terreur, n’a plus de sens ».

« Vive Charlie Hebdo, vive Le Canard enchaîné, vive Siné mensuel, vive toute la presse satirique, et l’autre, l’autre, quand elle se sera sorti les doigts du cul et qu’elle commencera à contribuer à sauver la planète, alors ce jour-là, l’autre, on lui dira peut-être aussi Vive la France et qu’elle est Charlie. »

Une autre perception de l’intervention par France Inter qui titre sur son site Internet : « Angoulême : l’hommage à Charlie, l’insulte au maire… ». A écouter sur ce même site l’intervention intégrale de Jean-Christophe Menu (4,17′)

Angoulême comme si vous y étiez (ou presque) 2

samedi 1 février 2014

La presse régionale titre sur  la disparition de Cavanna. La Charente libre titre en Une « La BD sans Cavanna » ou « Le festival pleure Cavanna » sur ses affichettes. Cela aurait surement amusé Cavanna lui qui aurait aimé faire une carrière de dessinateur qu’il a débutée sous le nom de Sépia et qui n’a jamais écrit de scénarios de BD. Il a quand même été avec son compère Choron l’éditeur de Charlie mensuel, de l’hebdomadaire BD, et ils ont publié de nombreuses bandes dessinées y compris dans Hara-Kiri, signées entre autres Gébé, Reiser, Cabu, Willem, Tardi, Schlingo, Poussin, Alex Barbier, etc., etc. Ceci explique peut-être cela.

Suite de la visite des expositions proposées à Angoulême  :

L’exposition Tardi est une des plus importantes par la qualité des images proposées et par la mise en scène. Si on peut apprécier le talent du dessinateur à travers de nombreux originaux et ses mises en couleurs, la profusion très répétitive des images donne un sentiment de trop plein. D’autant plus que la scénographie à base d’ampoules éblouissantes et de cadres à vitres brillantes ne facilitent pas la lecture. A voir malgré tout, Tardi est un grand dessinateur.

Déception pour l’exposition Gus Bofa qui ne présente que des reproductions (phototypies, eaux-fortes) ce qui heureusement ne gâche pas le plaisir d’apprécier le talent graphique de ce dessinateur. La proximité avec l’exposition Tardi permet aussi de mesurer l’influence qu’a eu cet artiste sur de nombreux auteurs contemporains. Rappel les éditions Cornélius ont publié « Gus Bofa, l’enchanteur désenchanté« .

Beaucoup de monde pour l’exposition Willem, avec de très nombreux originaux que le dessinateur a conservé depuis ses débuts en Hollande et les années 1970, date de son apparition dans la presse française notamment dans L’Enragé. La présentation sobre et commentée par des panneaux de l’auteur permet de parcourir la carrière de celui qui est devenu un de nos plus grand dessinateurs actuels. A ne pas rater. L’exposition ne fermera ses portes que le 9 mars 2014. Un 4 pages a été édité à cette occasion par le quotidien Libération.

Mauvaise surprise en revanche pour « l’exposition »  sur les violences faites aux femmes « En chemin, elle rencontre… » présentée dans le hall du Palais de Justice. Si le sujet est hautement important il est regrettable qu’une mise en page confuse des panneaux noie graphiquement le contenu et les dessins censés nous sensibiliser aux thèmes abordés. A chacun cependant de se faire une idée.

En attendant, dimanche, l’annonce du nom du lauréat du Grand prix de la ville d’Angoulême (soit Bill Watterson (Calvin & Hobbes), ou le mangaka Katsuhiro Otomo (Akira) , ou Alan Moore, auteur de « From Hell »), Yves Frémion a dévoilé celui du 18ème Prix Tournesol qui récompense la BD « la plus écolo de l’année » et qui a été attribué à « Plogoff » d’Alexis Horebellou et Delphine Le Lay (éditions Delcourt).

A suivre.

(Le logotype interdit de manger dans l’exposition n’est pas de Gus Bofa)