Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour février 2009

Dessinateurs sur le net

Samedi 28 février 2009

Vu par WiazLe dessinateur Ga (qui signe aussi Gaël, notamment dans Fluide Glacial) propose sur le site de Rue89.com aux internautes d’imaginer la suite d’une bd qu’il a intitulé « Une journée dans la crise ».

Si Le Monde ne diffuse sur son site que les dessins du jour, celui du Nouvel Observateur archive et propose à la lecture tous ceux de son dessinateur Wiaz parus depuis le mois d’août 2007. 

Le blog est aussi un bon moyen de montrer et faire connaître son travail. C’est ce que fait  le dessinateur Mykaïa qui non seulement a créé un site internet  mais a également ouvert un blog. Mykaïa dessine aussi pour Rue89.com

Bizarre, vous avez lu Bizarre

Vendredi 27 février 2009

Anthologie BizarreL’excellent site Actuabd.com publie un article annonçant  la parution de l’anthologie de Jean-Marie Lhôte  consacrée à la revue Bizarre

Extraits de la présentation de l’auteur sur le site de l’éditeur, Berg international :

« La revue Bizarre, « revue littéraire et artistique » fortement influencée par le surréalisme, donne, de 1953 à 1968, 48 livraisons. Fondée par Michel Laclos, éditée par Éric Losfeld puis, à partir de 1955, par Jean-Jacques Pauvert elle annonce, par son titre même, ses ambitions et son contenu. Laclos et ses auteurs se passionnent pour les sujets les plus étranges et affichent des goûts éclectiques. Grands amateurs de littérature, ils consacrent le premier numéro à Gaston Leroux et au roman policier, un autre – dirigé par Raymond Queneau – aux fous littéraires, un autre encore à Raymond Roussel. Ils sont parmi les premiers à parler de science fiction et abordent également la question des « monstres » qui nous entourent. Raymond Queneau, mais aussi Jean-Christophe Averty, Michel Leiris, Jean-Marie Lhôte ou François Caradec contribuent à la revue. Bizarre accueille également de nombreux dessinateurs refusés par les grands organes de presse. Annonciatrice des bouleversements de Mai 68, la revue Bizarre a occupé une place considérable dans le paysage culturel français.

[…] Bizarre était vraiment la revue de l’époque. Les numéros spéciaux, particulièrement, attiraient l’attention. Nous avions fait ‘‘Les Fous littéraires’’, ‘‘La Joconde’’, ‘‘Les Dessins inavouables’’, ‘‘Les Mystères de Rembrandt’’, ‘‘Les Monstres’’.

Les dessinateurs que nous révélions depuis Siné renouvelaient le genre. […]. Début 1960 déjà, nous avions publié coup sur coup deux numéros : ‘‘Dessins inavouables’’ et ‘‘Supplément aux dessins inavouables’’. Fort bien présentés par Michel Laclos, ils rassemblaient les dessins refusés par la presse française, encore bien conventionnelle. Folon, Chaval, Gébé, Topor, Cardon, Le Foll, Siné bien sûr, Maurice Henry, Trez, Mose, André François (je ne peux pas les citer tous), y installaient le dessin d’humour moderne. C’était le début d’une époque…

La nouvelle génération de dessinateurs se met à graviter autour de Bizarre et porte au cœur, sous diverses formes, l’explosion du printemps 1968. Siné est le chef de file, il apparaît dès 1955, avec des dessins anticléricaux qui sont dans les sommets du genre, cruels et drôles. » (Jean-Jacques Pauvert, Mémoires). 672 pages, 45 € (quand même).

XXI, la revue du siècle et des gens ordinaires

Jeudi 26 février 2009

xxiSur le site de Lexpress.fr article de Jérôme Dupuis, sur « Le phénomène XXI » publication atypique qui fête sa première année d’existence. Une revue trimestrielle vendue en librairie et qui fait largement appel au dessin pour illustrer ses articles et reportages. Sur le blog de la revue on trouve le sommaire de chaque numéro et une courte biographie des illustrateurs qui y ont participé.

L’auteur de l’article précise que la phrase que les éditeurs, Laurent Beccaria et Patrick de Saint-Exupéry, on le plus entendu lorsqu’ils ont voulu lancer ce projet a été : « Ça ne marchera jamais, votre truc ! » La vente de chaque numéro est de 35 000 exemplaires au prix de 15 euros. 

À noter qu’un des reportages  paru en 2008 (n°4), « Les crocodiles du Zaïre » d’Anna Miquel, illustré par Jean Lecointre, a eu les honneurs du Prix Louis Hachette, distinction qui pour la presse écrite récompense les meilleurs reportages, enquêtes, chroniques ou portraits parus dans le presse au cours de l’année écoulée. 

Dans le même article de Lexpress.fr, Laurent Beccaria  patron des éditions Les Arènes, qui édite XXI, se réjouit du succès de l’intégrale des dessins du The New Yorker vendue à 10 000 exemplaires et des  60 000 exemplaires vendus du gros ouvrage 50 Ans de dessins du Canard enchaîné.

Illustration : la couverture du n°5 de XXI. Dessin de Olivier Kugler.

Plaisir et humour noir

Jeudi 26 février 2009

Plaisir de Medi HoltropLe Grand Prix de l’Humour noir – Grandville 2009 a été décerné à Medi Holtrop pour son ouvrage Plaisir publié par les éditions Orbis Pictus Club

Sur le site Mediapart Stéphane Vallet présentait ainsi l’ouvrage lors de sa sortie :

« Medi Holtrop est une artiste d’origine norvégienne. […] Dans Plaisir, une série de 75 dessins au plomb, en noir et blanc, elle fait preuve d’un singulier talent. Et offre ses plus beaux vertiges. Des autoportraits où elle « expose », notamment, comme l’écrit Pierre Bourgeade dans la préface, « son amour de la sexualité ».

Univers obsessionnel, sorti de rêves et de contes de l’enfance. On ressent aussi cette mélancolie si particulière des pays scandinaves. Et l’absence de culpabilité et de tabous. Medi Holtrop est une femme libre, et généreuse. Ces autoportraits, ludiques et ironiques, parfois sarcastiques, à l’humour noir cinglant, sont autant de doubles qu’elle met en scène, avec toujours « la nostalgie d’une petite fille qui rêve » ». 

Ddessin de Medi HoltropDans un entretien avec Jacques Vallet, publié en fin d’ouvrage, Medi Holtrop retrace son parcours. Enfance à Oslo, entre un père négociant en vins et alcools (issu d’une famille les plus anciennes de Norvège), et une mère artiste, très libre et pacifiste, qui milita dans les années 30 avec Wilhelm Reich et Willy Brandt. A 16 ans, la jeune fille est reçue au concours des beaux-arts d’Oslo, et y étudie pendant cinq ans. Elle travaille dans une imprimerie, puis enseigne pendant trois ans le dessin et l’histoire de l’art en Norvège. […] 

Le 13 juillet 1969, elle rencontre Willem à La Palette, à Paris. Il ne se sont plus jamais quittés. Pendant quinze ans, elle restera dans l’ombre :  »C’était Willem le dessinateur, pas moi. J’ai choisi et je n’ai jamais récriminé. Mais je pensais : « Ce n’est pas seulement Willem, il y a moi aussi. On est égaux. Il est meilleur que moi, mais on est égaux »

L’autre petit Nicolas

Mercredi 25 février 2009

Le petit Nicolas à la fnacLe petit Nicolas - Le ballonDu 20 février au 25 mars 2009, neuf magasins Fnac célèbrent à travers une exposition rétrospective les 50 ans du Petit Nicolas  de Sempé et René Goscinny. À Paris les magasins Ternes, Forum des Halles, Montparnasse, en région, les magasins de Reims, Rouen, Bordeaux, Toulouse Labège, Lyon Bellecour et Marseille, accueilleront chacun une quarantaine de dessins en noir et blanc et des aquarelles de Sempé. Quatre dessins de Sempé édités en série limité – 149 exemplaires — et signés, seront proposés à la vente au prix de 95 €.

Ces évènements accompagnent la parution du tome 3 des inédits du Petit Nicolas, Le Ballon et autres histoires inédites. Éditions IMAV éditions.

Siné n’a jamais été antisémite

Mercredi 25 février 2009

Sine hebdo - mal élevé

L’ambiance du prochain comité de rédaction de Charlie 2€ Hebdo risque d’être pesante après la relaxe du dessinateur Siné prononcée le 24 février par le Tribunal de grande instance de Lyon qui le disculpe de l’accusation de soupçon d’antisémitisme soufflée par Claude Askolovitch, portée par Philippe Val, et relayée devant les tribunaux par la LICRA*.

Philippe Val avait ainsi justifié le licenciement de Siné du journal dont il est le directeur et le propriétaire avec Cabu. Un licenciement, qui se révèle aujourd’hui sans motif réel et sérieux, et qui avait jeté le trouble au sein de la rédaction, divisée sur cette décision, mais aussi au sein des lecteurs.

Bilan de l’affaire, Charlie 2€ Hebdo a perdu plusieurs milliers de lecteurs, Siné a créé avec succès un journal concurrent, Cavanna soutient publiquement Siné, et, dernier rebondissement, deux collaborateurs de Charlie, pour l’instant, viennent de rejoindre  la rédaction de Siné HebdoSiné et ses avocats s’interrogeraient actuellement sur les suites à donner à cette relaxe.

* Siné était«  Prévenu de provocation à la discrimination nationale, raciale, religieuse par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique  » pour des extraits de ses chroniques concernant la tenue vestimentaire d’intégristes musulmans et les conditions du mariage de Jean Sarkozy.

Extrait du témoignage de Guy Bedos en faveur de Siné lors du procès  :

«  Il faut savoir lire, écouter les humoristes. Siné est un humoriste ! L’humour est une langue étrangère et parfois il faut des sous-titres. Siné est un provocateur, un malade de la provocation.
Je suis étonné, ayant lu les phrases incriminées. Ce sont les phrases d’un athée, je ne savais pas que c’était un délit, Siné s’amuse, il ne les attaque pas sérieusement. Il interprète un personnage. J’ai l’impression qu’on pourchasse l’antisémitisme comme le faisait Mac Carthy avec les pseudo communistes.

Cela devient fou, cela banalise l’antisémitisme. Qu’on cherche les vrais, qu’on arrête les procès d’intention. Je n’ai vu qu’une certaine forme d’athéisme superficiel dans ses propos. Siné, c’est tout sauf un raciste.  »

Siné procès Hebdo nº 5

Mardi 24 février 2009

Une Siné hebdo n°25Siné n’est pas antisémite, pas grand monde en doutait à part Philippe Val, Bernard Henri Levy, Cabu, Wolinski, et la LICRA qui en prennent pour leur grade dans les 73 pages de l’attendu du jugement rendu aujourd’hui 24 février dans l’affaire qui opposait la LICRA au dessinateur Siné.

Siné est donc relaxé par la sixième chambre du tribunal correctionnel de Lyon des accusations d’antisémitisme et « incitation à la haine raciale » portées contre lui.

La rédaction de Siné Hebdo a prévu de fêter le jugement au cours d’un comité de rédaction exceptionnel. Question rigolote Siné sera-t-il réintégré à Charlie Hebdo ?

En illustration :
Couverture de Siné Hebdo n°25 à paraître demain
© Loup et Siné  

Quand la presse s’intéresse au dessin

Lundi 23 février 2009

Le Figaro du 20 février 2009Le Figaro du 20 février a choisi d’illustrer l’exposition et la vente de la collection Bergé-Saint Laurent par trois pleine-pages dessinées par Alain Bouldouyre. Une façon originale de se démarquer des autres journaux qui eux ont choisis les photos extraites du catalogue.

Autre intérêt, celui manifesté par Libération pour les droits d’auteur concernant le célèbre portrait de Barack Obama réalisé par Shepard Fairey. Le quotidien daté du 12 février met en vis à vis sur deux pleines pages la photo et le dessin dont le graphiste s’est inspiré et raconte la bataille entre l’agence Associated Press et le graphiste pour la paternité des droits sur cette création. Si l’artiste reconnaît avoir trouvé cette photo sur le net, ses avocats expliquent qu’il a créé « une  image visuelle surprenante, abstraite et idéalisée, chargée d’un sens nouveau et imposant qui véhicule un message radicalement différent ». L’agence a proposé de reverser les droits à des fonds de charité, mais pour l’instant le conflit est devant les tribunaux.

L’article évoque le « droit d’inspiration » inhérent à tout document qui a servi de base à une création graphique, que ce soit un portrait dessiné, un collage, ou une caricature. Si l’œuvre n’a pas été suffisamment modifiée, transformée, notamment dans le cadrage ou la mise en page, l’auteur de l’œuvre qui a servi de modèle est en droit de demander un pourcentage des droits de publication ou de représentation.

Obama

À noter que si l’agence AP revendique des droits sur cette image, le photographe Mannie Garcia, cité par Libération, dit ne pas avoir été sous contrat avec l’agence lorsqu’il a réalisé en 2006 le cliché. À suivre.

 

Illustration B. Obama © Shepard Fairey ou Associated Press ou Mannie Garcia.

Dessins de prix

Samedi 21 février 2009

16e Trophee Presse CitronLe 16ème trophée Presse Citron organisé par l’école Estienne à Paris, se déroulera du 23 au 27 mars 2009. Comme chaque année il sera accompagné d’expositions, d’ateliers de création animés par les professionnels de la presse, de conférences, de débats autour de l’actualité ainsi que d’interventions de différents journalistes. L’événement se clôturera par la remise des trophées. 

Le Presse Citron est ouvert à deux catégories de dessinateurs : « professionnels » et « juniors ». 

Le concours professionnel met en lice les meilleurs dessins d’actualité publiés dans l’année ; le concours juniors s’adresse aux étudiants des 120 écoles d’art de France. Les meilleurs dessins de chaque catégorie seront primés et exposés dans l’école. 

Les dossiers et le règlement du concours sont à retirer sur ce site. Les dessins sont à envoyer avant le 16 mars 2009.

Depuis 1993, le prix Presse Citron a récompensé de nombreux auteurs parmi lesquels Pessin, Million, Tignous (deux fois), Honoré, et Catherine Meurisse, élève de l’école distinguée en 2000. 

L’édition 2009 se déroulera dans le cadre de la 20ème semaine de la Presse à l’école organisée par le CLEMI.

Vieux débat

Vendredi 20 février 2009

Plan de relance Obama et le singe en dessinDénoncer tout en diffusant l’image. Telle est une des perversités du journalisme. On peut se poser la question à propos d’un dessin paru dans le New York Post le 18 février et qui fait un amalgame douteux entre un fait divers - un chimpanzé violent a dû être tué dans le Connecticut et une légende faisant référence au plan de relance américain. Le dessin montre deux policiers venant de tirer sur l’animal et fait dire à l’un d’eux : « Il va falloir chercher quelqu’un d’autre pour rédiger le prochain plan de relance ».

S’il semble évident que ce mauvais dessin de Sean Delonas, soit raciste, le relai visuel que lui offre plusieurs sites Internet et journaux en reproduisant le dessin pour mieux le dénoncer (vieux débat), met mal à l’aise. À noter que Col Allan, le rédacteur en chef du Post, qui appartient au magnat de la presse Rupert Murdoch, a défendu le dessin en indiquant  « Il s’agit d’une parodie d’actualité, avec un dessin représentant l’abattage d’un chimpanzé violent dans le Connecticut, et l’auteur se moque d’une manière générale des efforts de Washington pour ranimer l’économie » (sic).

Décidément après la polémique suscitée par la couverture du New Yorker publiée en juillet 2008 et où il était représenté en tenue de militant islamiste, on peut dire que l’accession de Barak Obama à la présidence des États-Unis fait bouger les lignes, comme on dit aujourd’hui.