Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Gérard Vandenbroucke’

Loup 1936-2015

samedi 8 août 2015

Loup-1936-2015Version augmentée et commentée (en rouge) du communiqué diffusé par l’AFP et repris par Le Monde, L’Express, Le Figaro, 20minutes, etc., avant que Loup ne soit inhumé le 7 août au Père-Lachaise à Paris, en présence de quelques amis, de ses enfants Florence, Guillaume, et de sa compagne Caroline.

DISPARITION – Le dessinateur et caricaturiste est décédé à l’âge de 79 ans. Habitué du Festival du dessin de presse et d’humour de Saint-Just-le-Martel, c’est Gérard Vandenbroucke le président du Festival qui l’a annoncé ce dimanche, évoquant «un esprit aiguisé et sensible, une perspicacité toujours en éveil» ( St Just était représenté aux obsèques par une importante délégation menée par Gérard Vandenbroucke ).

Il était connu pour truffer ses dessins de fourmillants détails. Nombreux furent ceux qui achetèrent l’un de ses puzzles vendus dans les magasins de jouets. Comme ceux de Mordillo, Loup mettait un point d’honneur à multiplier les personnages et les clins d’œil humoristiques au cœur de ses fresques aussi loufoques que burlesques (en fait des puzzles Heye représentés aux obsèques par les éditrices Claudia Knauss et Paulette Lambert).

Las, le dessinateur et caricaturiste Jean-Jacques (il détestait qu’on cite son prénom) Loup est décédé à l’âge de 79 ans, a-t-on appris auprès du président de la Région Limousin, Gérard Vandenbroucke, ex-maire de Saint-Just-Le-Martel (Haute-Vienne) où est organisé chaque année un festival international dédié au dessin d’humour.

Loup est mort le 31 juillet à Paris alors qu’il était hospitalisé pour une opération, a précisé Gérard Vandenbroucke. Né à Arles en 1936, Jean-Jacques Loup s’était lancé dans la caricature en 1969 (un de ses premiers dessins est paru en 1968 dans L’Enragé, journal créé par Siné).

Dans les années 1970 et 1980, il a travaillé dans différentes revues telles que Fluide glacial, Mormoil ou Charlie Mensuel. Il a réalisé des bandes dessinées et beaucoup d’illustrations pour des puzzles et est auteur de plusieurs romans graphiques dont L’Architecte et la Bétonneuse (L’École des loisirs – 1977) ( livre pour enfants ), Touti Frouti (Audie – 1977), La Bible : au commencement, Dieu (Dargaud – 1984) et La Vie des Maitres (en 2 parties) (Glénat – 1983/1985). (Pour l’AFP la fiche Wikipedia s’arrête là… Depuis il avait publié : Rebuts de presse (Calmann-Levy-Jupilles – 1987), Y’a plus de respect (La Découverte – 1990), Les interdits de Loup (Albin Michel-1993). En décembre 2014, le Cherche midi – représenté aux obsèques par Marie-Claire du Cailar – a réédité L’Art comptant pour rien, publié en 2003).

Il était ensuite devenu dessinateur politique (il a longtemps dessiné pour Jeune Afrique, Libération) pour Rebuts de presse, aux côtés de Cabu (et Siné) dans l’émission Droit de réponse de Michel Polac sur TF1. L’ironie du sort a voulu qu’il disparaisse la même année que ses amis et collègues Cabu, Wolinski, Charb et Tignous ( l’AFP oublie une fois de plus Honoré  tué lors des attentats de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier. Coco et Foolz étaient présents aux obsèques et Coco a prononcé quelques mots).

Travaillant pour différents journaux, dont L’Événement du jeudi, Le Nouvel Obs, L’Express, Marianne, il avait également collaboré à des magazines comme Mormoil, Fluide Glacial et Charlie Mensuel ( deuxième citation de ces journaux ), ( En 1991, Loup a dessiné dans La Grosse Bertha dès le n°1, et en 2008, il a participé à la création de Siné Hebdo dont il été le conseiller artistique jusqu’en 2009 ).

« Il était l’exemple même de ce que doit être un dessinateur de presse: quelqu’un qui sait dessiner, mais qui doit aussi avoir une vraie culture», a souligné Gérard Vandenbroucke qui a salué l’engagement du dessinateur auprès du Festival international de la caricature, du dessin de presse et d’humour, organisé depuis 34 ans à Saint-Just-Le-Martel. (Parmi les dessinateurs présents aux obsèques on peut citer Bridenne, Rousso, Boll, Faujour, Catherine Beaunez, Françoise Ménager, Mofrey, Puig Rosado, Napo, et aussi Mireille Blachon, Georges Lacroix, James Tanay d’Iconovox, Danièle Costes-Lombard d’Humour à Trouville, Martine Mauvieux de la BnF, le photographe Gaston, et Mme Slavik, épouse du célèbre décorateur avec qui Loup avait travaillé et dont il a dessiné la tombe.)

La ministre de la Culture Fleur Pellerin a aussi rendu hommage au caricaturiste : «Jean-Jacques Loup faisait partie de ces dessinateurs mordants et iconoclastes qui ont marqué les dernières décennies de leur regard incisif sur l’actualité, qui fait vivre notre démocratie», a-t-elle souligné dans un communiqué (…sans doute déjà utilisé en janvier).

 

Illustration, dessin de Loup par Loup, extrait du catalogue Humour à Trouville 2003.

St Just le Martel c’est fini (pour 2014)

jeudi 16 octobre 2014

St Just 6Avec l’élection de Gérard Vandenbroucke à la présidence du Conseil régional du Limousin, l’avenir du festival International de la caricature du dessin de presse et d’humour de St Just le Martel dont il est le fondateur et animateur depuis 33 ans risque d’être fortement compromis, tout comme le festival de la caricature d’Epinal n’avait pas survécu au départ du maire de la ville Philippe Seguin qui l’avait initié.

Il se dit même que Gérard Vandenbroucke dont la presse locale égrène les postes de responsabilité (Premier vice-président au conseil régional, premier vice-président à l’agglomération, président de Limoges Métropole depuis avril 2014), pourrait également abandonner son mandat de maire.

St Just 13 lrOmniprésent dans l’organisation, on voit difficilement, comment la petite équipe permanente de deux personnes – dont une à mi-temps – certes aidée par des centaines de bénévoles lors de l’évènement, tous très sympathiques -, pourrait continuer à gérer cette entreprise culturelle.

Depuis plusieurs années St Just le Martel montrait déjà des signes d’essoufflement, peinant à se renouveler et à innover, compensant la désertion des dessinateurs français par la venue de dessinateurs internationaux, louant des expositions, et organisant des journées d’études sans public. On rajoutera la flopée de prix hétéroclites attribués sur des critères très opportunistes.

16e Salon 1997Des efforts ont bien été faits sous la houlette de directeurs artistiques comme Patrick Di Méglio ou plus récemment du dessinateur Loup, remercié par un espace qui porte son nom, mais qui semble-t-il n’a pas vu l’exposition qui lui était dédiée cette année (et déjà présentée en 2003 à la Maison du Limousin).

Sans oublier le Centre (international) du dessin de presse inauguré en 2011. Trois ans après son ouverture celui-ci souffre d’un manque évident de programmation, de personnel, de moyens, de perspectives. Une belle coquille presque vide avec de beaux tiroirs pour conserver des originaux, heureusement pour la mairie une partie de sa surface est polyvalente.

L’autosatisfaction permanente des organisateurs dans leurs textes de présentation ne suffit plus à masquer leur méconnaissance du métier des dessinateurs réduits sur place à caricaturer les visiteurs à longueur de 22e Salon 2003journée comme cela se fait dans de nombreux lieux touristiques (mais à St Just ils le font gratuitement).

Les comptes rendus font plus de place aux personnalités publiques locales et à la jolie « Miss Cul noir » qu’aux interviews de dessinateurs s’exprimant sur leur travail et dont les noms sont rarement mentionnés sur les photos publiées dans le « Journal du salon ».

Pendant des années le festival de St Just-le-Martel a été pour nombre de dessinateurs une manifestation très conviviale où ils avaient plaisir à se retrouver, non pas pour les expositions longtemps foutraques, mais pour rencontrer des collègues dans un cadre convivial. En voulant devenir un festival « unique en Europe », et avec des yeux plus gros que le ventre, la manifestation est Salon St.Justdevenu une barnum médiatique et politique vide de sens au point que au fil des années nombre de dessinateurs – en dehors d’un Wolinski très fidèle – se demandent quel intérêt ils ont encore à s’y rendre.

Malgré tout, on peut toujours espérer que le festival continue vaille que vaille, non seulement parce que ça lui laisserait une chance de s’améliorer et de retrouver ses racines, mais aussi parce que maintenant il ne risque plus de manquer de subventions s’il continue. ff

Le palmarès 2014 du festival sur la page d’accueil de St Just-le-Martel.

Affiches du festival dessinées par Blachon (1987), Laville (1994), Willem (1997), et Pétillon (2003), Loup (2011).

Mougey en 3 dimensions

vendredi 5 avril 2013

C’est une expérience originale que vivent les visiteurs de l’exposition Mougey (« Fourre tout ») présentée actuellement à la galerie An-Girard à Paris. En effet, c’est munis de lunettes 3D (fournies sur place) qu’ils vont découvrir toutes les subtilités des dessins présentés sous formes d ‘anaglyphes. Un procédé fondé sur la notion de stéréoscopie qui permet à notre cerveau d’utiliser le décalage entre nos deux yeux pour percevoir le relief (Wikipedia). Prévoir quelques pauses dans le parcours car la lecture attentionnée des nombreux dessins est un peu entêtante, surtout si on varie les angles de vue (conseillé).

Le 4 avril, soir du vernissage, étaient présents Cabu, le parrain tutélaire de Philippe Mougey, Kerleroux, Boll, Gabs (en photo à droite), Redon, Christophe Besse, Dubouillon, Nicolas Vial, mais aussi Frédéric Pagès, Gérard Vandenbroucke président du salon international du dessin d’humour et de la caricature et du Centre du dessin de presse de St Just le Martel, Alban Poirier (en photo à gauche), James Tanay, entre autres, tous accueillis par les adorables Danièle Delorme et Marie-France Beaucourt, responsables des lieux.

Jusqu’au 18 mai 2013.

Atelier-galerie An-Girard, 7, rue Campagne-Première, 75014 Paris. Galerie ouverte du mardi au vendredi. Tél. : 01 43 22 01 16.

St Just-le-Martel : 30ème édition

dimanche 2 octobre 2011

Le quotidien Le Populaire du Centre a consacré la Une de son édition de la Haute-Vienne (2.10.2011), au Salon international du dessin de presse d’humour et de la caricature de St Just-le-Martel en publiant un dessin inédit de Cabu.

En page 3, une pleine page est consacrée à un entretien avec le dessinateur Loup directeur artistique discret du salon et Gérard Vandenbroucke , qui depuis 30 ans préside à la destinée de la manifestation et désormais à celle du Centre international du dessin de presse inauguré le 30 septembre 2011.

Extraits. Loup  :
À propos de la caricature :

«  C’est la partie la plus évidente du dessin, pas la plus intéressante. Pour moi, la caricature pure est au dessin de presse ce que le calembour est à la littérature. Beaucoup de caricatures sont très ressemblantes, mais sont de très mauvais dessins et à l’inverse, les très bonnes caricatures ne sont pas forcé­ment très ressemblantes au sens strict, mais elles parlent. C’est un peu comme les imitateurs : ils sont de plus en plus mauvais parce que maintenant, souvent, ils imitent les autres imitateurs et ont des textes sans intérêt. Le talent, c’est des mecs comme Pétillon, Willem : ils tordent la personnalité de ceux qu’ils caricaturent de façon suffisante pour les amener dans leur monde. Ils en font leur “chose”.

À propos du dessin :

« Le dessin qui fait mal. C’est ça, le vrai dessin de presse. Je préfère toujours un dessin qui fait chier, qu’on n’ose pas montrer de peur de choquer, à un dessin qu’on affiche parce qu’on le trouve amusant. »

À propos des « jeunes dessineux » :

« Du côté des “jeunes”, c’est ­à­ dire en gros des moins de 60 ans, Loup a quelques favoris. Il place en première place “Mix et Remix”, un dessinateur suisse qu’il a fait travailler plusieurs fois pour les diverses publications auxquelles il collabore. « Il est assez proche de Grove, qui dessinait dans le Canard Enchaîné. Pour moi, c’est le plus drôle ». Loup cite également Jiho, « vulgaire, mais efficace » (un vrai compliment dans sa bouche), Lecroart (également dessinateur de BD) ou encore les dessinateurs de Charlie comme Charb, Luz et Riss « même si je trouve qu’ils ont tendance à dessiner un peu de la même façon ». Le principal défaut de beaucoup de jeunes dessinateurs (hors ceux qui sont cités bien sûr) ? « Ils ont tendance à se satisfaire de leur pre­mière idée ». Que faut­’-il faire pour les aider à progresser ? « Il faut leur botter le cul, Jiho par exemple, était moyen, je lui ai botté le cul, il est devenu excellent ».

Précision : l’entretien de Stéphane Marmain avec le dessinateur Loup paru dans Le Populaire du Centre sous le titre  » L’humour gentil n’existe pas ! », est également lisible sur le site de La Montagne

En illustration dessin  inédit de Loup pour les 30 ans du salon de St Just-le-Martel.