Fait d'images

le blog de françois forcadell – l'image dessinée dans l'actualité

Archive pour le mot-clef ‘Cabu’

Albert Dubout et la grenouille

mardi 28 janvier 2014

« Le colloque intitulé « Autour d’Albert Dubout : la représentation de la France des années 1920 aux années 1950 » aura lieu à Poitiers les 8 et 9 octobre 2014. Il a été envisagé dans une optique pluridisciplinaire visant à réunir historiens de la caricature et du dessin de presse, spécialistes d’histoire politique, littéraire, d’histoire des représentations et des médias.
Son objectif est de faire le point sur l’activité d’un artiste international dont la production fut prolifique, de l’entre-deux-guerres aux années 1950, dans des domaines aussi variés que la caricature, le dessin de presse, l’illustration, l’affiche, le cinéma ou le dessin animé. Il s’agira notamment d’apprécier la vision qu’Albert Dubout a su donner de la France de son temps et l’influence qui a pu être la sienne sur les dessinateurs du XXe siècle. Trois axes principaux ont ainsi été dégagés : la caricature comme support de la réalité, la France et son image fantasmée, l’œuvre de Dubout comme forme d’expression populaire. »

Quel intérêt ?
Ce blog l’a déjà dit il y aura bientôt plus de manifestations, salons, festivals, et d’exégètes patentés, que de dessinateurs vivants pratiquant ce métier dans de bonnes conditions.
La grande force du dessin c’est d’exister par lui-même, avec ses qualités et ses défauts.
C’est faire injure à l’auteur d’expliquer le pourquoi du comment, qui se nomme en général inspiration, talent, toutes choses que lui-même a quelquefois du mal à maîtriser.
C’est faire injure au lecteur de lui expliquer pourquoi un dessin est drôle ou beau.
Disséquer le travail d’un auteur tel une grenouille, comme le font tous ces « spécialistes » c’est vous dégoûter du plaisir, intellectuel, graphique, que peut apporter la simple lecture d’un dessin. Et la grenouille est définitivement morte.
Ces analystes, de plus en plus nombreux, devraient peut-être essayer de s’exprimer en dessins, ils comprendraient ainsi que cet art se passe aisément de discours et de glose et tient surtout à l’alchimie entre l’intelligence de l’auteur et celle du lecteur. En aucun cas aux explications que pourront en donner tous les spécialistes de la spécialité, réunis à Poitiers ou ailleurs.

Pour en savoir plus sur le colloque, les organisateurs, ou le comité scientifique : caricatures et caricature ou http://calenda.org/274202.

L’œuvre de ce grand et formidable dessinateur que fut Dubout (1905-1976) et dont de nombreux dessinateurs actuels se réclament, Cabu, Loup, Wolinski, est accessible partout, sur son site officiel (avec sa boutique) et en albums avec l’intégrale Dubout en 7 volumes diffusée par Charlie Hebdo (sans oublier les bacs des soldeurs).

En illustration, « Les chats », éditions Hoëbeke.

L’empreinte d’Hara Kiri

lundi 2 décembre 2013

« Du dessin et rien d’autre ! » précise Cavanna dans le texte d’introduction de « La gloire de Hara Kiri » qui vient de paraître aux éditions Glénat. Effectivement cet album de 336 pages, est un véritable tsunami de styles, de graphismes, d’inventions, d’humour, et de talents, qui aide à mieux comprendre comment ce journal, créé par Cavanna et Georges Bernier (Professeur Choron), a pu si durablement marquer les esprits et générer autant de dessinateurs, pour la plupart encore présents dans la presse aujourd’hui.

La liste des auteurs est impressionnante à commencer par ceux qui ont participé aux  premiers numéros, Fred qui signa les premières couvertures, Topor, Gébé, Wolinski, Cabu, Reiser, Willem.

Générique complet de l’album : Barbe, le groupe Bazooka, Blachon, Bosc, Carali, Cardon, Chaval, Olivia Clavel, Copi, Coureuil, De Carlo, Manfreid Deix, Dimitri, Pierre Fournier, Gourmelin, Got, Guitton, Maurice Henry, Herr Seele, Hopf, Hugot, Kamagurka, Lacroix, Lulu Larsen, Lefred-Thouron, Lob, Masse, Moebius, Mose, Muzo, Nabe, Nicoulaud, Guy Peellaert, Pelotch, Petit-Roulet, Philippe, Kiki Picasso, Loulou Picasso, Pichon, Placid, Poussin, Rémi, Bruno Richard, Sajtinac, Charlie Schlingo, Serre, Siné, Soulas, Vicq, Vuillemin, sans oublier Cavanna, alias Sépia, dessinateur, et créateur du fameux logo d’Hara Kiri.

Un remarquable travail orchestré par Cavanna et Virginie Vernay, accompagné de textes signés Pacôme Thiellement et Jacques Sternberg.

Delfeil de Ton conclut l’ouvrage en écrivant « La gloire, nous dit le dictionnaire, c’est une renommée éclatante. Il dit aussi le dictionnaire, que la gloire est une réputation qui s’attache aux mérites particulièrement remarquables. Voilà des définitions qui correspondent à Hara Kiri. La gloire est également « une chose dont on est fier » : Hara Kiri est particulièrement fier de ses dessins. »

En illustration, dessin de Topor publié dans Hara Kiri en… 1963. Dessin de Reiser en couverture de l’album.

Tout l’art de Loup

mercredi 27 novembre 2013

Un livre intelligent dans lequel on retrouve toute la virtuosité graphique du dessinateur Loup. On pourrait résumer ainsi « L’Art comptant pour rien » un album paru en 2003 et que les éditions du Cherche midi ont l’heureuse idée de rééditer (disponible en librairie à partir du 5 décembre).

Il y a bien longtemps qu’on ne voit plus les dessins de Loup dans la presse, pourtant il a régulièrement dessiné pour L’Express, Libération, l’Evénement du Jeudi, VSD, Marianne, et même Fluide glacial. Avec Cabu et Siné il a été un des « trois petits cochons » qui ont animé la séquence « Les rebuts de presse » de la mythique émission « Droit de réponse » de Michel Polac.

Ces dernières années, faute de support accueillant, il a redonné un peu d’éclat au sempiternel salon international de St Just le Martel qui l’a remercié en attribuant son nom à un de ses espaces d’exposition. En 2009, Loup a aussi apporté ses conseils artistiques au journal Siné Hebdo.

Dans un univers où la maîtrise de Photoshop et la mise en image de titres de journaux font office de création, les dessins de « L’Art comptant pour rien »  nous réconcilient avec le dessin et l’humour. Il faut espérer que d’autres albums suivront. Plusieurs expositions sont prévues.

Salons (de la caricature) et indépendance

vendredi 15 novembre 2013

Un festival de la caricature ou du dessin de presse doit-il être de gauche, de droite, ou indépendant ? La question mérite d’être posée après la déclaration d’un des candidats d’opposition (UMP) à la mairie de Castelnaudary qui a annoncé qu’il voulait donner un vrai rayonnement au festival de la caricature « pas assez exploité aujourd’hui » et ce, à quelques jours de l’ouverture de la 16ème édition organisée par l’association Les Croquignous.

De nombreux festivals, salons, expositions, sont organisés par des associations qui trouvent quelquefois auprès de leur municipalité un appui, souvent matériel, et obtiennent parfois des subventions leur permettant d’exister. L’exemple le plus récent est la création en 2011de Satiradax sur une idée du dessinateur Marc Large. Un festival organisé par la ville de Dax et qui semble jouir d’une liberté créatrice totale.

Des municipalités de tous bords politiques (mais en majorité, allez savoir pourquoi, plutôt à gauche) accueillent et soutiennent ce type d’événements qui, effectivement servent la promotion de la ville, mais sont avant tout dédiées au dessin, à la caricature, à l’humour, et surtout à la liberté d’expression.

Chaque participant est conscient du cadre dans lequel il intervient et le fait en toute connaissance de cause, une censure préalable du contenu ou toute orientation politique donnée par les organisateurs, signerait l’arrêt et la disparition de la manifestation.

Cette année, seront présents à Castelnaudary (du 22 novembre au 1er décembre, à la Galerie Paul Sibra) : Aurel, Batti, Camille Besse, Biz, Cambon (Président et auteur de l’affiche de cette édition), Deligne, Gibo, Giemsi, Hours, Jiho, Lacombe, Lasserpe, Dominique Lemarié, Lerouge, Moine, Mric, Pichon, Rousso, Sié, Soulcié. Le thème de l’exposition est la « bouffe », la bonne ou la malbouffe.

La nostalgie des publicités dessinées

mercredi 13 novembre 2013

Etonnante (et courte) exposition à la galerie Oblique à Paris qui nous propose de nous replonger dans les pages de publicité dessinées que l’on pouvait voir dans les magazines des années 1950- 1970, avec une petite pointe jusqu’au années 1980.

Les publicitaires n’hésitaient pas à confier des pages entières, voire même des double-pages à Tomi Ungerer, Jean-Claude Forest, Michel Guiré-Vaka, Siné, Trez, Bellus, Pouzet, Jean Hache, Aldebert, Jean Effel, Dubout, Jacques Charmoz, Savignac, Chaval, André François, Kiraz, André Dahan, Sempé, Mose, Desclozeaux, Cabu, Bretécher, Solé, entre autres.

Aujourd’hui ce sont les directeurs artistiques qui ont les « idées » (ou les « empruntent ») et ne font plus appel aux véritables créateurs et à leur univers, même graphique. Dans la publicité, la photo assistée de Photoshop a supplanté le trait et très rares sont les agences qui font appel au dessin d’humour pour vendre un produit.

Ces publicités sont extraites de l’album « Réclames » d’Alain Lachartre, publié par les éditions Hoëbeke. Dessin de couverture J-C Forest (hélas colorisé semble-t-il).

L’exposition (pas d’originaux) ne dure que jusqu’au 14 novembre 2013.

Galerie Oblique, Village Saint-Paul, 17, rue St Paul, 75004 Paris (de 14h à 19H et sur rendez-vous : 01 40 27 01 51).

Le Canard se remplume

mercredi 30 octobre 2013

Les dessinateurs Diego Aranega et Bouzard font leur entrée dans les pages du Canard enchaîné cette semaine (numéro du 30 octobre 2013).

Diego Aranega est un auteur venant de la bande dessinée (Victor Lalouz (Dargaud)) et qui a participé à l’aventure de Siné Hebdo avec la série de strips “S&Fils” imaginée par Benoît Delépine. Il est également l’auteur de “Casiers judiciaires” (Dargaud) sur des scénarios de Lefred Thouron dessinateur au Canard.

Bouzard est lui aussi un auteur qui vient de la bande dessinée. Il a notamment publié deux tomes de “Football Football” (Dargaud), recueil de dessins parus dans So Foot et Libération. En 2012, Guillaume Bouzard et le dessinateur James, avaient lancé un blog au titre explicite « On veux travailler pour le Canard », ça semble chose faite.

Diego Aranega et Bouzard dessinent aussi pour Fluide Glacial.

La rédaction du Canard enchaîné cherchait depuis plusieurs mois des dessinateurs pour renouveler son équipe et, en dehors de Philippe Mougey, parrainé par Cabu et entré en 2010, aucune nouvelle signature n’était apparue dans le journal depuis 1994, date de l’arrivée de René Pétillon et de Lefred Thouron.